X. Saint Adamnan, abbé
Le roi Alfrid reçut vers ce temps-là saint
rS) c. 48,49.
(2) Sup.
Adamnan, prêtre et abbé de Hy, député de la part de sa nation , c'est-à-dire des Hibernois. Le séjour qu'il fit en Northumbre lui donna occasion d'observer les pratiques de l'église anglicane, et les plus savants l'exhortèrent à s'y conformer , puisque c'étoit celle de Téglise universelle , préférable à l'usage des Hibernois, qui étoient en si petit nombre et réduits à un petit coin du monde (1). Saint Céolfrild abbé de Yiremouth , dont il visita le monastère , fut un de ceux qui entreprirent de le persuader, voyant sa sagesse, son humilité et sa piété. Il lui dit touchant la tonsure cléricale : Mon frère , vous qui prétendez à la cou ronne immortelle, pourquoi en portez-vous une imparfaite à votre tête ? Si vous cherchez la compagniede saint Pierre, pourquoi imitezvous la tonsure de celui qu'il a anathématisé ? Adamnan répondit : Sachez, mon frère, qu'encore que je porte la tonsure de Simon , je ne laisse pas de détester ses erreurs; et, comme il étoit vertueux et instruit des Ecritures , il se rendit, et préféra aux coutumes de son pays ce qu'il apprit en Angleterre.
Il écrivit en trois livres la vie de saint Colomban, premier abbé de Hy, qu'il ne faut pas confondre avec le grand saint Colomban. Il composa de plus une description des lieux saints sur la relation d'un évêque de Gaule, nommé Arculfe , qui avoit fait le voyage de Jérusalem (2). Nous avons l'un et l'autre ouvrage. Dans le second, il décrit une église de la vaUée deJosaphat, où l'on montroitle sépulcre de la Sainte- Vierge; mais, ajoute-t-il, on ne sait en quel temps , par qui , ni comment son corps en a été ôté, ni en quel lieu il attend la résurrection (3). On croyoit donc dès lors que la Sainte-Yierge étoit morte à Jérusalem, comme il le marque ensuite expressément; mais on ne croyoit pas encore qu'elle fût ressuscitée (4). Il dit qu'au lieu où saint Jean vivoit dans le désert, il y avoit des sauterelles dont les pauvres vi voient, les faisant cuire avec de l'huile, et des arbres dont les feuilles larges et longues avoient la couleur du lait et le goût du miel. Il prétend que c'est ce que l'Evangile appelle miel sauvage (5). Arculfe avoit aussi été à Constantinople, où il marque que l'on gardoitla vraie croix , et qu'on la montroit solennellement les trois jours delà semaine sainte. Saint Adamnan donna ce livre au roi Alfrid, qui le renvoya avec de grands présents.
Etant de retour chez lui, il voulut ramener à l'observance de l'église son monastère de Hy, et tous ceux qui en dépendent ; ce qui ne lui fut pas possible. Mais, ayant passé en Irlande, il persuada presque tous les autres par ses exhortations modestes. Ayant célébré la pâque avec eux suivant l'ordre de l'Eglise, il revint
(Ij Bcn.v,Hist.c.l6,Ib. (3) T.4, Act.SS.Ben.p.
c. 22. 502, lib. I, c. 13.
(2) B.v,Hist.c.lO.Sup.l. (4) Lib. n, c. 8, 25. xxxiv,n. 15. (5) MaUh.in,4.Ubiii,o
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HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[ An de J.-C. 705.
An de J.-C. 705. ]