XVIII. Capitulaire de Toulouse
Le roi Charles, ayant pris Toulouse, reçut les plaintes des prêtres du pays contre leurs évêques; et, en attendant un concile, il y pourvut par un capitulaire de neuf articles , daté du mois de juin l'an huit cent quarante- <juatre(3). Premièrement, le roi défend aux évêques de faire à leurs prêtres aucun mauvais traitement, en vengeance de ce qu'ils se sont adressés à lui ; ils se contenteront de la quantité de blé et de vin et des autres fournitures qui sont spécifiées; les prêtres ne seront obligésdeles porter qu'à cinq milles de dislance, et les officiers des évêques n'en prendront point prétexte de vexation. Les évêques, en faisant leur visite, choisiront pour loger un lieu où les paroisses voisines puissent commodément s'assembler; le curé du lieu et les quatre autres voisins fourniront la quantité de vivres qui est ici marquée pour la dépense de l'évêque, sans que ses gens puissent en exiger davantage, ni faire de débris chez l'hôte ; les évêques ne visiteront qu'une fois l'année , du moins ils ne recevront cette fourniture qu'une fois ; ils ne la recevront que quand ils visiteront en personne , ils ne multiplieront point les paroisses pour augmenter leurs revenus , mais seulement pour l'utilité du peuple ; et, en les divisant , ils diviseront aussi la dépense des curés ; ils ne les obligeront qu'à deux synodes, et dans les temps réglés. Ce capitulaire est important pour connoître combien quelques évêques abusoient de leur pouvoir.