XXII. Ebbon , archevêque de Reims
Vulfaire, archevêque de Reims, mourut vers le même temps, c'est-à-dire le dix-huitième d'août huit cent seize (1). Le peuple par la permission de l'empereur élut pour archeyc\}ue de Reims un nommé Gisemar, qui étant assis devant les évêques pour être examiné, on lui présenta le texte de l'Fvangileà expliquer; mais à peine le pouvoit-il lire, et il ne l'entendoit point du tout II fut donc rejeté pour son ignorance. L'empereur proposa Ebbon, dont le peuple et les sages furent contents. Il étoit né serf dans une des terres du roi au delà du Rhin, et frère de lait de l'empereur Louis, avec lequel Charlemagne le fit élever dans le palais, et lui donna la liberté en considération de la beauté de son esprit et de son progrès dans les bonnes lettres. Il l'envoya en Aquitaine au service de Louis, quand il lui donna ce royaume ; et le jeune roi s'en trouva si bien, qu'il le fit son bibliothécaire. Il étoit dès lors dans les ordres sacrés; et il étoit abbé quand il fut ordonné canoniquement archevêque de Reims cette année huit cent seize.