LIVRE QUARANTE-HUITIÈME
et; Ann. Berlin. 8i7. Anasl. Papebr.
(l) Anasl. Ann. Berlin.
Chr. Cassin. i, c. 28.
Ci) Anasi.
^ (8) Vitt S. Joan. 0. b8.
Ap. Sur. i nov.
(4) Vila S. Melh. n. 17.
BoII. lijun.lo. 20, p. 907.
Glyc. p. 2Ô0, B. Martyr. R.
14 jul. cl 4 Dor.
étoit fils de l'empereur Michel Rangabé, qui céda l'an huit cent treize à Léon l'Arménien, et de Précopia, fille de l'empereur INicrphore (1). Il étoit le dernier de leurs enfants, et s'appeloit d'abord Nicétas ; mais , quand son père perdit la couronne, il se fit couper les cheveux, et prit le nom d'Ignace, étant âgé de quatorze ans. Léon, pour s'assurer l'empire, relégua Michel et ses enfants en diverses îles, et fit eunuques les trois fils, quoiqu'il fût leur parrain. Ignace embrassa sérieusement la vie monastique; et y fil un tel progrès, qu'après la mort de son abbé il fut mis en sa place, et établit des monastères dans les trois lies de Plalos , Hyatros et Térébinthe, que Ion nommoit les îles du Prince (2). Il reçut les ordres sacrés de la main de Bazile, évéque de Paréon, ou Paros, dans l'Ilellespont , qui avoit beaucoup souffert dans la persécution des iconoclastes. Ce prélat l'ordonna premièrement lecteur, puis sous-diacre, puis diacre, et enfin prêtre. Et comme les catholiques ne vouloient pioint communier avec les iconoclastes, plusieurs de Constantinople, et des villes voisines de Bithynie menoient leurs enfants au prêtre Ignace pour les baptiser. 11 instruisoittous ceux qui venoientàlui,et les fortifioit contre les attaques de l'hérésie ; et d'un autre côté il assistoit ceux qui étoient persécutés, empriscmnés, bannis et privés de leurs biens : enquoi il étoit aidé par sa mère et sa sœur , qui vécurent longtemps, et y employèrent leurs richesses. Tel étoit Ignace, quand il fut préféré à tous ceux que l'on proposoit pour remplir le siège de Constantinople, étant âgé d'environ quarantehuit ans, et il tint ce siège onze ans et demi.
XXXIX, Raban, archevêque de Mayence.
Vers le commencement d'octobre, la même année huit cent quarante-sept, on tint un concile à Mayence, où présida Raban, qui venoit de succéder à l'archevêque Otger, mort le vingt-unième d'avril (3). Raban avoit gouverné vingt ans l'abbaye de Fulde , et pendant ce temps il composa la plus grande partie de ses ouvrages. Premièrement, à la prière de ses moines, il écrivit son commentaire sur saint Matthieu , et le dédia à Haistulfe, archevêque de Mayence, à qui, dès l'an huit cent dix-neuf, il avoit présenté son livre de l'institution des clercs. Ce commentaire, comme la plupart de ceux de Raban, n'est presque qu'un recueil de passages des pères. Vers l'an huit cent trente il envoya à Fréculfe , évéque de Lisieux , son explication sur l'octateuque, c'est-à-dire les huit premiers livres de l'ancien Testament. Fréculfe l'en avoit instamment prié, n'y pouvant travailler lui-même, faute de livres, jusqu'à n'avoir pas une bible entière. Raban se
ri
(1) Vila Ign. per. Nicet to. 8. Conc. p. 1180. Sup.
liv. XLV, n. 59.
(3) Sup. XLVi, n. 49.
Mabill. lo. 6. Ad. p. 41.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
conduisit si bien pendant la division de Louis le débonnaire et de ses enfants, qu'il conserva les bonnes grâces des uns et des autres ; et en huit cent trente-quatre il écrivit à Louis une lettre de consolation; puis il lui envoya un recueil de passages de l'Ecriture, touchant le respect que doivent les enfants aux pères et les sujets aux princes. Peu de temps après, il présenta au même empereur, à Fulde, l'explication des livres des rois, faite à la prière de l'abbé Ililduin, et ensuite les paralipoménes. En huit cent trente-six, il dédia à l'impératrice Judith ses commentaires sur Judith et Esther, parce, dit-il , qu'elle avoit le nom de l'une et la dignité de l'autre. Après la mort de Louis le débonnaire, il dédia à l'empereur Lothaire ses livres sur Jérémie, et quelque temps après ses commentaires sur Ezéchiel.
Il étoit dès lors dans sa retraite; car, après avoir gouverné vingt ans l'abbaye de Fulde, il renonça à sa dignité en huit cent quarantcîdeux, et se retira en deçà du Rhin, dans le royaume de Lothaire (1). Les moines envoyèrent le prier de revenir; et, comme il le refusa, ils élurent pour abbé Hatton, qui avoit été avec lui disciple d'Alcuin. Raban revint à Fulde peu de jours après, et se relira en une cellule au mont Saint-Pierre , proche du monastère. Là il continua d'écrire, et dédia à l'archevêque Otger un livre pénitentiel, et à Drogon, évèque deMetz, un traité des chorévéques, où il conseille aux évéques de consentir qu'ils confèrent les ordres sacrés, fuisqu'ils
ont la consécration épiscopale. Il répondit vers le même temps à diverses questions sur la \)ùnitence, qui lui avoient été proposées par Re ginbold, chorévéque de Maycnce. Pendant ce temps de sa retraite, il composa les vingt-deux livres de l'univers, qu'il adressa à Hainion, évèque d'Halberstat, son compagnon d élude; et dans son épîlre il l'exhorte à ne pas imiter plusieurs évéques, qui s'occupoient plus du jugement des atïiiires temporelles que de l'instruclion du peuple (2).
Louis, roi de Germanie, ayant ouï-parler de ce traité de l'univers, le demanda à Raban, qui le lui envoya ; car ces princes aimoient à s'instruire, et avoient des lecteurs. Cet ouvrage traite premièrement de Dieu, puis de tous les ordres de créatures, et ne consiste presque qu'en explication de noms et détini lions de mots, pour servir à l'intelligence historique et mystique de l'Ecriture. Raban avoit composé dans sa jeunesse, par le conseil d'Alcuin, deux livres des louanges de la croix, qui contiennent vingt-huit figures mystérieuses ; chacune est tracée sur uïi tableau dont le fond est rempli de vers, et les lettres qui se rencontrent dans la figure sont encore d'autres vers. Cet ouvrage étoit d'une extrême difficulté et d'une utilité médiocre ; toutefois il
[ An de J-C. 847.
fut si estimé, que Raban le présenta à l'empereur Louis le débonnaire, et depuis l'envoya à Rome, où il fut préseiUé au pape Sergius, en huit cent quarante-quatre, et les annales du temps en font menl.on (1).
Raban, étant donc si connu par ses écrits et par sa conduite, fut tiré de sa retraite, nonobstant son peu de santé et son grand ûge, car il avoit au moins soixante-dix ans; on le présenta au roi Louis, et avec son agrément il fut élu et consacré archevêque de Mayence le jour de Sainl-Jean, vingt-quatrième de juin huit cent quarante-sept.