‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 579 sur 2407 · Berlin. 8i7, US · texte numérisé non relu

Berlin. 8i7, US

(2) Ann. Berlin. 850.

Chr. Norm. An. Fuld. 850.

(3) To 8. Conc. p. 55. Hincm. de Pr«d. c. 2. An Berlin. 8i9.

(i) Ap. U«er. il t.

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HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[AndeJ.-C.8i9.

gratuitement les élus à la vie éternelle , et que, par son juste jugement , il a prédestiné les réprouvés à la vie éternelle , à cause de la prescience très-certaine de leurs démérites. Car le Seigneur dit lui-même (i) : Le prince de ce monde est déjà jugé.Ceque saint Augustin explique ainsi : c'est-à-dire qu'il est destiné irrévocablement au feu éternel. Notre Seigneur dit encore (2) : Celui qui ne croit pas est déjà jugé , c'est-à-dire, dit saint Augustin, le jugement est déjà fait, quoiqu'il n'ait pas encore paru. Après plusieurs autres passages de saint Augustin, il cite saint Grégoire, saint Fulgence, particulièrement le livre à Monime, et saint Isidore (3).

L'autre confession de foi de Gothescalc est adressée à Dieu en forme de prière. Il insiste sur son immutabilité, dont 1 éternité de ses décrets est une suito. 11 dit que la prédestination est une en elle-même, quoiqu'elle soit double par ses effets : comme saint Augustin dit que la charité est double, par rapport à Dieu et au prochain. Il souhaite, en faveur des moins instruits , de soutenir ce qu'il croit être la vérité, dans une assemblée publique, devant la multitude du peuple lidèle, en présence du roi , des évéques , des prêtres , des moines et des chanoines (4). Qu'il lui soit permis de faire l'épreuve de sa doctrine , en passant de suite par quatre tonneaux pleins d eau bouillante, d'huile et de poix, et entin par un grand feu. Que s il en sort sain et sauf, on reconnoisse la vérité de sa doctrine, s'il craint de s'y exposer, on ne va pas jusqu'au bout, qu'on le fasse périr par le ièu.

Cependant Hincmar écrivit à Prudence, évêque de Troyes , pour le consulter sur la manière de réprimer Gothescalc. 11 lui raconte ce qui s'cioit passé dans le concile, et tous les moyens qu'il a employés pour le convertir , et demande s'il doit 1 admettre à entendre l'office le jeudi-saint ou le jour de Pâques, ou même lui donner la communion.

D'ailleurs Hincmar écrivit aux reclus de son diocèse, pour les précautionner contre les erreurs de Gothescalc , dont il voyoit que plusieurs prenoient le parti (5).

En effet, Ratram, moine de Corbie, écrivit à Gothescalc, son ami, une lettre , où il censuroit librement cet écrit d'Hincmar, à qui la lettre de Ratram fut rendue par les gardes de Gothescalc. D ailleurs Prudence, évéque de Troyes , fit un recueil de passages de l'Ecriture sainte et des pères, principalement de saint Augustin, pour prouver la vérité des deux prédestinations (6). Il y trailoit aussi du libre arbitre et de la mort de Jésus-Christ pour tous , et l'envoya à Hincmar et à Pardule de Laon, du consentement d un concile tenu à

(l) Joan. XVI, 11.

(!2) Joan. III, 18.

(3) Sup. liv. x\xi, n. 50.

(5) FIod.in,c. 21.Epist.

Rab. ad Hiiic.

(6j Maug. Dist. c. 13.

Paris vers l'automne de Tan huit cent quarantc»neuf. Prudence mit en tête une lettre où il dit : J a vois souhaité de traiter avec vous à l'amiable et en particulier touchant les questions proposées ; mais, n'en ayant pas eu la liberté, j'ai été obligé de vous écrire, vous priant principalement de ne pas permettre que l'on attaque de votre temps l'autorité de saint Augustin. Il s'étend ensuite à prouver combien cette autorité est grande dans l'Eglise.

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