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LIVRE QUARANTE-SEPTIÈME

(1) An. Met. Bertio.

^ (i) Sup. u. 31.

(3) \ilaValaP, c. 18.

(4) Libell. Agub.

(I) Sup. iiv. XI, D. 12; liv. 2tvill, n. 34.

(2j Sup. I. XI, n. 29.

treize jours (1). Il aima fort les lettres et les savants, et ce fut principalement sous son règne que les musulmans commencèrent à s'appliquer à l'étude. Au commencement, ils n'étudioient que leur loi, leur langue, et un peu de médecine , et ils demeurèrent en cet état sous les califes Ommiades. Almansor, second des Abbassides, étudia de plus la philosophie et l'astronomie : mais Almamon, son petitfils, poussa ces mêmes études bien plus loin (2). Il fit des dépenses extraordinaires pour amasser les livres les plus curieux écrits en syriaque et en grec , afin de puiser la science dans les sources, et pria les empereurs grecs de lui envoyer ce qu'ils en avoient. Puis il chercha les meilleurs interprètes, et les fit traduire en arabe. Il excita ses sujets à les étudier, s'entretenant avec eux, et assistant à leurs conférences. Il favorisoit les hommes doctes , de quelque religion qu'ils fussent, et ils lui faisoient des présents de leurs ouvrages , et de tout ce qu'il y avoit de plus rare chez les chrétiens orientaux de toutes les sectes : les juifs, les mages ou anciens Persans, et les Indiens.

Il s'appliqua particulièrement à l'astronomie , et laissa des tables fameuses des mouvements des astres, qu'il avoit calculées lui même. Aussi eut-il à sa cour plusieurs astronomes célèbres ; mais ils poussoient cette étude jusqu'à l'astrologie judiciaire, prétendant connoître l'avenir par la disposiUon du ciel ; et cette superstition si ancienne fit depuis ce temps de nouveaux progrès. Le calife Almamon favorisa la secte d'Ali : ce qui pensa lui faire perdre son état. Il embrassa la doctrine des motazales, espèce d'hérétiques entre les musulmans , qui mêloient à la religion une philosophie très-subtile, soutenant qu'il ne falloit point distinguer les attributs de Dieu de son essence, ni dire qu'il sait par sa science ou qu'il juge par sa justice, mais par son essence (3). Ils disent aussi que la parole de Dieu, c'est-à dire leur Alcoran, a été créée dans un sujet , au lieu que les autres musulmans la tiennent incréée et éternelle ; et Almamon publia un décret sur ce sujet , où il soutenoit que FAlcoran étoit créé (4) , et ^'Ali étoit après Mahomet la créature de Dieu la plus parfaite, ne mettant ainsi l' Alcoran qu'au troisième rang. Il persécuta même sur la fin de son règne ceux qui ne recevoient pas ce décret (5).

Depuis ce temps les musulmans continuèrent d'étudier les sciences, c'est-à-dire la philosophie, les mathématiques et la médecine (6). Les parties de la philosophie, qu'ils cultivèrent le plus , furent la dialectique et la métaphysique ; des mathématiques , l'arithmétique , la géométrie et l'astronomie : de la médecine, la botanique et la chimie. Ces études s'étendirent

(1) £Im. lib. II, c. 8, p. 138.Sup. Iiv. XLV.

C2i Abulfarage, p. tôO.

Bibl. Or. p. 546.

(3) Bibl. Or. p. 144.

(4) £lm. p. 130.

(6) V. Traité des Etuées, c. 6.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[An de J.-C. 833,

partout où régnoient les musulmans , et par conséquent en Espagne (1). Le successeur du calife Almamon fut son frère , Mahomet Almoutasem, flls d'Aaron, qui régna huit ans.

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