‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 574 sur 2407 · XLVII. Martyrs à Cordoue. Saint Parrait · texte numérisé non relu

XLVII. Martyrs à Cordoue. Saint Parrait

Dès le commencement du règne d'Abdérame, deux frères, Adolphe et Jean, souffrirent le martyre, et leurs actes furent écrits par Spéraindéo, abbé de Cutéclar, comme l'on croit. L'Eglise honore leur mémoire le vingt-sei>tième de septembre. En huit cent quarante , deux vierges chrétiennes, Nunilo et Alodia , souffrirent le martyre près de JSajara en Navarre (5) ; et , deux ans après , leurs corps fu-

(1) Redenric.Hisl.Arab.

(2) Sup. n. 27.

(3) An. Berlin. 847.

^.4) To. 1, Capit. p. 499, ©9; to. 2, Capit. p. 26.

Coinl. an. 844, n. 50.

(5) Eulog. Iib.n,Meraor.

c. 8. Martyr. R. 27 septemb.

Moral, ad. c. 7, lib. ii, S.

£ulog.

[ AndeJ.-C.8i8.

renl transférés au monastère de Saint-Sauveur de Leyre , nommé alors Legérense. L'Eglise en fait mémoire le vingt-deuxième d'oclobn». Mais la grande |x*rsécution commença lau huit cent cinquante, ère huit cent quatre-vingthuit, la vingt - neuvième annexe du règne d'Abdérame (1). Le prélre Parfait, né à Cordoue et élevé dans le monastère de Saint-Aciscle, où il a voit passé presque toute sa jeunesse, étoit fort bien instruit de la science ecclésiasfique , et connu des musulmans, parce qu'il possédoit parfaitement la langue arabique; mais il avoit autrefois renié la foi devant le cadi, ou juge des musulmans, par la crainte de la mort. Saint Aciscle, que je viens de nommer, est un martyr fameux qui souffrit à Cordoue, sous Dioclélien, avec sa sœur Victoire, et l'Eglise les honore le dix-septième de novembre (4).

Un jour, comme le prêtre Parfait passoil par la ville pour ses affaires particulières, quelques musulmans lui tirent des questions sur la religion , et lui demandèrent son sentiment touchant Jésus-Christ et Mahomet. Jésus- Christ, dit-il (3), est Dieu au-dessus de tout, béni dans tous les siècles ; pour votre prophète, je n'ose vous dire ce que les chrétiens en pensent, vous en seriez trop offensés; mais, si vous me donnez parole de ne vous point fâcher, je vous le dirai. Ils lui promirent, et il continua leur parlant arabe : Nous croyons que c'est un de ces faux prophètes prédits dans l Evangile , qui en a séduit plusieurs et les a entraînés avec lui au feu éternel. Il ajouta plusieurs choses touchant les impuretés que leur religion autorise.

Ils dissimulèrent pour lors leur indignation; mais, peu de temps après, saint Parfait ayant encore été obligé de sortir pour quelcju'affaire , les mêmes musulmans le virent venir de loin, et dirent aux assistants : Voici un homme qui dernièrement prononça contre le prophète , que Dieu bénisse, des blasphèmes qu'aucun de vous ne pourroit souffrir. Aussitôt ils le prirent et l'enlevèrent avec tant de vitesse, qu'à peine ses pieds touchoient à terre, le présentèrent au cadi et dirent : Cet homme a maudit notre prophète, et fait des reproches à ceux qui l'honorent ; vous savez quelle peine mérile un tel crime. Le cadi le fit mettre en prison, chargé de fers très-pesants , pour le faire mourir à la fête qui leur tient lieu de Pâques. Saint Parfait s'appliqua dans la prison aux veilles, aux jeunes et à la prière, pour se fortifier dans la foi qu'il avoit autrefois niée (4). Cependant il prédit la mort de l'eunuque Nazar Hageb , ou maître de chambre, qui étoit It' principal officier du sultan , et qui gouvernoit toutes les affaires d'Espagne. Saint Parfait dit

fl) Martyr. R. 22 cet.

Eulog. ibid. c. 1. Boll. to.

(2) Prud.Peristeph.Hjm.

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