XLVII. Rétablisscmont de l'empereur Louis
Ebbon fut, dès la même année huit cent trentequatre, arrêté et enfermé dans l'abbaye de Fulde, par ordre de l'empereur Louis , qui ne demeura pas long-temps en Vétat violent où son fils Lothaire l'avoit réduit. Car Louis et Pépin, ses deux autres fils, armèrent pour le délivrer, et Lothaire, ne pouvant leur résister, laissa l'empereur , son père , en liberté à Saint- Denis en France. Ceux qui étoient auprès de lui l'exhortoient à reprendre les marques de la dignité imptTiale ; mais il ne voulut point se presser , et attendit au lendemain , qui étoit le second dimanche de carême , premier jour de mars huit cent trente-quatre (4). Ce jour il voulut être réconcilié à l' Eglise par le munsten; des évêques , et recevoir de leur main l'épée qu'ils lui avoient ôtée , non pas la couronne , qu'il ne tenoit que de Dieu.
Au mois de février de Tannée suivante, huit cent trente-cinq , il tint à Thionville un parU^ ment , qui est aussi compté entre les conciles. Il s'y trouva plus de quarante évêques. Drogon, évêque de Metz, y présidoit, comme diocésam et archichapelain , car il avait reçu depuis peu cette dignité , et on lui donnoit par honneur \c titre d'archevêque (5). On voit ensuite huit métropolitains: HettideTrèves, Otgar de Mayence,
Ragnoard de Rouen, Landran de Tours. Aldéric de Sens, Nothon d'Arles, Ayoulfe de
• (8) Poil. Theopba. Ibid.
(3) Sup. n. 30. Yila S.
Ansch. n. 20. Coint. an.
An de J.-C. 835.]
Bourges , et Ebbon de Reims , qui y fut amené de Fulde. Entre les évêques les plus connus sont : Fréculfe de Lisieux , Jouas d'Orléans , Erchanrad de Paris, Hubert de Meaux, Badurad de Paderborn , Rotade de Soissons, Hildeman de Beauvais , Modoin d'Autun , Faoua deChâlons(l).
On commença par déclarer nul tout ce qui avoit été fait contre l'empereur Louis (-2). Chacun des évêques présents en donna un libelle souscrit de sa main , et ils jugèrent à propos d'aller à Metz pour rendre plus solennelle la réhabilitation de Louis, en la faisant dans l'église cathédrale. Ce fut le dimanche de la Quinquagésime , dernier jour de février (3). Là Drogon, évêque de Metz, monta surl'ambon, et lut tout ce qui avoit été fait à Thionville pour le rétablissement de l'empereur. Ensuite Ebbon monta sur la même tribune , et confessa publiquement qu'il avoit porté un jugement injuste contre l'empereur, son maître, en le soumettant à la pénitence publique , après qu'il eut été iujuslcinent déposé de la dignité impériale sur de fausses accusations , reconnoissant qu'il y avoit été justement rétabli (4). Il en fit sa déclaration souscrite de sa main, qu'il présenta à l'empereur , et elle fut gardée dans les archives de l'église de Metz. Alors les autres sept archevêques chantèrent sur l'empereur les sept oraisons ordinaires pour la réconciliation des pénitents ; puis les évêques prirent la couronne sur l'autel , et la mirent sur sa tête. Tout cela se fit pendant la messe , et tout le |)eupl(» en rendit grâce à Dieu par des acclamations de joie (5).