‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 570 sur 2407 · XLIV. Nouveaux évéchés en Bretagne · texte numérisé non relu

XLIV. Nouveaux évéchés en Bretagne

Saint Convoyon étant arrivé à Rome avec les deux évêques, le pape Léon assembla un concile où il le fit assister. On y fit des reproches aux évêques bretons de ce qu'ils avoient reçu des présents pour les ordinations. Hs dirent qu'ils l'avoient fait par ignorance ; mais un archevêque, nommé Arsène, leur diti Un évêque ne doit pas être ignorant ; et le pape ajouta l'autorité de l'Evangile (1) : Si le sel devient fade , de quoi le salera-l-on ? Ainsi le concile déclara qu'aucun évêque ne devoitrien

[ An deJ.-G.8iH

(1) Matlh.v,31.

prendre pour conférer les ordres, sous peine de déposition : le concile décida plusieurs autres questions, sur lesquelles les évêques de Rrelagne avoient consulté le saint - siège , comme il paroit parla lettre du pape, où ii leur dit :

Vous demandez si les év(kjues convaincus de simonie peuvent faire pénitence en gardant leur rang ; et nous répondons , selon les canons, qu'ils doivent être déposés (1) ; mais ce doit être dans un concile et par douze évêques, ou sur le témoignage de soixante-douze témoins ; et , si l'évêque accusé demande d'être ouï à Rome, il y doit être renvoyé. Le papt» répond ensuite à six articles de consultation, et décide entre autres choses que les prêtres venant au synode ne doivent point être obligés d'y apporter des présents ou eulogies , de peur quecettechargelesdélourned'y venir(2) ; qu il n est pas permis d'employer le sort dans les jugements, parce que c'est une espèce de divination ; que les évcHiues ne doivent pas juger sur les écrits des autres, mais seulement sur les canons et les décrétâtes des papes ; et il spécifie les conciles et les papes compris dans le code des canons, y ajoutant seulement saint Sylvestre avant Siricius : ce qui montre qu il ne s'arrête pas au recueil d'Isidore. Avec celle lettre, le pape envoya au ducNomenoy, par saint Convoyon, le corps du pape saint Marcellin , que l'on tenoit dès lors pour martyr, quoiqu'avec peu de fondement (3;.

Quand les évêques bretons furent de retour, Nomenoy , n'étant pas content que le pape les eût renvoyés sans les déposer, résolut de k faire lui-même, et trouv€»r en même temps le moyen de se faire reconnoitre roi. Car il s'étoit emparé de Nantes , de Rennes , de l'Anjou et du Maine, jusqu'à la Mayenne (4). Il fit dune assembler au monastère de Saint-Sauveur de Redon les quatn^ évêques de iiretagne, savoir : Subsanne de Vannes , Salacon d'Alet ou Sainl- Malo, Félix de CornQuailles, et Libérât de Léon, avec un grand nombre de seigneurs, et les obligea à renoncer à leurs sièges en quittant les verges et les anneaux , qui éloienl les marques de la dignité épiscopale. On dit même qu'il les avoit fait menacer secrètement de mort s'ils ne se confessoient coupables. A leur place , il fit ordonner quatre autres évêques ; mais, jugeant bien que l'archevêque de Tours, leur métropolitain, ne voudroit pas les consacrer, ni même venir en Bretagne, de peur de déplaire au roi Charles, il érigea trois nouveaux évéchés, à Dol, à Saint-Brieuc et à Tréguier, qui étoient des monastères , déclara l'évêque de Dol métropolitain, et sépara ainsi la Bretagne de la province de Tours. Ensuite il se fit sacrer roi par ces sept évêques as-

(1) To. 8 , Conc. p. 30. to. 5, p. 613.

(â) G. 3, i, 6. (i) Narr. tom. 8. Conc

C3) Baron, an. 855. Sup. in fine et Ap. Sirra. posl

liv. viii, n. 17. V. Tillem. Capil. Car.

AndeJ.-C. 848.]

semblés à Dol. Ces trois nouveaux évéchés ont toujours subsisté depuis, et Dol a joui des droits de métropole pendant trois cents ans.

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