LIVRE QUARANTE-HUITIÈME
chantres, pour être instruit du chant et des bonnes lettres. Il s'y distingua entre les autres enfants , et le pape Léon le fit acolyte. Etienne IV , son successeur , le lit sous-diacre ; et Pascal 1% voyant son progrès dans la science elles bonnes mœurs, l'ordonna prêtre du titre de saint Sylvestre. Entin Grégoire IV le fitarchiprétre. A sa mort , les grands et le peuple s'étant assemblés pour lui donner un successeur, on en proposa plusieurs , puis tout d'un coup on vint à parler du mérite de l'archi prêtre Sergius , et tous s'écrièrent qu'il étoit digne du ponliûcat.
Son élection étant résolue, chacun se retira chez soi ; mais un diacre de l'église romaine, nommé Jean, ayant rassemblé une troupe de peuple rustique et séditieux, enfonça les portes du palais patriarcal de La Iran , et y entra à main armée ; ceux qui s'y trouvèrent furent saisis d'étonnement et de frayeur. Mais au bout d'une heure cette populace téméraire, épouvantée à son tour, se dissipa et abandonna le diacre Jean. Sur la nouvelle du tumulte , la noblesse romaine aœourut à pied et à cheval à l'église de Saint-Martin, et ils menèrent Sergius avec un grand honneur au palais de Latran, suivis d'une grande foule de peuple, qui chantoit des hymnes et des chants spirituels. Il fut donc élu solennellement; et le même jour il tomba tant de neige, que Rome en parut toute blanche , ce que le peuple prit pour un signe de joie. Les chefs des Romains chassèrent honteusement du palais de Latran le diacre Jean, et le firent mettre dans une étroite prison. Ils voulurent, suivant l'avis des évêques, qu'il fut déposé; d'autres parloient de le mettre en pièces à coup d'épée ; mais le pape Sergius l'empêcha, et fut ainsi consacré et mis en possession du saint-siège avec une joie publique.