‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 451 sur 2407 · LV. Capilulaire d'Heiton · texte numérisé non relu

LV. Capilulaire d'Heiton

Heiton ou Aiton avoit été élevé dès l'âge de cmq ans dans le monastère de Richenou, et en fut élu abbé en huit cent six , à la place de Yalton, qui devint abbé de Saint-Denis en France L'année suivante, huit cent sept, Heiton fut ordonné évéque de Bàle, sans cesser d être abbé de Richenou, et en huit cent onze Charlemagne l'envoya en ambassade à Constantinople. 11 avoit fait la relation de ce voyage, mais elle ne se trouve plus. Il envoya deux de ses moines à saint Benoît d'Aniane, qui dressèrent un mémoire des observances monastiques qu'ils remarquèrent chez lui , et 1 envoyèrent à Richenou, pour prévenir la visite que dévoient y faire, par ordre de l'empereur, des moines réguliers, c'est-à-dire réformés. Heiton étant tombé malade en huit cent vingt-trois, en prit occasion de quitter ses deux charges d'évéque et d'abbé, et d'achever ses jours dans le monastère, sous l'obeissance d'Erlebaut, qui fut élu à sa place abbe de Richenou (1).

daP"^'!» qu'Heiton gouvernoit le diocèse de Raie, il flt pour linstruction de ses curés un capitulaire de vingt articles, semblable à celui de Theodulphe d'Orléans. Il faut, dit-il (2) premièrement examiner leur foi , pour voir ce qu'ils croient et ce qu'ils enseignent aux autres. Tout le monde doit apprendre l'oraison dominicale, et le symbole des apôtres, tant en latin qu'en langue barbare , c'est-à-dire en allemand. Ils doivent savoir répondre aux salutations sacerdotales, c'est-à-dire à Dominas çobiscum , et les autres semblables. Les preuves réciteront par cœur le symbole de saint Athanase, tous les dimaches à prime; ils auront les hvres nécessaires pour leur instruction, savoir : le sacramentaire, le lectionnaire, 1 antiphonier, le baptistère, le comput, le

'(1) A€t.to.5,p.273,274, (2) To 7,Conc. p. 1522. ^^- Exto6,Spicil.C.l,2,3,0.

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canon pénitencier, le psautier et les homélies pour les dimanches et les fêtes de toute l'année. Ce que nous avons aujourd'hui en trois volumes, le bréviaire , le missel et le rituel étoit alors en plusieurs, comme il est encore chez les Grecs.

Les jours légitimes du baptême sont le samedi de Pâques et celui de la Pentecôte, hors les cas de nécessité, et on doit observer h's trois immersions (1). Les fêles sont jNoël, Sainl- Elienne, Saint-Jean, les Innocents, l'oclave de iNoël, l'Epiphanie, la PurificiUion de la sainte Vierge, Pâques avec l'octave, les rogations pendant trois jours, le samedi et le dimanche delà Pentecôte, Saint-Jean- Baplisle, les douze apôlres, principalement Saint-Pierre et Saiiil- Paul, qui ont éclairé l'Europe par leur prédication ; l'assomplion de la Sainte-Vierge, Sjiiil- Michel, la dédicace de (baque église j le patron, qui est seulement fête locale. Les autres fêtes, comme de Saint- Rémi, Saint-Mauria», Saint-Martin, sont de dévotion. On observera les jeunes ordonnés par le roi ou par l'évêque. Les prêtres n'auront ni chiens ni oiseaux pour la chasse. Les femmes, même; consacrées a Dieu, n'appnx'heronl point de l'autel sous prétexte d'y rendre quelque service (2). S'il faut laver les nappes, les prêtres les leur porteront au balustre , et ils y recevront leurs offrandes. Aucun clerc ne quittera son église sans permission de l'évcVjue, sous prétexte d'aller à Rome par dévotion, ou à la cour pour affaire. Les pèlerins qui vont à Rome se confesseront ayant que de partir, parce qu'ils doivent être liés ou déliés par leur évêque ou leur curé, et non par un étranger. Ici, sous le nom d'évéque étranger, le pape est manifestement compris comme les autres. Les prêtres ne s<Tont point de différents avis sur le jugement des pénitents, pour les flatter l'un plus que l'autre; ils ne manqueront jamais aux heures canoniales, soit du jour ou de la nuit , comme il est en usage dans l'église romaine. C'est la première constitution que j'aie observée touchant l'obligation des heures.

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