XLV. Le pape fortifie Rome
Ceci se passoit au plus tard en quatre cent quarante-huit; et la même année, qui étoit la seconde du pontificat de Léon IV , il commença à enfermer de murailles l'église de Samt-Pierre (i). Toute la noblesse de Rome eloit sensiblement aflligée du pillage que les Sarrasins y avoient fait, et craignoient encore pis à l'avenir. Pour les rassurer, le pape résolut d'exécuter le dessein que U»on III, son prédécesseur, avoit conçu , de bâtir une nouvelle ville auprès de Saint-Pierre , dont il avoit même commencé les fondements. Léon IV en écrivit à l'empereur Lothaire , qui reçut avec joie la proposition , exhorta le pape à mettre au plus lot la niain à l'œuvre, et envoya quantité de livrer d'argent pour cet effet, tant de sa part que des rois, ses frères. Le pape, ayant reçu la réponse de l'empereur, assembla les Romains et les consulta sur l'exécution de son dessein 11 fut résolu de faire venir des ouvriers de toutes les villes, des terres qui appartenoient au public et des monastères, pour travailler tour a tour à ce grand ouvrage. On y employa quatre ans, le pape s'y appliquant continuellement , et y donnant tout le temps qui lui restoil après ses fonctions spirituelles , sans que le roid le vent ni la pluie l'en délournàl et lempêchiU de visiterions les travaux.
Dans le même temps, c'est-à-dire pendant la douzième indiction, qui commencoit cette année huit cent quarante-huit, le pape travailloit aussi a réparer les murs de Rome, tombés en ruine par le temps (2). Il fit refaire les portos et rebâtir quinze tours de fond en comble yisrtant souvent les ouvrages , tantùt à cheval antôt à pied. Il fit faire entre autres deux tours sur le Tibre, à la porte qui conduisoit a 1 orto, avec des chaînes, pour arrêter jusqu aux moindres barques des ennemis. Il fit aussi Iransporter dans la ville quantité de corps saints pour les mettre en sûreté.
L'année suivante, huit cent quarante-neuf , mdiction douzième , les Sarrasins vinrent à lozar en Sardaigne, d où ils partirent pour venir à Porto (3). Les Romains en étoient fort ^^ffrayes; mais les habitants de Naples, d'Amalh et de Gaëte s'embarquèrent et vinrent a Ostic , d'où ils envoyèrent avertir le pape qu us étoient venus au secours pour combattre 'J's Sarrasins. Le pape, voulant s'en assurer «avantage , les pria d'envoyer à Rome quelques-uns d'entre eux. Leur chef, nommé Cé- ^^>re, fils de Sergius, maître de la milice, y Vint avec quelques autres, et confirma au pape