‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 439 sur 2407 · XLII. Mort de saint Benott d'Âniane · texte numérisé non relu

XLII. Mort de saint Benott d'Âniane

En France, saint Benoit d'Aniane mourut la même année huit cent vingt-un(3). H avoit si bien réglé son monastère d'Inde, prèsd'Aix-la- Chapelle, que les moines qui y venoientde divers pays sinstruisoient sans qu'on leur dit mot, à voir seulement l'habit, la démarche et toute la conduite de ceux de cette maison , tant on y observoit exactement le règlement fait en l'assemblée des abbés l'an huit cent dix-sept. Pour aider d'avantage les moines , Benoît fit un recueil de toutes les règles monastiques, connu sous le nom de Code des règles , et divisé en trois tomes : dont le premier contient les règles des moines d'Orient , le second celles des moines d'Occident , le troisième celles des religieuses. Il fil aussi la concorde des règles , où elles sont toutes rapportées aux chapitres de la règle de saint Benoit , pour lui servir de commentaire.

Bien que les longues austérités de Benoît lui eussent attiré plusieurs maladies , il uelaissoit pas des'occupor continuellement à la prière ou à la lecture ; on lui irouvoit toujours le visage baigné de larmes (4). Quatre jours avant sa mort, il étoit encore au palais , où il donnoil à son ordinaire des avis à 1 empereur. La fièvre l'ayant pris, il se retira au logis qu'il avoit dans la ville, et le lendemain il fut visité par touslesgrands.il s'y trouva tant d'évéques, d'abbés et de moines, qu'à peine les siens pouvoient en approcher pour le servir. L'abbé Hélisacar y vint le premier , et demeura auprès du malade jusqu'à sa mort. L'empereur Louis envoya le soir un de ses chambellans, avec ordre de le reporter à son monastère. Quand il y fut arrivé, il fit retirer tout le monde, et demeura seul pendant trois heures : au bout desquelles Hélisacar et le prévôt du monastère entrèrent, et lui demandèrent comme il se trou voit. Je

n'ai jamais été si bien, répondit-il: j'étois entre les chœurs des saints en la présence de Dieu. Le lendemain, il appela ses frères, leur donna des avis salutaires, et leur dit entre autres choses , que depuis quarante-huit ans qu'il étoit moine, il n'avoit jamais mangé qu'après avoir répandu des larmes devant Dieu. 11 envoya un petit avertissement à l'empereur, il. écrivit à divers monastères, entre autres à celui d'Aniane , et à Nébridius, archevêque de Narbonne, pour lui demander des prières. Enfin il mourut âgé de soixante-dix ans , l'onzième de février huit cent vingt-un, indiction quatorzième Sa viea été écrite par Ardon Smaragde, son disciple. L'année suivante, Tructesind ayant été élu abbé d'Aniane , l'empereur Louis confirma l'élection par ses lettres , où il exhortelesmoinesà maintenir la régularité établie par Benoît et leur promet sa protection (1).

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