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XLVI. Etat de l'Espagne

Les chrétiens furent alors persécutés à Cordoue, capitale des musulmans d'Espagne oui etoient encore les maîtres de la meilleure'partie du pays ; le reste obéissoit à trois princes chrétiens. Alphonse le chaste, roi d'Asturie ayant règne cinquante ans , étoit mort l'an nuit cent quarante-deux, ère huit cent quatrevingt ; et Ramir, fils de A^érémond, avoit été élu roi à sa place (1). Il bâtit une fort belle église en 1 honneur de la Sain te- Vierge, à deux mille pas d'Oviédo ^ et , après avoir régné sept ans, il mourut en paix. Son fils Ordogno lui succéda l'an huit cent quarante-neuf, ère huit cent quatre-vingt-sept , et régna onze ans. Il repeupla plusieurs villes, dont Alphonse avoit chasse les musulmans, entre autres Tuy Astorga et Léon (2). On dit que le corps de l'apotre saint Jacques avoit été trouvé à Compostelle en Galice, du temps d'Alphonse le chaste, et que ce prince y avoit fait bâtir une petite église. Il est certain que, pendant ce neuvième siècle, on croyoit que les os de saint Jacques , frère de saint Jean , avoient été transportes de Jérusalem à l'extrémité d'Espagne et qu il y étoit en grande vénération C'est ainsi qu Lsuard et Adon en parlent dans leurs martyrologes (3).

Cependant il s'étoit élevé un nouveau royaume vers les Pyrénées (4). Enéco ou Ignigo, surnommé Arista , vicomte de Bigorre, fut reconnu roi par les chrétiens du pays vers l'an huit cent trente , pour résister aux musulmans, contre lesquels ils n'étoient protégés ni des Goths , sujets d'Alphonse le

(1) Sup. liv. xLiv, n. i9.

Sebast- Salmant. p. 53.

(2; Sampir. Asior. p. 57.

(3) 25jul.

(i) Marc. Hist. Bearn.

liv. II, c. n. liv. III, c. 1.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

chasle, trop éloignés d'eux , ni des TYançois, sous le règne foible de Louis le débonnaire. Ignigo mourut en huit cent trente-cinq : son fils Chiniène lui succéda ; puis Ignigo , fils de Chimène, qui prit Pampelune et vivoit en huit cent cinquante. C'est le commencement du royaume de Navarre. D'un autre côté, la Catalogne et le Roussillon obéissoient aux François, et les églises de Barcelone, Urgel, Girone et EIne reconnoissoient INarbonne pour leur métropole.

Le prince des musulmans d'Espagne étoit Abdérame III du nom , qui régna trente-un ans, depuis l'an huit cent vingt-un, deux cent six de l'hégire, jusqu'en deux cent trente-huit ou huit cent cinquante-deux (1) ; la vingt-troisième année de son régne, qui étoit l'an huit cent quarante-trois , une flotte de plus de cent bâtiments attaqua Lisbonne, et l'année suivante une plus grande vint assiéger Séville, et attaqua ensuite Cadix. C'étoient sans doute des Normands. Ils firent un grand dégât, et livrèrent plusieurs combats contre les Arabes, qui enfin les repoussèrent (2). L'an huit cent quarante-sept, Abdérame envoya des ambassadeurs en France jK)ur demander la paix au roi Charles, qui les reçut à Reims (3). En mtVne temps, tous les chrétiens sujets d'Abdérame envoyèrent une requête au même roi , aux évéques et aux chrétiens de son royaume, contre un nommé Bodon , qui de chrétien s'étoit fait juif quelques années auparavant, et excitoit Abdérame et les nmsulmans contre les chrétiens d Espagne, pour les obfiger sous peine de mort à se faire juifs ou musulmans. Ce qui semble avoir été le prélude de la persécution. Plusieurs Golhs et autres chrétiens d'Espagne , pour se délivrer du joug des infidèles, avoient passé en France et obtenu des lettres de protection de Charlemagne et de Louis le débonnaire en huit cent seize. Le roi Charles le chauve, assiégeant Toulouse en huit cent quarant(M(uatre , en accorda de semblables à ceux qui s'éloient retirés à Barcelone et aux environs, afin qu'ils fussent traités comme les François (4).

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