VII. Louii couronné empereur
L'empereur Charles avoit fait venir d'Aquitaine le roi Louis, qui restoit seul de ses trois fils; car Pépin, roi d'Italie, étoit mort en huit cent dix , laissant d'une concubine un fils nommé Bernard ; et Charles, roi de Germanie, l'aîné de tous, étoit mort l'année suivante, hait cent onze, sans laisser d'enfants (5). Louis étant
Cl)
(3) An. Eginh- An, Moissac, to. 7, C. 1287.
(4) C.27.28.mst. Droit Fr. D. 14. Cang. Glos.
(5) Thegna.c. ;^.6. Eginh.
Vilac. 9, 22.
donc arrivé à Aix-la-Chapelle, l'pnipcreiir son père y tint une grande assemblée avec les
ln\Trf ' *"•' "^^^^ ''■' «'"*^*' ''-'* «"""tes et tous les François^ 11 les exhorla à être fldéles à son ms, et leur demanda à tous sils vouloienl bien qu II lui donnât le titre d'empereur. Ils répondirent que cette pensée venoil de Dieu Le dimanche suivant, Charles prit seshabiU rovaux avec la couronne en télé, marcha à l'église et s avança jusqu'à lautel, consacré en Ihonnèur de Aotre Seiyneur Jésus-Christ, le plus élevé devions, et y fit mettre une autre S urore
È& lltlt'TI' •""8-'«'"P« prié lui et sJ>'i nréia ! .i tj''- '*'''*■"" 'î"'*^ l'assemblée des L^f . ' '^^ seigneurs , l'exhortant premièrement a aimer et craindre Dieu et garder en tout ses commandements, à protéger les égli ses, avoir de la t..„dresse pour ses sœui^ et s^ frères encore jeunes; ce dévoient être les e^
Huli'ief h""™'"'"*''' "™°""' Théodoric et
vos nére?T' ''J? "»'-"' !«« évcVjues comme Zi/ '•^""'^f '•' ?""?'« ^omme vos enfants, réprimez les méchants pour les rame
S^'moiner^"" ^'"' ' «"^«^ '« «'"^•a'eur
cto-s fidlc '^'^ P""^^^*' ^'«'^''■«^«•^ des officiers hde es, craignant Dieu et désintéressés ■
cause kT f "'"" ''"'«^*'*= connoissance dé cause et montrez-vous toujours irrénréhen
sible devant Dieu et devant les hommes
Charles ajouta plusieurs autres avis et d.>-
rer°t'urJ"' ']\ ''"." ^'^^ de l^s'obst ver Louis répondit qu'avec l'aide de Dieu il
esobserveroitde tout son cœur. Alors Cl.ar ^s lu. ordonna de prendre de ses prônre^ mams la couronne qui étoit sur l'auteÇ , h me resur sa léfe , lui faisant ainsi œ„noi,re qu .1 ne tenoit l'empire que de Dieu S se mit la couronne en léte ; le peuple s'écria \ I ve 1 empcTcur Louis, et célébra ce jou J n vcc une grande joie. Charles rendit grâce rDicû en disant avec David (1) .. Béni S>2-m s ' Seign.'ur, qui avez mis aujourd'hui mon (fi: sur mon trône à mesyeux.^Ensuite 1 entendirent la messe et retournèrent au pala™ ?e pcre appuyé sur son (ils, qui le soutS on marchant. Pende temps a'prts, CharSeren voya chargé de présenis magnifiques l/em brassèrent tendrement et répandirent be^"" coup de larmes, comme s'ils av'S prévu qu Ils ne se reverroient plus. Ainsi rèn.J^r enr Louis r,Hourna en Aquitaine au moisT „ Tembre huit cent treize. """
HISTOIRE DU CHRISTI.\MSiME.
[An deJ.-C. sis.
Vm. Piété de Charles.
L'empereur Charles demeura à Aix-la-Th-i pelle, ne s^occupanl plus que de priées T'a u mônes et de la correction des livres L';^ raT Car il employa la fin de sa vie rrenTrelrS' corrects les testes des quatre Évangûes y 'ra-
(!) 3 Reg. c. 18.
(*) Tbfgna c. 7.
vail an avec des Grecs et des Syriens Toute sa vieil avoit eu un grand zèle Lr la re" gion et une pielé sincère. Il neminqua iamail auuintquesa santé lui permit, d'alZà iS le matin et le soir, et d'assister aux nocturne
it a\ec toute la bienséance possible, et avertissoit souvent les custodes des églises do n'v rien souffrir dindécent. Il les fournU abondamment de vast>s d'or et d'argent et d'hTu sacerdotaux : en sorte que pendant le saimï çnfice aucun des clercs, pas même des po?. tiers, ne servoit dans son habit ordinairril orna particulièrement sa chapelle d Aix d'or d argent, de luminaire : les balustres et lei portes etoienl d airain. 11 y fa apporter des c^ lonnes et du marbre de Rome et de Ravenm^ ne pouvant en avoir d'ailleurs. Il eorrieeà res-exacleraent la manière d.- lire et de chan 1er, étant parfaitement instruit de l'un et de lautre; et toutefois il ne lisoit pas publique! ment et se contenloit de chanter bas et avec les autres. Ce sont les paroles d'Eginhart oui montrent qu'en ce temps-là les plus grand seigneurs ne dédaignoient pas de'^fairf dans 1 église les fonctions de chantres et de lecteur^
f.nopl'e.™ ''''^""' ^"'*' •**■' P'"''"'** ^ *^°'^'^»- Charles ne bornoit pas ses aumônes à son empire si vaste : il iJs élendoit au delà d^" mers en Syrie, en Egypte, en Afrique à Jérusalem, à Alexandrie et à Carlbaje if envoyoïl de l'argent partout où il savoit que des chrétiens v.voient dans la pauvreté. C'éloit le principal motif q„i lui fais<>it cultiver l'am I é
es princes infidèles pour pr.Kurer du sou agement aux chrétiens, qui'vivoient sou^u'ur
om.nation. Entre les lieux de piété, il avoiî uneveneration singulière pour Saint-Pierre de Kome. Il envoya pour son trésor une très-
etT nr'"!"*- "'•"■' '^''"-''"' ' de pierreHes et des présents immenses pour les papes Pendant tout son règne , il n'eut rien plufà cœur ?M« de rétablir la ville de Rome dans sonTncienne dignité; et non-seulement défendre et protéger, mais orner et enrichir l'église de Saint-Pierre, et toutefois, ajoute Eginhart, durant un SI long règne, il n'y fit que quatre voyages de dévotion. Réflexion qui montre combien les pèlerinage éloienl fréquents
lant de loix en faveur de l'Kglise ne sont pas les moindres preuves de la piété de Charles Je les ai rapportées en leur temps : mais il eii aul marquer encore une, dont on ne sait pas a date, et qui n'est pas moins considérable. L empereur y parle ainsi (i) : Nous voulons que tous nos sujets, Romains, Francs, Allemands et les autres qui y sont nommés, observent cette sentence , que nous avons tirée du code theodosien : Quiconque ayant un procès en demandant ou en défendant, en quelnuétat decausequece soit, aura choisi le jugement
t Lib. Vf, C«pit 3fi«, al Î8I.
Au de J.-C. 8t«.J
de l'évéque, lui sera aussitôt renvoyé, nonobstant l'opposition de la partie adverse; et ce que l'évéque aura décidé sera exécuté , sans qu'il soit permis de se pourvoir contre son jugement. Le témoignage d'un seul évéque sera reçupar tous les juges sans difficulté, et on n'en entendra point d'autre dans la mémo affaire Cette loi se trouve effectivement à la fin du code theodosien (1), comme étant de Constantin, adressée à Ablavius, préfet du prétoire mais les plus savants critiques la croient sup^ posée, et nous n'en voyons point d'exécution depuis Constantin jusqu'à Charles. Il est vrai que l'autorité qu'il lui a donnée la croyant vénlable, a servi de prétexte aux évéques des siècles suivants pour étendre bien loin leur juridiction.