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XVII. Musulmans en Sicile

D'un autre côté, les musulmans d'Afrique entrèrent en Sicile l'an huit cent vingt , et prirent Palerme. Quelques années après, un turmarque, ou capitaine de Sicile, nommé Euphémius , étant devenu amoureux d'une religieuse (2) , la tira du monastère et l'épousa. Les frères de la fille en portèrent leurs plaintes à l'empereur Michel, qui avoit commis un pareil sacrilège. Car, après la mort de sa femme Thècle, il épousa Euphrosyne, fille de Constantin, fils d'Irène, qui étoit religieuse dans l'île du Prince. Toutefois, ayant reçu ces plaintes contre Euphémius, il envoya ordre au stratigos , ou gouverneur de Sicile , d'user contre lui de la sévérité des lois s'il étoit convaincu, et lui faire couper le nez. Euphémius, l'ayant appris, s'assura des soldats et de quelques autres capitaines , repoussa le gouverneur quand il vint pour exécuter Tordre de l'empereur, et s'enfuit vers l'émir d'Afrique, lui promettant de le rendre maître de la Sicile , et lui payer un grand tribut s'il vouloit lui donner le titre d'empereur avec quelque secours. L'émir lui donna beaucoup de troupes , et Euphémius alla se montrer à Syracuse avec les marques d'empereur ; mais il y fut tué peu de temps après, et les musulmans, demeurés maîtres de la Sicile, firent ensuite de fréquentes descentes en Calabre et en Lombardie , c'est-à-dire dans toute l'Italie, tant de l'empire grec que de l'empire françois.

Ce fut donc pour s'opposer à leurs incursions, et pour assurer l'embouchure du Tibre, que le pape Grégoire IV entreprit de rebâtir la ville d'Ostie tombée en ruine (3). Il la fit toute nouvelle dès les fondements, avec des murailles plus hautes et des fossés plus profonds qu'auparavant, de bonnes portes garnies de herses, et sur les murs des pierriers ou machines à lancer des pierres, pour repousser les ennemis. Le pape la nomma de son nom Grégoriopolis , et aucun de ses prédécesseurs n'avoit fait un si grand ouvrage pour l'utilité publique.

(l) Martyr. R. 9 jul.

Tiilem. to. 3, p. 715.

(2) Chr. Cass. i, c. 11.

Post. Tlieop. n. 27.

(3) Anast. in Greg.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

XVni. Jugement de l'abbé de Farfe.

[ An de J.-C. 828.

Du temps de ce pape, Ingoalde, abbé de Farfe, porta ses plai nies devant les commissaires de l'empereur, qui rendirent un jugement en sa faveur, dont voici la substance (1) : Joseph évéque, et Léon comte, envoyés du duché de Spoletle par ordre de l'empereur Louis, pour ouïr et juger les causes, étant arrivés à Rome, assis en jugement dans le palais deLatran, en présence du pape Grégoire, assisté de Léon , évéque et bibliothécaire de la samte église romaine, de Théodore, évéque, Pierre, duc de Ra venue, et plusieurs autres qui y sont nommés ; Ingoalde , abbé du monastère de Sainte-Murie d Aculien dans la Sabine, c'est Farfe , accompagné d'Adulfe son avocat, exposa que les papt^s Adrien et Léon avoient envahi par force les biens de ce monastère , savoir, des terres qui sont spécifiées au nombre de cinq. Nous les avons toujours réclamées , ajouta l'abbé, du temps d Etienne, de Pascal et d'Eugène, sans en avoir obtenu justice ; rendez-nous-la maintenant , suivant Tordre que vous en avez de l'empereur.

Les commissaires ayant demandé à Grégoire, avocat du pape, ce qu'il avoit à répondre, il dit : Il est vrai que nous possédons ces terres pour 1 église romaine, mais c'est légitimement , et elles n'ont jamais appartenu au monastère de Sainte-Marie. Les commissaires demandèrent à Ingoalde les preuves de sa prétention , et il montra des donations confirmées par le roi Didier et par l'empereur Charles. La fause ayant été remise au lendemain , il produisit plusieurs témoins sans reproches , qui dirent se souvenir que, du temps des Lombards et depuis du temps de lemjHTcur Charles, le monastère de Sainte-Marie jxjssédoit les terres en question. Sur quoi hîs commissaires jugèrent que l'avocat du papt» devoit rendre ces (erres à l'avocat du monastère ; mais il refusa de le faire , et le pape lui-même dit qu'il ne s'en tenoit pas à leur jugement, jusqu'à ce qH'il vînt avec eux en la présence de rempereur. Après sa déclaration, les commissaires firent expédier lacté, qui se trouve encore dans le cartulaire de Farfe , pour la conservation des droits du monastère. La date est de Rome, la seizième année du règne de Louis, indiction septième, au mois de janvier, qui est ran huit cent vingt-neuf.

savoir , une histoire abrégée d'environ deux cents ans, depuis la mort de l'empereur Maurice jusqu à Irène et Constantin. Une chronologie contenant les catalogues des patriarches, des rois et des princes hébreux, grecs et romains, puis les patriarches des cinq grands sièges de 1 Eglise. On trouve quelques ouvrages de iNicéphore contre les iconoclastes, et on lui attribue dix-sept canons, en l'un desquels il défend d'ordonner celui qui a vécu dans la débauche juscju'à l'âge de vingt ans, quoiqu'il paroisst» converli. JN icéphore (»st honoré comme saint le treizième de mars, jour auquel ses reliques furent rapportées à Conslautinople, dix-huit ans après sa mort (1),

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