‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 496 sur 2407 · LIVRE QUARANTE-SEPTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-SEPTIEME

let peut-il s'acquitter

doit si, vous voyant en péril, il ne s'empresse à vous le faire connoitre (1)? Je prends à témoin Dieu, qui sonde les cœurs, que je n'ai aucun autre motif de vous écrire, que la douleur, plus grande que je ne puis exprimer, des dangers qui vous menacent , principalement votre àme. Il lui représente ensuite la manière dont il avoit associé à l'empire Lothaire, son fils aine, après avoir employé le jeune et la prière pour connoitre la volonté de Dieu (2). Depuis ce temps, ajoute-t-il, les lettres impériales ont toujours porté le nom de l'un et de l'autre , jusqu'à ce que vous ayez changé de volonté, sans que Dieu nous ait dit, ni par lui-môme, ni par un ange , ni par un prophète, qu'il se repentoit d'avoir établi ce prince , comme il dit à Samuel , parlant de Saûl (3). Croyez-vous avoir trouvé par vousmême un meilleur conseil que celui que Dieu vous a inspiré , après l'en avoir tant prié ? Nous déplorons les maux qui sont arrivés cette année à cette occasion, et nous craignons fort que Dieu ne soit irrité contre vous ; car nous ne pouvons vous dissimuler que l'on murmure extrêmement de ces serments divers et contraires , et que l'on vous en blâme ouvertement. On croit que l'année dont parle Agobard, et où il écrivit cette lettre, est l'année huit cent trente-trois , où les armées étoient en campagne de part et d'autre (4).

Lothaire venoit d'Italie ; et, pour rendre sa cause plus favorable, il menoit avec lui le pape Grégoire, qui espéroit mettre la paix entre le père et les enfants. C'est le sujet d une autre lettre d'Agobard à l'empereur Louis, qui commence ainsi (5) -. Vous commandez que les deux ordres, militaire et l'ecclésiastique, se tiennent prêts dans le mouvement présent, l'un pour combattre, l'autre pour parler et conférer. C'est-à-dire que l'empereur avoit convoqué un parlement pour essayer de terminer à l'amiable ses différents avec ses en-

fants; mais Agobard, qui étoit du parti de Lothaire, ne crut pas y devoir aller, et se contenta d'envoyer cette lettre , où il relève extrêmement l'autorité du pape par les passages de saint Léon, de Pelage et d' Anastase, puis il ajoute : Si le pape Grégoire vient maintenant sans raison pour combattre, il mérite d'être rejeté ; mais s'il ne vient que pour procurer la paix et rétablir ce qui a été fait par votre autorité, du consentement de tout l'empire, et ensuite confirmé par le saint -siège, son dessein est raisonnable; vous devez lui obéir, et ne pouvez le refuser sans vous rendre coupable. Pendant ce temps pascal, j'ai reçu des lettres du pape, qui nous ordonnoit des jeunes et des prières , pour demander à Dieu de favoriser le dessein qu'il a de rétablir la paix dans votre maison et votre royaume. J'en ai été touché, et j'ai prié ardemment que ce tumulte s'apaise sans effusion de sang. Et ensuite : Personne ne doute, seigneur, que vous n'aimiez, sans comparaison, plus le royaume céleste que le terrestre ; vous ne pouvez faire d'œuvre plus agréable à Dieu que de rétablir la paix (i).

(l) Eplsl. Fleb. to. 2, p. fi) Thcs. c. ii. Astron.

i2. an. 833. INilhard lib. r,

<2) Sup. liv. XLVI, n. 2. (5) Aslron. De Conipar.

(3) Reg. XV, 11, C. 6, 7, ulriusque, to. 2, p. i8.

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