‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 710 sur 2407 · L. Réponse aux consultations des Bulgares · texte numérisé non relu

L. Réponse aux consultations des Bulgares

^jj^OSup.n.ii.NirEpist.

jôS.Posl.Theoph.I. ,v,n.

TomrUI.

(3) Ann. Borfin. 800.

(i) Cang Fanji!. p. lo.

(5) Ail. Berl. 800. Me-

tcns. 808.

Vous nous avez rapporté, dit-il , que vous avez fait baptiser tout votre peuple, mais qu'ensuite ils se sont élevés contre vous avec fureur, disant que vous ne leur aviez pas donné une bonne loi , voulant mémo vous tuer et se donner à un autre maître. Que^ les ayant tous vaincus avec l'aide de Dieu , vous avez fait

(1) An. Fuld. 807. Ajm.

Ben.

(2) Ep. 70, p. i70, D.

Anast. in Nir.Torn.8,Conc p. 510, ç. 39.

HISTOIRE DL CH RISTl AiMSME

mourir tous les grands avec leurs enfants , et vous demandez si en cela vous avez péché. Oui, sans doute, à l'égard des enfants innocents, qui n'avoient point pris les armes contre vous ni participé à la révolte de leurs pères. Vous deviez même sauver la vie aux pères que vous aviez pris, et à tous ceux que vous pouviez épargner dans le combat. Mais parce que vous lavez fait par le zèle de religion , et plus par ignorance que par malice , vous en obtiendrez le pardon en faisant pénitence. Et si ce peuple qui s'est révolté contre vous la veut faire, il faut l'y recevoir au jugement de l'évêque ou du prêtre , autrement ce seroit agir comme les hérétiques novaliens. Ceux qui renoncent à la religion chrétienne, après l'avoir embrassée, d )ivent premièrement être exhortes par leurs parrains , qui ont répondu pour eux au baptême. S'ils ne les peuvent ramener, il faut les dénoncer à l'Eglise, et, s'ils ne se rendent pas

[An deJ.-C. 8^6.

à ses exhortations, ils seront regardés comme des païens , et réprimés par la puissance séculière. Car le roi ne doit pas moins châtier ceux qui sont intidèles à Dieu que ceux qui lui liianquent de fidélité à lui-même. Quant à ceux qui demeurent dans l'idolâtrie, n'usez d aucune violence pour les convertir, contentez-vous de les exhorter, et de leur montrer par raison la vanité des idoles. S'ils ne vous écoutent pas , ne mangez point avec eux et n'ayez aucune communication , mais éloignezles de vous comme des étrangers et des gens immondes. Peut-être cette confusion les excitera à se convertir (1).

Un Grec, qui se disoit prêtre , avoit baptisé plusieurs personnes chez vous ; ayant découvert quil ne l'étoit pas, vous l'avez condamné à avoir le nez et les oreilles coupés, être fouetté rudement et chassé de votre pays. Votre zèle n'a pas été selon la science. Cet homme n'a fait que du bien en prêchant Jé^us-Christ et donnant le baptême ; et s'il l'a donné au nom de la sainte trinité, ceux qu il a baptisés sont bien baptisés. Carie baptême ne dépend point de la vertu du ministre. Vous avez donc péché en le traitant si cruellement, quoiqu'il fut blâmable de se dire ce qu'il n'étoit pas, il suffîsoit de le chasser sans le mutiler. Les jours solennels du baptême sont seulement Pâques et la Pentecôte; mais pour vous il n'y a point de temps à observer, non plus que ceux qui sont en péril de mort. Au reste, le jour du baptême ni les suivants, il n'y a aucune abstinence particuliéreà garder. 11 est remarquable que la conversion d'une nation nouvelle parut une cause de dispenser des jours solennels du baptême (2).

Vous dites que les Grecs ne vous permettent pas de recevoir la communion sans avoir des ceintures, et qu'ils vous font un crime de prier dans l'église sans avoir les bras croisés contre k poitrine. Ces pratiques s^)nt indifférentes , pourvu qu'on ne refuse pas avec opiniâtreté

de se conformer aux autres. On voit , par plusieurs articles semblables , que les Grecs qui les avoieut instruits les premiers avoient voulu les assujettir à toutes les observances , sans distinguer celles qui étoient importantes à la religion. Le pape continue : 11 est bon de prier pour demander de la pluie , mais il est plus convenable que les évêques règlent ces sortes de prières (1). Les laïques mêmes doivent prier tous les jours à certaines heures , puisqu il est ordonné à tous de prier sans relâche (2) : et on peut prier en tout lieu. Il laut fêter le dimanche, mais non pas le samtHli. Outre le dimanche, vous devez vous abstenir du travail les fêtes de la Sainte-Vierge, des douze apôtres, des évangélistes , de saint Jean-Haptiste, de saint Etienne, premier niartyr, et des saints dont la mémoire est célèbre chez vous. ]\i ces jours-là ni pendant le carême on ne doit point rendre justice publiquement. On doit s'abstenir de chair tous les jours de jeûne, qui sont le carême avant Pâques, le jeûne d après la Pentecôte , celui d'avant l'Assomption de la Sainte-Vierge, et celui d'avant Noi'l (3). Tous CCS jeûnes étoient de quarante jours, au moins les trois d'avant Noiil , d'avant Pâques et d'à près la Pentecôte, comme portent expressément les capitulaires de nos rois ; mais les autres n'étoient pas de la même obligation que; notre carême. Le pape ajoute : H faut aussi jeûner tous les vendredis et toutes les veilles de grandes fêtes ; mais nous ne vous oblig(X)ns pas à toute rigueur dans ces commencements. Pour le mecredi, vous pouvez maîi;r(T de la chair, et il n'est pas nécessaire de s'abstenir du bain ce jour-là, ni même le vendredi , coiuuic disent les Grecs (4).

Vous pouvez communier tous les jours eu carême comme en un autre temps. Mais pendaiil ce saint temps on ne doit point aller à la chasse, ni jouer , ni s'entretenir de bouffonneries ou de vains discours. Il ne faut faire en ce temps ni festins ni noces, elles mariés doivent viyro en continence (5). IMais nous laissons à la discrétion du prêtre et de l'évtkiue la i)énitenc(' de celui qui en carême aura habite avec sii femme. On peut faire la guerre en carême s'il est absolument nécessiiire pour sedeUMidn;. Il est permis de manger de toutes sortes d animaux, sans s'arrêter aux distinctions de 1 ancienne loi, que nous prenons dans un sens spirituel. Il est permis aux laïques , au delaui des clercs, de bénir la table avec le signe de la croix. La coutume de l'Eglise est de ne puni manger avant l'heure de tierce , c'est-a-dir neuf heures du matin. Un chrétien ne (U» i point manger de la chasse d'un païen pour m pas communiquer avec lui (6).

L'usage de l'église romaine, touchant

pas avec opiniâtreté

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