Tome II L
évoques des deux provinces de Reims et de Sens, sav()ir : Venilon , archevêque de Sens Erchanrade, évêque de Paris; Immon de Noyon; Rothalde, de Soissons ; Siméon' de Laon; Loup, de Chàlons; Ragenaire, d'Amic^ns ; Ehe, de Chartres; Erpoin, de Sentis- Avilis ou Agius, d'Orléans; et Hincmar, qui y fut élu archevêque de Reims (1). Il y avoit dix ans que cette église étoit vacante depuis
o. ,^..,^..t BuruYciiicL' ['^). i^es eveques rendirent témoignage de ce qu'ils avoient vu et appris de la déposition d'Ebbon, et rapportèrent lautc^rite des canons en pareil cas. Hincmar lut donc élu par le clergé et le peuple de Reims, et par les évêques de la province du consentement de l'archevêque de Sens ' de révêque de Paris et de l'abbé de sLint- Denis, ses supérieurs , du consentement aussi
?o?Cha~"""' '' ''" '''""'*'''' "" Jl étoit François, d'une ancienne noblesse, et parent de Rernard , comte de Toulouse. Dès sm enfance, il fut mis au monastère de Sain(lienis , pour y être instruit dans la piété et les bonnes lettres, sous l'abbé Hilduin ; mais il ne prit que l'habit de chanoine, comme la plus
fi! 7?ï* ^*^"^ P- ^^^^- ^^^ Hincmar. Opusc. 26 {V nod.iii, c. 1. p. 303. *
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HISTOIRE DU CHRISTIANISME
g^rande partie de cette communauté tombée dans le relâchement. 11 en fut tiré pour son esprit et sa naissance , et mené à la cour de Louis le débonnaire , dont il fut particulièrement connu ; et il y employa son crédit auprès de l'empereur, avec son abbé , pour rétablir à Saint- Denis la discipline monastique, par Taulorité des évoques : ce qui fut exécuté au concile de Paris, tenu en huit cent vingt-neuf, par Aldric , arclievéque de Sens , Ebbon , archevêque de Reims et leurs suffragants , comme H paroit par les lettres de Louis le débonnaire. Hincmar se réforma le premier : il quitta la cour, pritrhabit monastique, embrassa toute la rigueur de la règle, et demeura long-temps en cet état , sans espérance ni désir d'épiscopat, ou d'autre prélature (1). L'abbé Hilduin étant tombé dans la disgrâce de l'empereur, Hincmar le suivit en son exil en Saxe, avec la permission de son évêque et la bénédiction de ses frères. Mais il employa son crédit auprès de l'empereur et des seigneurs pour obtenir le rappel d Hilduin et la restitution de ses abbayes (2). Quand le pape Grégoire IV vint en France, Hilduin voulut engager Hincmar dans le parti de Lothaire, mais il n'y réussit pas; et, après le rétablissement de l'empereur Louis , il rendit à Hilduin tous les bons offices qui furent en son pouvoir. Depuis il demeura paisible dans le monastère , avec la charge de trésorier ou de garde des reliques. Mais l'empereur l'ayant encore appelé à la cour, il y revint par obéissance , et assista aux assembh^es des évêques , entre autres au concile de Verneuil, en huit cent quarante-quatre, où Louis, abbé de Saint-Denis, succi'sseur d'Hilduin, le mena avec lui. Le roi Charles donna à Hincmar les deux abbayes de Notre-Dame de Compiègne et de Saint-Germer, qu'il n'accepta que par l'ordre de son évéque et de son abbé. Le roi lui donna aussi une terre , qu'il laissa depuis son épiscopat à l'infirmerie de Saint-Denis (3).