‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 482 sur 2407 · III, C · texte numérisé non relu

III, C

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[Ande J.-C. 8i8.

reur Louis l'envoya en ambassade à Constantinople en huit cent vingt-huit, et ce fut apparemment en ce voyaji^c qu'il aUa à Rome ( i). Ebbon, touché de la confusion qui se trouvoit dans les pénitentiels ordinaires , dont les prêtres se servoient, pria Halilgar d'en composer un tiré des pères et des canons, et il accepta la commission. Nous avons son ouvra j^e intitulé , des remèdes des péchés et de l'ordre de la pénitence, et divisé en six livres (2). Le premier traite des vices capitaux et de leurs remèdes, et est tiré de saint Grégoire, de saint Augustin et des livres de la vie contemplative, attribués à saint Prosper. Le second , cité aussi des pères, traite des vertus, tant théologales que cardinales. Le troisième contient des règles delà pénitence, et est principalement tiré du code des canons , que Charlemagne reçut du pape Adrien. Le quatrième contient les pénitences des laïques. Le cinquième celles des clercs , tirés du même code , des décrétâtes des papes suivants , et de la collection de Martin de Brague. Le sixième livre est un pénitentiel qu'Halitgar dit avoir tiré des archives de l'église romaine, qui mérite une attention particulière.

Il commence par la man'ère dont l'évoque ou le prêtre doit recevoir le pénitent, et dit (3) : Quand les chrétiens viennent à la pénitence, nous leur ordonnons des jeunes, et nous devons aussi jeûner avec eux une semaine ou deux, ou ce que nous pouvons, afin qu'on ne nous dise pas , comme aux prêtres des juifs, que nous chargeons les autres de gros fardeaux, et n'y touchons pas du doigt (4). On ne peut relever un autre sans se pencher , et le médecin ne peut éviter la mauvaise odeur des malades 5 ainsi nous ne pouvons guérir les pécheurs sans beaucoup de soins , de prières et de larmes. Quand vous donnez conseil à un pécheur, donnez -lui aussitôt sa pénitence, de peur que vous n'oubliez combien il doit jeûner , et que vous ne soyez obligé de lui faire recommencer sa confession. Au reste, tous les clercs qui trouveront cet écrit ne le doivent pas lire , mais seulement ceux à qui il est nécessaire , c'està-dire les prêtres. En cas de nécessité et l'absence du prêtre , un diacre peut recevoir le pénitent à la sainte communion, c'est-àdire que s'il y voit des marques d'une conversion sincère il peut lui donner l'eucharistie, quoiqu'il n'ait pas reçu l'absolution. Le prêtre doit donc s'humilier avec le pénitent, et, quand quelqu'un viendra pour se confesser, il lui dira d'attendre un peu, jusqu'à ce qu'il entre dans sa chambre pour prier. Le pénitent, voyant le prêtre triste et pleurant pour ses péchés, en aura plus d'hor-

(1) Sigeb. Illust. Baldr. n.iT.

lib. I. Flod. II, Hist. Rom. (3) Apud Mcn. Not. ad

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