IX. Mort de Charlemagne
Au mois de janvier huit cent quatorze, la nevre prit a 1 empereur Charles au sortir du bain. Il crut la guérir à son ordinaire par l'abslmence, ne prenant pour toute nourriture qu un peu d'eau ; mais la pleurésie s'y étant jointe, le septième jour de sa maladie il fit venir I archevêque Hildebalde, son archichapelain, qui, accompagné d'autres évéques lui donna l'extrérae-onction et le viatique, c'esta-dirc le corps et le sang de Notre Seigneur. Ueux jours après, se sentant à l'extrémité , il m le signe de la croix sur son front, sur sa poitrine et sur tout son corps , et mourut en disant ut manus tuas, et le reste. C'étoit le v^ngt-huitiéme de janvier huit cent quatorze. Ji etoil âge de soixante-douze ans dont il régna quarante-cinqans comme roi de Franceel treize comme empereur : on l'ensevelit le iour même. •■
Après que le corps eut été lavé, selon la coutume, et enbaumé, on douta où on le devoit mettre parce qu'il n'en avoit rien ordonné: enfin ont le monde trouva plus convenable de I inhumer dans l'église qu'il avoit fait bâtir a Aix-la-Chapelle, en l'honneur de la Sainte- \ierge (2) On le revêtit premièrement d'un cilice, quil portoit toujours secrètement • on mit par-dessus ses habits impériaux, avec la pannetière d'or qu'il portoit à ses voyages de Kome, comme pèlerin. Il étoit assis dans son sépulcre, sur un siège d'or, ayant une épée garnie d or a son côté, et tenant sur ses genoux un évangile couvert d'or : ses épaules éloient renversées sur la chaise, le visage couvert d'un "nge, la couronne, qui contenoit du bois de la >raie croix, attachée à la tête avec une chaîne a or: le sceptre et l'wu, l'un et l'autre d'or
que le pape U-on avoit consacrés, éloienl sus- regarde comme celui des seieneure'o'uï ptndus devant lui , on remplit toute la niche les derniers temps , avoit le plus de wéd ?mL H.""?"" *••' sépulcre, de baume, de P^es de Charlemagne. Il fut élevé à la musc, d autres aromates et de quantité d'or
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puis il fut fermé et scellé ; par dehors on mit une^arcade dorée avec son image et son ép"
Il fut regretté, non-seulement de ses suiets mais des étrangers et des païens mêmes ; et là postérité l'a tellement reconnu pour aVand qu elle en a fait le nom de Charlemagne qui ui est propre. Plusieurs églises particulières invoquent comine saint (1), quoiqu'en d'autres, comme a Metz, on fasse tous les ans un service pour le repos de son âme; et il faut avïjuer que la multitude de ses femmes et de ses concubines a donné quelqu'atteinte à sa réputation. Car on lui trouve jusqu'à quatre femmes avec le titre de reine, et cinq conçu! finies. Les reines sont Ermengarde, fille de Didier roi des Lombards, qu'il répudia au bout d un an , comme il a été dit (2) Hildegarde, Fastrade et Luitgarde, après la mort de laquelle il eut quatre concubines dans Fe^ pace de treize ans, outre celle qu'il avoit épousée avant la reine Ermengarde Or il est certain que chez les anciens le nom de concubine signilioit souvent une femme légitime selon les lois de l'Eglise, mais dont le mariage n eloit pas solennel , selon les lois civiles en sorte que les enfants n'étoient pas héritiers. Je I ai observe sur le premier concile de Tolède, tenu an quatre cent (3). D'ailleurs il est vraisemblable qu'après la mort de Luitgarde Charlemagne, qui se voyoit trois fils en âge de régner, ne voulut plus prendre de femme à are de reine ; et il n'est pas impossible que trois de ces dernières femmes soient mortes dans 1 espace de douze ans ; en sorte qu'il n'en ait jamais eu qu'une à la fois. Car il paroît juste de supposer tout ce qui est naturellement possible, plutôt que de croire qu'un prince occupe dans sa vieillesse aussi saintement aue nous 1 avons vu , ait fini dans la débauche.