‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 529 sur 2407 · IX. Bataille de Fontenay · texte numérisé non relu

IX. Bataille de Fontenay

Le roi Louis, que l'empereur, son père, avoit réduit à la Ravière seule, en ce dernier partage, se joignit à Charles contre Lothaire; leurs armées se rencontrèrent près d'Auxerre sur la fin de juin l'an huit cent quarante-un (2). Louis et Charles firent plusieurs propositions de paix , que Lothaire ayant toutes refusées : enfin, le jour de la Saint-Jean, ils lui déclarèrent que, s'il ne les acceptoit le lendemain à la seconde heure du jour , ils en viendroient au jugement de Dieu , c'est-à-dire à la bataille. Elle fut donnée en effet près de Fontenay, ce même jour samedi vingt-cinquième de juin ; Lothaire y fut entièrement défait (3). Les deux rois délibérèrent sur le champ de bataille s'ils dévoient poursuivre les fuyards, et conclurent qu'ilsdevoient avoir pitié de leur frère et du peuple chrétien, espérant que Dieu s'étant déclaré en leur faveur , Lothaire ainsi frappé écouleroit la justice.

(1) Sup liv. xLvn, n. 48, (2) Nilliard lib.i, in fin. tom. 7, Spicil. p. |7^. (3j Lib. Ill, init.

Ils célébrèrent le dimanche au même lieu ; et, après la messe , ils se mirent à enterrer les morts amis ou ennemis, et à panser les blessés. Ils offrirent aux fuyards de leur pardonner s'ils vouloient rentrer de bonne foi dans leur devoir. Ensuite les rois et le peuple consultèrent les évêques sur ce qu'ils dévoient faire ; car ils étoient affligés de la perle de tant de chrétiens. Les évêques, qui étoient à l'armée , s'assemblèrent, et trouvèrent que l'on avoit combattu pour la seule justice, et que le jugement de Dieu l'avoit déclaré. Que, par conséquent, tous ceux qui avoient eu part à celte affaire, soit pour le conseil, soit pour l'exécution, étoient innocents j c; mme n'ayant été que les ministres de la justice de Dieu. Mais que quiconque sentoit sa conscience chargée d'avoir agi par colère , par haine , par vaine gloire ou par quelqu'autre mauvais motif, devoit se confesser en secret, pour être jugé selon la mesure de son péché. Toutefois , ils ordonnèrent un jeûne général de trois jours, tant pour leurs fautes volontaires qu'involontaires, que pour les péchés de leurs frères morts , et pour attirer la continuation du secours de Dieu, et ce jeune fut volontiers observé.

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