‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 580 sur 2407 · LI. Lettre synodale à Nomcnoy · texte numérisé non relu

LI. Lettre synodale à Nomcnoy

Ce concile de Paris étoit assemblé des quatre provinces de Tours, Sens, Reims et Rouen, et composé de vingt-deux évéques , dont les plus connus sont : Landran , archevêque de Tours, second du nom , successeur d'Ursniar, qui avoit succédé au premier I^mdran; Aenilon, archevêque de Sens , Prudence, évéque de Troyes, Agius d'Orléans, Erchanrad de Paris, Hincmar, archevêque de Reims, Pardule, év(Vjue de Laon, Rothade de Soissoiis, Paul, archevêque de Rouen, etFréculfe évêque de Lisieux (1). Ces évéques envoyèrent à INomenoy, prétendu roi de Bretagne, une lettre où ils lui parlent ainsi :

Quoique vous portiez le nom de chrétien , la terre des chrétiens est ravagée par votre cupidité : les églises, partie détruites, partie brûlées, avec les reliques des saints. Vous avez réduit injustement à votre usage les biens des églises, qui sont le patrimoine des pauvres. Yous avez commis beaucoup d'autres violences , chassé de leurs sièges les évéques légitimes, et mis à leur place des voleurs et des mercenaires. Vous avez méprisé la juridiction de saint Martin, notre patron, dont vous ne pouvez nier que vous dépendez, et, pour comble de témérité, vous avez méprisé le vicaire de saint Pierre, le pape à qui Dieu a donné la primauté dans tout le monde. Car conmie vous lui aviez demandé qu'il vous écrivit dans son livre"; et qu'il priât Dieu pour vous, il vous le promit par ses lettres, pourvu que vous y obéissiez à ses avertissements ; mais, loin de vous y soumettre, vous n'avez [)as même voulu recevoir les lettres qu'il vous a écrites. Ils lui reprochèrent ensuite de favoriser la révolte de Lambert, comte de Nantes, contre le roi Charles , et de ne pas observer les bornes que l(»s François, au commencement de leur domination, avoient mises entre eux et les Bretons. Enfin, ils l'exhortent à la pénitence, par la considération du jugement de Dieu, et le menacent d'une mort prochaini^ s'il ne se converti I.

Celle lettre fut composée par I^)up de Ferrières, ce qui paroît en ce qu'elle se trouM' entre les siennes ; et il alla ensuite à Bouriros trouver le roi Charles, qui y vint au mois de

(1) Chr. FoiHan. Duch. t. 2, p. b88; t. 8, Goncp. W-

An de J.-C. 850. ]

décembre de la même année huit cent quarante-neuf. Il est à croire qu'il lui rendit « compte de ce qui s'étoit passé au concile, car Je roi lui demanda son sentiment sur la prèdes mation le libre arbitre et la rédemption de Jesus-Chnst. Loup lui expliqua succinctement ce qu il en avoit appris dans l'Ecriture et dans les pères ; mais voyant que sa doctrine étoit suspecte, il composa sur ces trois questions un traité, que quelques-uns attribuent a un autre Loup, prêtre de Mayence, mais qui paroît plutôt être de l'abbé de Ferriéres Il écrivit aussi une lettre au roi Charles, où 1 traite le même sujet en abrégé; enfin, il fit

quesS (it ^"''"^"' ^'' ^''' '"'* '''''''' A la fin du mois de mars huit cent cinquante , Hincmar écrivit à Kaban tout ce qui s etoil passe jusque-là en FatTaire de Gothescalc, dont il ui envoya la grande confession de foi , avec 1 écrit qu'Hincmar lui-même avoit adresse aux reclus, la leltre de Ratram et Inr^ir^'' n^ Prudence (2). Raban s'excusa sur sa vieillesse et ses infirmités , de répondre a ses écrits et pour faire connoîlre ses sentiments sur la prédestination, il envoya à Hincmar les deux traités qu'il e i avoit écrits à Notmgue et a Lberard. H ne laisse pas de traiter encore assez au long la matière en cette lettre a Hincmar, et l'exhorte à ne plus souffrir que CK)thescaIc écrivit ou parlât à personne, déclarant qu il ne veut pas conseiller qu'on lui donne la communion (3).

U même année, Ratram, moine de Corbie composa deux livres de la prédestination,' pour satisfaire à l'ordre du roi Charles, qui 1 avoit chargé de recueillir les auorités des pères sur ce sujet (4). H y soutint la distinction ues deux prédestinations des élus et des réprouvés, et à la tin prie le roi de ne point publier cet écrit jusqu'à ce que la question ait ete examinée, et que l'on soit convenu de ce quonen doit croire. Le roi donna à Hincmar ces deux livres de llatram et ceux de Loup de rémérés pour les examiner.

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