‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 682 sur 2407 · XXVIII. Concile de Metz favorable à Lothaire · texte numérisé non relu

XXVIII. Concile de Metz favorable à Lothaire

Cependant les légats Rodoalde et Jean se rendirent à Metz , et y tinrent le concile de la mi-juin, la même année huit t^ent soixantetrois. Il ne s'y trouva aucun évéque de Germanie ni de Neustrie, c'est-à-dire des royaumes de Louis et de Charles , mais seulement du royaume de Lothaire : ils s'y trouvèrent tous , excepté Hungaire d'Utrecht, retenu par maladie (2). Tout y passa suivant la volonté du roi. Les légats, gagnés par ses libéralités , ne montrèrent point les lettres du pape, et ne suivirent point ses instructions Lothaire leur dit qu'il n'avoit fait qu'exécuter le jugement des évêques de son royaume , assemblés en un concile général, c'est-à-dire au troisième d'Aix-la- Chapelle, tenu l'année précédente (3). Les évêques n'en disconvinrent pas; ils apportèrent quelques raisons apparentes pour justifier leur conduite , et les rédigèrent par écrit dans un libelle qui fut souscrit de tout le concile. Un des évêques ajouta à sa souscription , que cet acte n'auroit lieu que jusqu'à l'examen du pape ; mais Gonthier prit un canif et gratta le parchemin pour effacer ces mots , ne laissant que le nom de l'évêque. Les légats, pour paroître avoir fait quelque chose, conseillèrent au roi d'envoyer à Rome, avec ce libelle , Gonthier de Cologne et Theutgaud de Trêves , qui avoient présidé au concile , pour demander la œnfirmation du pape.

A cette occasion , et après la tenue du concile de Metz , l'évêque Advenlius fit un mémoire pour justifier la conduite du roi Lothaire et la sienne, où il disoit : L'empereur Lothaire avoit résolu de marier son fils Lothaire , encore enfant , à une fille noble, nommée Yaldrade , et lui avoit donné cent familles de serfs en faveur de ce mariage (4). Tant que le père vécut, le jeune Lothaire demeura avec Valdrade , comme avec son épouse légitime , au

(1) Ep. 23. 8Ô3. Nie. Epist. 58.

(2) Nicol. Epist. 41, t. 8, (3) Sup. n. 25. Conc. p. 796, C. An. Fuld. (4) Ap. Bar. an. 62. 863. Metens. 865. Bertin.

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HISTOIRE DU CHRISTIANISME

(An deJ-C. §63.

vu et an su de ses gouverneurs , des prélats et des seigneurs. Mais incontinent après la mort de Tempereùr Lothaire , dans le temps m(^mc du deuil , Hubert amena sa sœur Thietberge au jeune roi, et la lui fit épouser par ses artifices, le menaçant, s'il ne le faisoit, de mettre sa couronne en danger. Lothaire l'épousa donc, mais malgré lui , comme il le témoigna. Ensuite le bruit se répandit de l'inceste commis par Thietberge avec son frère : elle le confessa, fut condamnée et s'enfuit. Le roi Lothaire en informa le pape Nicolas, qui envoya ses légats ; et le concile fut tenu à Melz en présence du roi , qui expliqua ce qui vient d'être dit de son mariage avec Yaldrade , contracté par l'autorité de l'empereur , son père. Puis donc que Ton en parle diversement , je veux déclarer ce que j'en pense , et à quelle intention je m'en suis mêlé. Quand l'empereur donna Valdrade à son fils, je n'élois pas encore évéque, et je n*y fus pas présent. Je n'ai appris non plus que par ouï-dire le second mariage avec Thietberge. Mais, étant évéque, j'ai ainsi jugé de ces mariages : Un empereur très-chrétien a donné à son fils une jeune fille , suivant les règles de la religion, ce n'est donc pas une conjonction illicite ; et ça été un adultère de la quitter pour en épouser une autre Quant à Thietberge, elle a volontairement confessé le crime commis avec son frère , comme l'ont témoigné des personnes dignes de foi. Yoilà ce qui m'a déterminé.

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