‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 703 sur 2407 · XLV. EglloD, archevêque de Sens · texte numérisé non relu

XLV. EglloD, archevêque de Sens

Il n'y avoit pas long-temps qu'Egil ou Egilon etoit archevêque de Sens. Il étoit né en France , et fut dés sa jeunesse moine à Prom sous l'abbé Marcuard , avec qui on croit qu'il avoit passé de Ferriéres. Car l'abbé Loup le nommoit leur commun enfant, et il le reçut avec joie quand il revint à ce monastère félablir sa santé (2). Marcuard étant mort en huit cent cinquante-trois, Egil fut établi abbé de Prom, et deux ans après il donna l'habit monastique à l'empereur Lothaire. Mais, en huit cent soixante, il quitta volontairement le gouvernement de l'abbaye, sous prétexte de son peu de santé : peut-être par le regret d'avoir consenti au divorce du jeune Lothaire (3). Quelque temps après , par la permission de ce roi et de l'archevêque de Trêves, Egil passa dans le royaume de Charles le chauve , qui 1 y appela et lui donna le monastère de Flavigny, au diocèse d'Autun, pour y rétablir l'observance. 11 y transféra d'Alise les reliques de sainte Reine en huit cent soixante-quatre, le vingt-unième de mars.

Vénilon, archevêque de Sens, étant mort au commencement de huit cent soixante-cinq, Fabbé Egil fut élu malgré lui pour lui succéder (4). Mais le pape Nicolas fit difficulté de lui envoyer le pallium , parce qu'il avoit

CD Ap. Baron. 866.

(i) Ann. Berlin. 866.

(3) Sup. liv. XLix, n. 8

(4) Nic.Epigt.l.Conc.SO»-

iç/i^' Act. SS. B.

to.

(3) Ann. Berlin.

^P. (i) Tom. 8,Gonc.p.811, «13. ^ '

au mépris des canons, qui vouloient que l'évêque fût pris dans le clergé de l'église vacante, permettant seulement d'en élire d'une autre église quand il ne s'en trouveroit point de digne dans celle-ci. Toutefois, en considération du mérite personnel d'Egil, le pape lui accorda le pallium sans tirer à conséquence et à la charge que les canons ^Toient observés à l'avenir. Le pape en écrivit aussi au roi Charles, le priant de tenir la main au retranchement de cet abus , qui devenoit commun en France (5). Dans la lettre à Egil, le pape lui recommanda de conserver dans l'épiscopat les pratiques de la vie monastique qu'il avoit embrassée. En efl'et, il étoit ordinaire en ce temps-là que les évéques tirés des monastères en gardoient l'observance pour l'habit et la

^.{^^^J'^^- Ann. Bert. (3) Sup. I.xux, n.2,27.

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