‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 392 sur 2407 · I. Traités sur le baptême · texte numérisé non relu

I. Traités sur le baptême

La lettre circulaire que l'empereur Charles avoit écrite aux archevr^ques de son royaume , touchant le baptême, donna occasion"^ à plusieurs traités sur ce sacrement, suivant 1 intention de lempereur (1), car il n'avoit pas tant demandé ces éclaircissements aux evêques pour lui que pour eux, c'est-à-dire pour le^ exciter à étudier la matière et à en instruire les peuples. C'est ainsi qu'en jugwit Théodulphe, evêque d'Orléans (2) : Car,ajoule-t-il , ce grand prince ne cessoit point d'exciter les prélats à l'étude des saintes Ecritures, le clergé à l'observation de la discipline, les moines à la régularité, les grands à donner des bjms conseils, les juges à la justice, les guerriers aux armes, les supérieurs à l'humilité, les inférieurs à l'obéissance, tous à la vertu et à la concorde.

Nous avons quatre de ces traités sur le baptême, qui servirent de réponse à la lettre de TempiTeur. Le premier est celui de Leidrade , archev(H|ue de Lyon , que l'empen ur Charles ayant vu, il trouve que I auteur n'v avoit pas assez expliqué les renonciations qui précèdent le baptême (3) ; c'est pourquoi Leidrade ajouta une réponse particulière sur ce sujet, qui paroît plus travaillée que la première. Le second traité du baplême, écrit en cette occasion , se trouve entre les œuvres d Alcuin (4); mais il est d'Amalarins, archevêque de Trêves soit qu'il etil chargé Alcuiii d'écrire en son nom, soit qu'il lui ait élé attribué par erreur. Le troisième (raitéest delhéodulphe, évêqued'Orléans, adressé à iVlagnus, archevêque de Sens, son métropolitain , qui l'avoit prié de répondre pour lui à la lettre de lempereur (5). En d'autres exemplaires, cet écrit de Theodulphe est adressé à Jean, archevêque d Arles , et peutêtre lui avait-il fait la même prière qu(î 3fagnus? Le quatrième traité du baptême esl de Jessé , évéque d'Amiens, célèbre en ce tempslà (6) ; et , quoiqu il adresse cet ouvrage aux prêtres de son diocèse, la conformité du sujet fait juger qu il fut écrit en la même occasion.

(1) Sup. îiv. XIV, n. 50.

(2) Thpod Praîfat.

(3) Mabill to.3.Analect.

Imt. Ibid. p. 30.

(i) Ap. Alcuin. p. 1151.

(5-) V. Not. Sirm. ad Thcod.

iOi Bibl.PP.Lug.lo.li, p. 67.

Dans ces traités, on explique l'état des catéchumènes, les scrutins, le symbole, les renonciations , les exoicismes , le souffle, le sel l'applic ation de la salive au nez et aux oreilles' les on lions, Ihabit blanc, la communion qui suivoi immédiatement le baplême même des enfants (1). On y distingue nettement l'onction du saint-chrême sur la tête, que fait le prêtre et qui est une cérémonie du baptême , d'avec l'onction sur le front , pour communiquer le Saint-Esprit, qui est propre à l'évêque, et appartient au sacrement de confirmation.

IL Concile d Arles.

En huit cent treize, qui fut la dernière année de l'empereur Charles , il tint un parlement à Aix-la-Chapelle , où il ordonna que l'on assembleroit cinq conules dans les principales métropoles de son royaume (2) à Mayence, à Reims , à Tours , à Arles , à Chàlons-sur-Saone pour la province Ivonnoise; et que ce qui y auroit été résolu lui*^ seroit rapporté. Ces cinq conciles furent tenus pendant l'été de cette même année, et on y fit à peu près les mêmes règlements, qui répondent aux questions envoyées aux évêques d(»ux ans auparavant. Ainsi ils avoient eu le loisir de s'v préparer (3). '^ ^

Le premier de ces conciles , seloa la date , est celui d'Arles, que l'on compte pour le sixième de cette ville. 11 fut tenu Lan quarante cinquiémedu règnedeCharlesen France lére espagnole huit cent cinquante-un, c'està-dire l'an hi'it cent treize, le dixième de mai dans l'église de Saint-Etienne (4). L'archevêque Jean y présidoit avec ISébridius de Aarbonne, et, outre l 'ur dignité, ils prennent la qualité d envoyés du prin( e. Le premier jour on proposa seule ment des messes et des pjîen^s pour l'empereur et pour sa f. mille, tant qu'il vivroit. Le lendemain vn publia vingt- six canons, dont le f>remier vs\ un'' pn fission cfe loi abrégée Le second ordonne l"s priéns pour le roi Charles; ensuite il esl dit que chaque archevêque exhortera ses suiïra^ants a bien instruire les prêtres et le peuple sur le baptême,

(1) V. Coin. c. 812. n.

71, etc. '

(2) Ann. Moiss.

(3; Sup. I. xLv, n. 5t.

(4; ïo. 7, C«nc. p. 1231

[ AndeJ.-C.8l3.

et tous les mystères de la foi (1). Les év(^ques , dit le concile, doivent savoir l'Ecriture et les canons; et toute leur occupation doit être la prédication etTinstruclion (2). Les prêtres doivent prêcher même dans les paroisses de la campagne; les parents doivent instruire leurs enfants, et les parrains ceux qu ils ont tenus sur les fonts. Chaque évêque visitera son dio(èse tous les ans, et prendra la protection des pauvres opprimés. Que, si les juges et les puissants ne défèrent [)as à ses avis , il en avertira le roi. Tout le peuple obéira àl'èvéque, même les comtes et les juges ; et ils agiront de concert pour maintenir la justice et la paix (3).

Les évêques auront grand soin d'instruire les prêtres qu'ils ordonneront pour les paroisses, c'e^t-à-direles curés et les laïques, il finit enten dre les patrons, ne pourront recevoir des présents pour leur confier ces églises, ni les en chasser, et en mettre d'autres sans le jugement des évêques, à qui ses prêtres doivent rendre compte de leur conduite (4). Les prêtres garderont le saint-chrême sous le sceau, et ne le donneront à personne comme un remède, ou sous quelqu'autre prétexte que ce soit ; car plusieurs s'imaginoient que les criminels qui en avoienl pris par onction ou par breuvage, ne pouvoient être découverts, comme il est porté dans le concile de Tours f5). On conservera les dîmes et les biens des églis(»s ; et ceux qui en possèdent en bénéfice, c'esl-à-direenusufruit, contribueront aux réparations. On ne tiendra les marchés et les plaids ni les dimanches ni dans les parvis de l'église.

Les évêques auront soin que les chanoines et les moines vivent chacun selon leur institut. Que dans les monastères de chanoines , de moines ou de religieuses , on ne reçoive qu'autant de personnes que la maison en peut commodément entretenir (6) ; que dans hs monastères de filles il n'entre pour le service nécessaire que des hommes de boimes mœurs et d'un âge avancé, et que ceux qui iront célébrer la messe» en sortent aussitôt qu'elle sera finie. Ceux qui seront convaincus d'un crime public feront pénitence publique, selon les canons. En temps de famine ou d'autre nécessité, chacun nourrira, selon son pouvoir, ceux qui lui appartiennent. Les personnes puissantes n'achèteront les biens des pauvres que publiquement, en présence du comte et des plus nobles de la cité (7). Ce sont les principaux canons de ce concile d'Arles; et, comme les qualre autres traitent les mêmes matières, je ne marquerai que ce qu'il y a de singulier en chacun.

Page 1