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XXXVI. Traité d'Amalarius , des offices ecclésiastiques

La même année, huit cent trente-un Araalarius, disciple d Alcuin, clerc de 1 église de Metz, et depuis chorévêque de Lyon, fut envoyé à Rome par l'empereur Louis , à qui , vers l an huit cent vingt, il avoit dédié un grand traite des offices ecclésiastiques, divise en quatre livres (4). Etant à Rome, il interrogea les ministres de l'église de Saint-Pierre, et proûta de leurs instructions pour corriger son ouvrage,

et en faire une seconde édition. Il reste toutefois des exemplaires de la première , qui en font voir la différence. En ce voyage il demanda au pape, Grégoire IV, des antiphoniers de la part de rempereur , et le pape lui répondit qu'il n'en avoit ix)int qu'il pût lui envoyer, parce que Yala, en une de ses ambassades, les avoit emportés on France (1). Amalarius les trouva en effet dans le monastère de Corbie, et, les ayant conférés avec ceux de France , il en prit occasion de corai)osor un second ouvrage sur ce sujet. On a encore d'Amalarius un abrégé de roffico de la messe, suivant 1 ordre romain. Il y est nommé Amalhère, et qualifié abbé , comme le nomment quelquefois les anciens (2).

Dans ces ouvrages, il a principalement cherché à rendre raison des prières et des cérémonies qui C()mpf)sent rofiice divin, et il s'est beaucoup étendu sur des raisons mystiques , dont plusieurs ne paroissont pas fort solides. Mais son travail ne laisse pas d'être d'une grande utilité p<jur nous assurer du fait, et nous montrer que les prières de la messe et dos heures étoiont les mêmes qui sont marquées dans le sacramontaire et l'antiphonier do saint Grégoire, et que nous disons encore , et les corémonios telles que les représente Tancion ordre romain , de sorte que les écrits d'Amalarius sont une preuve aussi authonliquo que seroit un manuscrit de l'an huit cent trente.

Il marque dans la préface que l'on disoit deux ou trois moss<'s différentes les dimanches, où il se reiicontroit quoique fête des saints, quoique d'autres se contentassent d'en faire mémoire par quelqu'oraison. Il montre que toutes sortes de prières sont comprises dans l'ordinaire de la messe. Il dit que la dernière oraison qui se dit aux mess<^s de carême, après la postcommunion , est une bénédiction pour ceux qui n'avoient pas communié, parcxi que tout le monde ne venoit pas pour lors à la messe tous les jours (3). Il entre ensuite dans le détail do toutes les messes, commençant à la Soptuagésime , et marque tous les inlroïts , les épîtres, les évangiles, tels que nous les disons encore. Dans le carême, il s'arrête aux jours qui ont quolqu'observance singulière, savoir, le mercredi d'après la Quinquagésime, où l'on commence à jeûner, et à dire la messe à none , au lieu qu'auparavant on la disoit à tierce (4). Il conjecture, ce qui étoit vrai , que les quatre premiers jours de jeûne avoient été ajoutés depuis le temps de saint Grégoire, pour achever le nombre de quarante (5).

La seconde singularité du carême est le mercredi de la quatrième semaine , où l'on ajoute

(3; C. 3, et ib. Sirm. c. 4.

(4)MabilI.inOrd. Kc.l.

Id.c. 12, Nuin. 2, Praef. Alt.

Amal.eldeOrd.AuUpbon,

(1) Prolog. Anliphon.

(S) Baluz. tom. 2. Capit.

(3) V. lib. III, c. 17.

(i) Lib. I, c. 7.

(5; Menard Insacr. p. 52.

à la messe une leçon et un répons (1). La raison, dit Amalarius, est que ce jour on fait le troisième scrutin , qui est le plus grand des sept ; les prêtres touchent de leurs doigts les oreilles et les narines des catéchumènes- ce jour on leur explique les auteurs et les commencements des quatre Evangiles ; ce jour ils reçoivent l'oraison dominicale et le symbole pour les prononcer le samedi de Pâques. J'ai parlé plus au long de ces scrutins ou examens des catéchumènes à l'occasion du sacramontaire de saint Gélase. Le samedi avant le dimanche des Rameaux, le sacramentaire portoit que le pape étoit occupé à faire Taumône, ce qu'Amalarius croit avoir été institué en mémoire de la femme qui parfuma les pieds de Jesus-Christ six jours avant sa passion (2).

Le jeudi-saint, il y a plusieurs singularités. On ne chante plus Gloria Pairi, et on ne sonne plus les cloches , ce qui dure les deux jours suivants ; on consacre les saintes huiles de trois sortes : le saint-chrême, l'huile des catéchumènes , celle des malades. On réserve le corps de Notre Seigneur au lendemain ; on fait un repas commun en mémoire de la cène ; on lave les pieds des frères et le pavé de l'église , et on dépouille les autels; enfin, les pénitents reçoivent l'absolution. L'office du vendredi-saint étoit tel qu'il est encore, et l'adoration delà croix y est bien remarquée et défendue contre ceux qui Tattaquoient, comme Claude de Turin (3). Ici Amalarius dit avoir appris de l'archidiacre de Rome que , dans l'église où le pape adoroit la croix, personne ne communioit , et cet usage est devenu universel. Le samedi-saint on ne disoit point de messe, parce qu'elle étoit réservée à la nuit suivante (4) , et saint Jérôme rapporte, comme une tradition apostolique, que la veille de Pâques il n'étoit pas permis de congédier le peuple avant minuit. Ce jour-là même l'archidiacre de Rome faisoit les Agnus-Dei de cire et d'huile (5), que le pape bénissoit , e) que l'on dislribuoit au peuple à l'octave de Pâques, après la communion, pour les brûler et en parfumer les maisons. La veille de Pâques on baptisoit la nuit ; mais la veille de la Pentecôte on baptisoit à none, c'est-à-dire à trois heures après midi (6). Cet échantillon suffira pour montrer l'utilité qu'un lecteur pieux et attentif peut tirer des écrits d'Amalarius et des autres semblables pour connoître la sainteté et l'antiquité des cérémonies de l'Eglise. Quand dles n'auroient que neuf cents ans, elles seroient bien vénérables ; mais on les regardoit dés lors comme très-anciennes. Il traite dans le premier livre des messes de toute l'année , dans le second des ordinations et du clergé, dans le

(1) C. 8. Com. Ord R. c. 12, n. 2

(2) Sup. liv. XXX, n. i3, (i) In Malth. xxv. 6. ' c. 9. (5) G. 17. *

(3) C. U, 15. V. Mabill. (0) Lib. iv, c. 28.

troisième il explique l'ordinaire' de la messe, et dans le quatrième^ les offices du jour et de la nuit.

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