‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 435 sur 2407 · XXXIX. Autres souffrances de Théodore · texte numérisé non relu

XXXIX. Autres souffrances de Théodore

Une de ses lettres catéchistiques étant tombée entre les mains de l'empereur, il envoya aussitôt au gouverneur d'Orient avec ordre de faire si bien châtier Théodore, qu'il n'y retournât pas (3). L'officier du gouverneur représenta la lettre à Théodore qui la reconnut , et fit donner plusieurs coups de fouet à Wicolas, son disciple, qui l'avoit écrite, et cent coups à lui-même ; puis il revint à Nicolas, et, le trouvant plus ferme que devant, il le fit encore frapper «n renouvelant les premières plaies ; et on le laissa ainsi étendu à l'air et au froid , car c'étoit au mois de février. L'abbé Théodore éloit aussi étendu par terre hors d'haleine, et fut long-temps sans pouvoir prendre de nourriture ni de repos. Son disciple, le voyant en cet état , oublia ses propres

(1) Ep. 40, 45, 49. (3) Vila c. 23. Vita Ni-

(2) Oper. Init. p. 80, 11, col. 910. Theod. il. Ep. 58. Ep.61.

douleurs , lui arrosa la langue d'un peu de bouillon; et, après ravoir fait revenir, s'appliqua à panser ses plaies, dont il fut obligé de couper beaucoup de chair morte et corrompue. Théodore eut une grosse fièvre , et souffrit pendant trois mois des douleurs extrêmes (1); mais avant qu'il en fut quitte, l'empereur envoya un officier, dont le premier soin fut de chercher dans tous les coins et les trous de la prison l'argent qu'il supposoit que ceux qui venoient visiter le saint abbé lui apportoient : ne trouvant rien , il chargea d'injures et de coups le maître et le disciple, et les fit transférer en diligence à Smyrne. C'étoit vers le moi de juin huit cent dix-neuf. Le jour on les pressoil de marcher, la nuit on les mettoit aux entraves : enfin, étant arrivés, on les mit entre les mains de l'archevêque de Smyrne, un des chefs des iconoclastes, qui lit mettre Théoilore dans un cachot obscur et souterrain, où il demeura dix-huit mois, et y reçut pour la troisième fois cent coups de fouet. Théodore ne laissa pas d'écrire de là à ses disciples, et à Naucrace en particulier, leur témoignant sa joie de ce que le pape avoit écrit à Constantinople pour soutenir la bonne cause (2). Enfin, l'archevêque de Smyrne lui dit, en partant pour Constantinople, qu'il pricroit l'empereur d'envoyer un officier pour lui couper la tête, ou du moins la langue (3). Cependant Théophane, abbé de Singriane , fut amené à Constantinople tout malade qu il étoit : l'empereur, ayant fait tous st^s efforts pour le gagner, le mit aux mains avec Jean Leconomante, estimé le plus fort dans la dispute entre les iconoclastes, qui ne l'ébranla pas davantage. Alors l'empereur le fit enfermer au palais d'Eleulher, dans une étroite prison, où il demeura deux ans ; et sa maladie, qui étoit une difficulté d urine causée par la pierre, augmenta notablement faute de secours. De là il fut envoyé dans l'ile de Samothrace, où il ne vécut que trois semaines, et mourut vers l'an huit cent dix-neuf, le douzième de mars (4), jour auquel l'Eglise honore sa mémoire.

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