LIVRE QUARANTIÈME
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plus dans sa pureté. Ce qui est le plus constammeot de lui sont certains chapitres ou articles, au nombre de six-vingt, qui contiennent le sommaire de la discipline des Grecs et des Latins. Voici ce que j'y trouve de plus remarquable (1). Les nouveaux baptisés porloient pendant sept jours sur la tête le voile qui leur avoit été mis , c'étoit un prêtre qui Tôtoit. Il n'étoit pas permis aux baptisés de manger avec les catéchumènes. Le dimanche on n'alloit point en bateau, ni en chariot , ni à cheval ; et on nefaisoit point de pain (2). On voit dans la vie de saint Cuthbert que la reine même n'alloit pas en chariot le dimanche. On ne mangeoit point de sang ni d'animaux étouffés (3). Chez les Grecs, les laïques mémecommunioient tous les dimanches , et on excommunioit ceux qui y manquoient trois fois de suite. Quoique les pénitents ne dussent point communier , on commençoit par grâce à leur permettre au bout d'un an ou de six mois. Les nouveaux mariés étoient un mois sans entrer dans l'église ; puis ils faisoient quinze jours de pénitence avant que de communier. Les femmes n'entroient dans l'église que quarante jours après leurs couches. Les obligations pour les morts étoient accompagnées de jeune (4).
Les enfants qui étoient dans les monastères mangeoient de la chair jusqu'à quatorze ans. Les garçons pouvoient se faire moines à quinze ans, les fiUesà seize. L'abbé devoitêtre élu par les moines , et à son ordination on lui donnoit le bâton pastoral. Les moines grecs n'a voient point d'esclaves, les Latins en avoient. Les pénitences étoient déjà fort abrégées : les plus grandes , comme pour l'homicide volontaire', n'étoient que de sept ans , ou bien il falloit renoncer à porter les armes. Pour la fornication, il n'y avoit qu'un an de pénitence ; pour l'adultère trois ans. On permet de prier , mais non de dire la messe pour celui qui s'est tué volontairement. Ceux qui ont été ordonnés par lesEcossois, c'est-à-dire les H ibernois, et par les Bretons schismatiques, doivent être réhabilités par l'imposition des mains, et leurs églises réconciliées. On ne doit donner aux Bretons ni le saint-chrème , ni l'eucharistie , qu'après qu'ils sont réunis à l'Eglise (5).
Le successeur de saint Théodore dans le siège de Cantorbéry fut Britouald, auparavant abbé du monastère de Raculf, dans le pays de Kent (6). Ilétoit savant dans les Écritures, et bien instruit de la discipline ecclésiastique et monastique ; mais nullement comparable à son prédécesseur. Il ne fut élu que deux ans après sa mort, savoir, le premier jour de juillet six cent quatre-vingt-douze, et sacré encore un an après , le dimanche vingt-neuvième de
(1) Tom. 9, Spicil. t. 6, (i) G. 12, 16, 17, 21, 77. Conc. App. p. 187S. (5) C.3,8, 3i,46, 53, 55,
(3) Yit.S.Guthb.c.iO,î7, (6^ Ben. v,Hist.c.9.Act. 119. SS. Ben. l d, p. 520.
juin six cent quatre-vingt-treize, par Godouin, archevêque de Lyon (1). Il est dit qu'il fut ordonné archevêque de Bretagne par le pape Sergius, ce qui signifie apparemment qu'il reçut le pallium de sa part. C'est le premier Anglois naturel qui fut archevêque de Cantorbéry ; et il tint ce siège trente-sept ans.