XII. Articles de Quiercy
Après le concile de Soissons , le roi Charles vint à Quicrcy-sur-Oise, où, avec quelques évéques et quelques abbés, il souscrivit ces quatre articles, composés par Hincmar, contre la doctrine de Gothescalc (1). 1. Dieu, par sa prescience, a choisi de la masse de perdition ceux que par sa grâce il a prédestinés , et auxquels il a prédestiné la vie éternelle. lia laissé les autres par le jugement de sa justice dans celte masse, et a connu par sa prescience qu'ils périroient; mais il ne les a pas prédestinés à périr, quoiqu'il leur ait prédestiné la peine éternelle. Ainsi, nous ne reconnoissons qu'une seule prédestination , qui appartient au don de la grâce ou à la rétribution de la justice. 2. ^ous avons perdu dans le premier homme la libertéque nous avons recouvrée par Jésus-Christ ; ainsi, nous avons le libre arbitre pour le bien , lorsqu'il est prévenu et aidé de la grâce, et nous avons le libre arbitre pour le mal, quand il est abandonné de la grâce. Or, il est libre, parce qu'il est délivré et guéri par la grâce. 3. Dieu tout-puissant veut le salut de tous les hommes sans exception, quoique tous ne soient pas sauvés. C'est par la grâce du sauveur que quelques-uns sont sauvés; et par leur faute que quelques-uns périssent. 4. Comme il n'y a point d homme dont Jésus- Christ n'ait pris la nature, il ny en a point pour lequel il n'ait souffert, quoique tous ne soient pas rachetés par sa passion. Et si tous ne sont pas rachetés , ce n'est pas que le prix ne soit suffisant, c'est qu'il y en a qui ne croient pas de cette foi qui opère par la charité. La médecine, salutaire composée de notre infirmité et de la vertu divine, est de soi capable de proGter à tous , mais elle ne guérit que ceux qui la prennent.