XLIV. Règles sur la dispense
Théodore dans sa prison écrivit à ses amis pour les soutenir contre la persécution , entre autres à Euprépien et à ceux qui étoient avec lui. Dans cette lettre il traite de la dispense, et accuse ses adversaires de combattre l'ancien et le nouveau Testament; voici ses paroles, la loi dit (1) : Tu ne commettras point d'adultère, tu ne prendras point le nom de Dieu en vain. La même loi sera pour le juif et le prosélyte (2). L'Evangile défend de regarder même une femme pour la désirer, et condamne celui qui viole le moindre des commandements. Cependant ceux-ci nomment économie et indulgence salutaire à l'Eglise l'adultère, la transgression d'un des plus grands commandements, l'abus du nom de Dieu dans la cérémonie d'un mariage criminel, accompagnée de la communion des saints mystères. Bouchons nos oreilles, mes frères , pour n'être pas empoisonnés d'un tel blasphème. Et leur défense, c'est qu'à legard des souverains il ne faut pas prendre l'Evangile à la rigueur. Pourquoi donc est-il écrit que les grands seront jugés plus sévèrement, et que Dieu n'a point d'égard aux personnes (3)? Le prince a-t-il une autre loi et un autre législateur que ses sujets (4)? Est-il un Dieu pour n'être point sujet à la loi ? Si tous n'y sont également soumis, ce ne sera que révolte et anarchie. Le prince voudra s'abandonner à l'adultère et à l'hérésie, et il sera défendu aux sujets de l'imiter.
Et ensuite. Le second article est assez clair par le premier. Anathématiser ceux qui n'approuvent pas ce mariage adultérin, qu'est-ce autre que de condamner les saints ? Premièrement, saint Jean-Baptiste, et ce qui est horrible à dire, le seigneur des saints, qui a défendu d avoir part avec les adultères, sans distinction d empereur ou de prince, de grand ou de petit (5).
(1) Exod. xx,37;Xll, 49.
(2) Matlb. V, 28, 19.
(3) Sap. VI, 6.
(i) Gai. II, 6.
(5) Ps.XLlX,18.Gia.l,8.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
£ An de J.-C. 809