LIVRE QUARANTE-NEUVIÈME
tât (1). D'autres Normands entrèrent dans la Seine à la mi-août de la même année, piUèrent
(1) Aon. Berlin. elFuld.
Ci) AD.Fuld.SûO.Daluz.
poslRpsin. An. Fuld ^ J
\t} Ann. Fuld.
.J*' An. Berlin. 255. Anasl.
^3; An.Berlin.85 Ilincm.
^' P 7ô<»; loni. 8,
Conc p. 24:r Ingulf. p. 860.
Malm. p. 38.
(4) Vill. iMalra. p. H.
Acla SS. Bo. to. 0, p. o J.
Martyr, H. 2jul.
les villes situées desdeux côtés de la rivière, et même au loin les monastères et les villages : puis se retirèrent au lieu nommé la Fosse Givaud, où ils se fortiûérent et y passèrent Ihiver en repos. Toutefois, dès le vingt-huitième de décembre, ils attaquèrent Paris, etbrûlèrent Sainte-Geneviève et toutes les autres églises , excepté Saint-Etienne , c'est-à-dire la cathédrale , Saint Germain-des Près et Saint-Denis, dont ils prirent lahbé Louis (21. On racheta ces églises par une grande somme d'argent. Ceux qui étoient au bas de la Loire pillèrent la Touraine et les environs jusqu'à Blois. Ils attaquèrent Chartres; etl'évéque Frobald, s'enfuyant à pied , voulut passer à nage la rivière d'Eure , et s'y noya.
XXXL Capituiaires de Quiercy.
Le roi Charles le chauve n'a voit presque plus d'autorité. Pépin, son neveu, sorti enfin du monastère de Saint-Médard de Soissons, avoit été reconnu roi en Aquitaine , et, se joignant aux Normands, il pilla Poitiers et plusieurs autres places ; les comtes et Uis autres seigneurs commençoient à vivre en souverains i la France étoit pleine de violences et de pillages. Pour y remédier, Charles assembla à Quiercy les évéques et les seigneurs qui lui étoient encore fidèles, le vingt-cinquième de février huit cent cinquante-sept (3). Là il fut résolu que les évéques dans leurs diocèses, les comtes et les envoyés du prince, chacun dans leur détroit, liendroienl des assemblées, où l'évéque diocésain remontreroit par les autorités de l'Ecriture et des canons , combien c'est un grand péché que de piller et prendre de force le bien d'autrui , et quelle pénitence il mérite. Les commissaires du roi dévoient aussi alléguer les lois et les capituiaires , qui défendoient les mêmes crimes, et menacer ceux qui les commeltoient à l'a renir des peines spirituelles et temporelles. C'est ce qui paroîl par la lettre qui fut écrite au nom du roi et adre^ sée à tous les évéques , les envoyés et les comtes , avec un recueil d'autorités de l'Ecriture et des pères, et un autre recueil des capituiaires de Charkmagne et de Louis le débonnaire. Mais des exhortations et des menaces étoient de foibles moyens pour réduire les seigneurs , qui avoient les armes à la main , aussi n'en voit-on aucun effet , et les désordres allèrent toujours croissant.
On croit avoir un exemple des exhortations que les évéques firent en cette occasion , dans une lettre de Loup de Ferriéres , écrite apparemment au nom de l'archevêque de Sens ;
(1) An. Berlin. 8.50.
(î) Id. 857. Chr. iXorm.
Duch. lom. J, p '-^5.
^3^ Berlin. 850, 857. Capil. lit. 10, 20. -21, 22 ; tO.
8, Couc. i>. 2iô. Capll. Ut.
•ri
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
et plusieurs lettres de cet abbé marquent l'excès de ces désordres (1). 11 conseille à un de ses amis, qui devoit le venir voir, de prendre bien garde à choisir un chemin sûr. Car, ajoute-t-il, dans le royaume de notre roi Charles on exerce impunément des brigandages à la faveur de ces nouveaux mouvements , et rien n'est plus assuré ni plus ordinaire, que les rapines et les violences. Il faut donc chercher une compagnie de voyageurs, dont le nombre et la valeur puissent faire éviter l'insulte des méchants, ou, s'il est besoin, les repousser.