XVII. Loup, abbé de Ferriéres
Dans le même temps , le roi Charles assiégeoit Toulouse, occupée par Guillaume, fils de Bernard, qui soutenoit Pépin, neveu de Charles, fils de Pépin, roi d'Aquitaine. Ses troupes rencontrèrent dans l'Angoumois des lr()U[)es de France, qui marchoient à Toulouse pour le roi Charles. Celles de Pépin les surprirent, les chefs furent tués ou pris; les autres s'enfuirent. Entre les morts on remarque deux princes: Hugues, prêtre, abbé de Saint- Quentin et de Saint-Bertin, fils de Charlemagne et oncle dc^s rois, et Riboton, abbé de Centule, petit-fils de Charlemagne, par une de ses filles. Ebroin, évêque de Poitiers et archichapelain du roi Charles , Ragenaire, évêque d Amiens, et Loup, abbé de Ferriéres, furent pris en cette occasion. Ainsi les abbés, quoique prêtres, et les évêques mêmes, porluienl les armes contre les autres seigneurs , et on prétendoil qu ils y étoient obligés à cause de leurs fiefs. Ce combat fut donné le septième de juin huit cent quarante-quatre (2).
Loup étoit depuis j)eu abbé du monastère de Ferriéres en Gàtinois, autrement nommé lk»thlèem, dédié à saint Pierre. On croit qu'il eloit de la noblesse du pays ; il s'appliqua à 1 étude dès l'enfance , et embrassa la vie monastique dans cette maison, sous la conduite defabbé Aldric, depuis archevêque de Sens (3). ^up, étant déjà (fiacre, fut envoyé par Al- ''fic en Germanie , continuer ses études à ^iJlde, sous fabbé Raban, qui étoit alors le niaitre le plus fameux pour h*s lettres sacréi^s tîl profanes. Loup y fit un grand progrès et y ^^quit beaucoup d'amis. Il revint en France ii>ec une telle réputation de science et de Jertu, qu'il fut présenté à l'empereur Louis '^' débonnaire et à l'impératrice Judith, et
(1) Ami. Berlin. SU.
(2) To.7,Coûc.p. 17Vf
(î Anasl. Flod. ii, Hist.
<* W.Coint. an. 844, n. 37.
•^M. Au. iicrlin. 84i.
(2) Ann. Fuld. 844.
(3) Daluz. not. in Lup.
ioii.
reçu très -favorablement (1). L'année suivante l'impératrice le fit venir à la cour, et il crut, avec plusieurs autres, qu'il seroit bientôt élevé à quelque dignité. Après la mort de l'empereur Louis , Odon , abbé de Ferriéres , ayant commis de grands crimes, le roi Charles, irrité contre lui, lui ùta l'abbaye, et la donna à Loup, déjà prêtre (2), qui fut élu par les moines le vingt-deux novembre huit cent quarante-quatre , et confirmé par le roi quelques jours après. La communauté étoit de soixante-douze moines.