‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 471 sur 2407 · XIX. Mort de saint Nicéphore de Constantinople · texte numérisé non relu

XIX. Mort de saint Nicéphore de Constantinople

En Orient le patriarche Nicéphore mourut dans son exil, la quatorzième année depuis qu'il eut été chassé de son siège de Conslanimople, c'est-à-dire 1 an huit cent vingt-huit te second jour de juin, âgé d'environ soixantedix ans (2). Nous avons de lui plusieurs écrits :

(1^ Le Blanc. Diss. Hist.

(2 Boll. 13 mart. to. 7, p. 2«.):i. Lab. bcript. to. 1, p. 102.

Les saintes images furent aussi attaqué(»s en France par Claude, évéque de Turin. 11 étoit Espagnol, disciph» de Félix d'Lrgel, et avoit servi quelque temps en qualité de prêtre dans le palais de l'empereur Louis, avec réputation d'une grande connoissance des saintes Ecritures (2). Des l'an huit cent quatorze, il fit trois livres de conunentaires sur la Genèse, quatre sur l'Exode en huit cent vingt-un, et d'autres sur leLévitique en huit cent vingt-trois, le tout à la prière de l'abbe Théodemir, son ami, qui gouvernoit une communauté de cent quarante moines sous la règle de saint Heiiolt. Claude fit aussi im commentaire sur saint Matthieu,qu'ildédia, en huit (nit quinze, à Juste, abbé de Char roux. 11 expliqua toutes les èpl- Ires de saint Paul, et dédia à Dructéran, abb(; de Solignac, lexposition de l'épilre aux Gâtâtes, et à l'empereur Louis celle delépître aux Ephésiens.

Ce prince, voyant qu'en Italie une grande partie du peuple étoit mal instruite des vérités de l'Evangile, fit ordonner Claude évtVjue de Turin; et, en effet, il commença à prêcher et instruire avec grande applic ation. Entre les autres abus qu il trouva dans le pays , étoit h; culteexcessif des images, qui par une ancienne coutume alloit juscju'à la superstition. Pour le retrancher, il donna dans l'excès op|X)sé, et par un zèle indiscret il effaça , brisa et ôta

tou tes les images et toutes les croix des églis(»s de son dio<èse. L'abbé Théodemir, l'ayant appris lui en fit des reproches charitables, par une lettre, où il soutenoit qu'il lalloit conserveries images, n'osant pas toutefois dire qu'il faillit les adorer. Claude répondit à cet avis de son ami avec hauteur et fierté , par un écrit qu'il nomma apologie contre Théodemir, et il y parl(»itainsi(3) : Ayant été contraint d accepter l'épiscopat quand je suis venu à Turin,

(1) Bibi. PP. Paris, to. p. 45. Coin. an. 828, n. 53.

G, p. 135. mart. R. 13 54.

rlj Mabill. Pr»f. m sa*c. PP. Paris, lo. 2, p. yoo. 4, u. 23, et to. 1. Aimai. ' *^

An de J-C. 828.)

j'ai trouvé toutes les églises pleines d'abominations et d'images; et parce que j'ai commencé moi seul à détruire ce que tout le monde adoroit, tout le monde a commencé à ouvrir la bouche contre moi. Et ensuite ils disent : Nous ne croyons pas qu'il y ait quelque chose de divin dans l'image que nous adorons ; nous ne la révérons qu'en l'honneur de celui qu'elle représente. Je réponds : Si ceux qui ont quitté le culte des démons honorent les images des saints, ils n'ont pas quitté les idoles, ils n'en ont que changé les noms. Car, soit qiie vous peigniez contre une muraille les images de saint Pierre et de saint Paul, ou celles de Jupiter , de Saturne ou de Mercure , ce ne sont ni des dieux, ni des apôtres, ni des hommes. Ainsi, on ne fait que changer de nom , mais c'est toujours la même erreur. Que s'il falloit adorer les hommes, il falloit plutôt les adorer vivants, lorsquils étoient l'image de Dieu , qu'après leur mort , lorsqu'ils ne ressemblent qu'à des pierres. Et s'il n'est pas permis d'adorer les ouvrages de Dieu, encore moins les ouvrages des hommes.

Il attaquoit en particulier le culte de la croix, et disoit : S'il la faut adorer parce que Jésus-Christ y a été attaché, il faut adorer bien d'autres choses. Car il n'a été que six heures à la croix , et neuf mois dans le sein de la vierge, sa mère: il faut donc adorer toutes les filles vierges; les crèches, puisqu'il y a été mis; les langes, puisqu'il en a été enveloppé; les barques, où il est souvent entré; les ânes, puisqu'il en a monté un; les agneaux, les lions, les pierres, dont on lui donne le nom; les épines, les roseaux, les lances, qui ont servie sa passion. Il n'a pas ordonné d'adorer la croix , mais de la porter , c est-à-dire de renoncer à soi-même.

Quant à ce que vous dites, il parle à Théodemir, que j'empêche d'aller à Rome par pénitence : cela est faux, je n'approuve ni ne désapprouve ce voyage, parce que je sais qu'il n'est ni nuisible à tous ni utile à tous. Et ensuite : On a mal entendu ces paroles de l'Evangile : Tu es Pierre, et le reste; en croyant gagner la vie éternelle par le voyage de Rome et par 1 intercession de saint Pierre. Il ne lui a pas été dit : Tout ce que tu délieras au ciel sera délié sur la terre; ce ministère n'est donné aux prélats de TEgliseque pendant qu'ils sont en cette vie. Enfin, il disoit que l'apostolique, c'est-à-dire le pape, suivant le langage de ce temps-là, n'est pas celui qui remplit le siège de l'apôtre , mais celui qui en remplit les devoirs. Telles étoient les erreurs de Claude de Turin.

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