Regino. an. 853. bill. Prat, , t. 7, .n
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HISTOIRE DU CHRISTIANISME
nourriture, comme il paroît par plusieurs exemples, entre autres de l'archevêque Hincmar.
XL VI. Troisième concile de Soissons.
Le concile de Soissons étant assemblé, Hincmar y présenta quatre mémoires ou libelles , dont le premier portoit en substance : Vulfade et ces autres clercs de l'église de Reims n'ont pas été déposés par les seuls évoques de la province de Reims , mais par un concile de cinq provinces, auquel ils avoient appelé (1). Pour moi, je n'ai pas même été de leurs juges, on le peut voir par les actes où je n'ai point souscrit. Je les ai seulement envoyés par les ordres des évéques au saint-siége, où ils ont été conGrmés par le pape Benoit et par le pape Nicolas , sous peine d'anathème , comme vous le pouvez voir par leurs lettres , dont les souscriptions et les sceaux sont en leur entier. Maintenant, puisque le pape Nicolas vous ordonne déjuger cette affaire de nouveau, j'obéis comme je dois, et je consens à tout ce que vous en ordonnerez pour conserver l'unité. Je n'envie point le bonheur de ces clercs , je souhaite leur rétablissement, puisque personne n'a plus perdu que moi à leur déposition. ]\Iais ma conscience ne me permet pas de casser seul le jugement des évéques de cinq provinces. Et comme le pape vous a écrit de ne toucher à ce jugement qu'en cas qu'il se trouve contraire aux canons , je demande qu'on me montre en quoi il leur est contraire , et comment nous pouvons déroger aux lettres des papi^s , nonobstant les décrets de leurs prédécesseurs, qui portent que ce qui a été une fois réglé doit demeurer inviolable.
Le second mémoire est touchant la personne d'Ebbon (2), pour répondre à Yulfade, qui disoit secrètement , tantôt qu'Ebbon n'avoit pas été déposé, tantôt qu'il avoit été rétabli. Il a été déposé , dit Hincmar, sur sa propre confession , par le jugement de quarante-lrois évéques, comme font voir le libelle qu'il présenta et le décret du concile (3). Ensuite il reprit les fonctions épiscopales sans aucune restitution canonique. Et enfin , venant à Rome sous le pape Sergius , il fut condamné à se contenter de la communion laïque, comme on voit par l'histoire de ce pape. Depuis sa déposition, pendant que l'église de Reims est demeurée vacante , et pendant près de dix-sept ans qu'il a vécu , il n'a ni demandé ni obtenu sa restitution; autrement que l'on en montre les actes. Car, ayant été canoniquement déposé par les évoques , il n'a pu être rétabli par aucune puissance séculière. Il y a plus de trente ans depuis le jour de sa condamnation , qui
[ An de i.^. 8oo.
fut le quatrième de mars huit cent trente-cinq, et ce temps , suivant les lois séculières approuvées par 1 église, suffit pour exclure toute poursuite. Mais, dit-on, jusqu'à la fin de sa vie il a exercé les fonctions épiscopales. C'est une usurpation qui ne doit point être tirée à conséquence, non plus que plusieurs autres semblables. Hincmar montre ensuite la régularité de son ordination au concile de Beau vais en huit cent quarante-cinq (1).
Après la lecture de ce second mémoire , il rapporta les pièces justificatives de tout ce qu'il avoit avancé (2). Hincmar de Laon, son neveu , représenta les actes du concile de Sois sons de huit cent cinquante-trois , Raginelme de Tournay, ceux d'un concile de Bourges, ou l'archevêque Rodolphe avoit présidé,etoù Ion prouva , par ceux qui avoient assisté au concile de Soissons, qu'Ebbon avoit été déposé canoniquement ; Ercanra de Chàlons montra les lettres du pape Benoît, etOdon de Beauvais celles du pape Nicolas (3).
On lut ensuite le troisième mémoire de l'archevêque Hincmar, où il montroit que par indulgence et par l'autorité du pape on pouvoit recevoir les clercs qu'Ebbon avoit ordonnés, et même les promouvoir aux ordres supérieurs, sans conséquence pour l'avenir, déclarant quil y consentoit de sa part. Il avoit dressé un quatrième mémoire contre Vulfade en particulier, où il disoit (4) : Après avoir été dépose avec les autres , sans avoir la permission de l'église de Reims , dans laquelle il a été baptisé, tonsuré, et fait plusieurs années la fonction de lecteur, il a voulu se faire ordonner évêque de l'église de Langres, qui étoil vacante, sous prétexte qu'il y étoit appelé, d en a tourné les revenus à son usage, par ou il a mérité, selon les canons, d'être exclu de toute espérance de restitution. De plus, il a promis avec serment , par la sainte trinité, de ne plus aspirer à aucune fonction ecclésiastique , ni rien faire qui put troubler la paix de l'Eglise. Nous en avons l'acte fait en présence du roi , de Pardule, évêque de Laon, Gonibert d'Evreux et Enée de Paris; Hincmar protestoit qu'il ne disoit point ces faits pour nuire à Vullade , mais seulement pour mformer le concile de la vérité. Toutefois, on en fut tellement scandalisé, que la lecture n'en fut pas achevée dans le concile. ^
Les évéques suivirent l'expédient propose par Hincmar, dans son troisième mémoire, pour recevoir Yulfade et les autres clercs deposés. Car ils ne vouloient pas choquer le pape, et ne pouvoienl refuser au roi la renabilitation de Yulfade pour le mettre dans e siège de lîourges (5). C'est pourquoi Herara , archevêque de Tours , déclara au nom du con
. (1) Hinc. Opusc. 18, to.
(a) Conc. p. 820. Opusc.