‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 380 sur 2407 · L. Testament de l'empereur Charles · texte numérisé non relu

L. Testament de l'empereur Charles

L*empereur Charles, se préparant à la mort, fit un testament pour régler le partage de ses trésors et de ses meubles, l'an de J.-C. huit ceut onze (3) , quarante - troisième de son régne en France , onzième de son empire , indiction quatrième. Le but de ce testament étoit de faire des aumônes suivant l'usage des chrétiens , et de prévenir les contestations entre ses héritiers (4). Il partagea tous ses meubles en trois ; et des deux tiers il tit vingt-une portions, pour les vingt-une métropoles de son royaume , savoir : Rome , Ra venue , Milan, Frioul, Grade, Cologne, Mayence, Juvave, autrement SiiUzbourg, Trêves, Sens, Besançon , Lyon , Rouen , Reims , Arles , Vienne, Tarantaise, Embrun, Bordeaux, Tours et Bourges. En chacune , l'archevêque devoil partager l'aumône de l'empereur en trois, dont il retiendroit un tiers pour son église, et donne roit les deux tiers à ses suffragants. Quant au tiers du total, l'empereur s'en réservoit la disposition jusqu'à sa mort, et en destinoit encore la moitié en aumônes. Il défend de partager sa chapelle, c'est-à-dire les meubles destinés au ministère ecclésiastique; mais il ordonne de vendre sa bibliothèque au profit des pauvres. Il y a voit entre les curiosités de son trésor une table d'or et trois d'argent. Il donne à Saint-Pierre de Rome une de ces tables d'argent , qui étoit carrée , et contenoit la description de la ville de Constantinople ; à l'évéque de Ravenne . la seconde , qui étoit ronde, et contenoit la figure de Rome; la troisième, plus grande, étoit composée de trois

(t) Sup. liy. XLiv, n. 7.

(2) V. Alcuin. Ed. 107.

Sup. U?. VHI, Q. G.Yitawt.

(3) Vita pcr Egin.

(i) Capilul. to. p. 887.

To. 7, Cone, p. UOl.

ronds , et contenoit une carte universelle du inonde : il la laisse avec la table d'or pour être partagée entre ses hérèliers et les pauvres. Ce testament fut souscrit par les évéques , les abbés et les comtes qui se trouvèrent présents (1). Il y avoit sept archevêques, Hildebald(^ de Cologne, archichapelain, Riculfede Mayence, Arnon de Saltzbourg, Vulfaire de Reims, Bernouin de Besançon, Leidrade de Lyon , Jean d'Arles ; cinq évêques : Théodulfe d'Orléans, Jessé d' Amiens, Helton de Bàle,Valgaud ou Yalcand de Liège; quatre abbés : Fridugis(» de Saint- Martin de Tours et de Cormèri , Adalongue de Laun^sheim, Engilbert deOntule, Hirniinon de Saint-Germain de Paris. On est en peine pourquoi, dans le testament de Charles, il n'est point fait mention des trois métropoles d'Eause en Gascogne , de Narbonne et d'Aix (2) ; et ce qui paroit le plus vraisemblable, est qu'elles éloient alors soumises à d'autres églises , Aix à Arles , et Narbonne à Bourges , sans perdre le titre de métropole; p<3ur Eause, elle avoit été prise et ruinée par les Sarrasins en sept cent trente-deux, et, ne s'en étant pas encore relevée , eUe demeuroit soumise à Bordeaux.

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