‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 712 sur 2407 · LIVRE CINQUANTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUANTIÈME

H. Suite de la réponse anx Bulgares.

Quant a la punition des crimes, le pape renvoie les liulgares aux lois romaines , que lévtkiue leur p<^rtœ toutefois, il ne veut pas qu 11 laisse ces livres chez eux de peur qu'ils n en abusent Car, comme ils lui avoient demande des lois pour les choses temporelles, «I repond : JNous vous aurions volontiers envoyé Ic^s livres que nous aurions crus nécessaires, SI nous savions que vous eussiez quelqu un capable de vous les expliquer. Aussi ne avoient-ils pas seulement consulté sur la religion mais sur plusieurs pratiques inditïéremes de leurs mœurs : comme si le roi pouvoit manger seul , quelle dot ils pouvoient donncTaleurs femmes , et si elles pouvoient por er de^ caleçons : telle éloit leur simplicité. Ils 1 avoient aussi consulté sur plusieurs supersiiiions, que le pape condamne : comme < observer des jours hi^ureux ou malheureux ues au-ures, des enchantements, de guérir des maladies par certaine pierre ou certaine li- ^alure. Il y enavoii que les Grecs leur avoient •nspirees, comme de deviner par louverture a un livre : ce qui semble revenir au sort des ^mts. A la place de leurs anciennes superstil'ons, pour la guerre, le pai)e leur conseille ae s y préparer en fréquentant les églises assistant a la messe, faisant des offrandes,' des durnones et des œuvres de charité de toutes ^►ries, se confessant et communiant ; et de ne pas omettre leurs prières pendant la guerre |J«nls ont le plus besoin du secours de Dieu' ^ leur donne la croix pour enseigne militaire, au lieu d une queue de cheval qu'ils portoient omme font encore les Turcs: il recommande

L^a'^'' Î!^"' '**' ^''^'^^^ ^^ P^*^ ; mais il dé- ;^ la d en laire avec les intidèles , si ce n'est

î) on rî'/'?î' "^^ *^' ^^^*'*^'' ^" ^»'te du vrai aùluM J'r^''^"^'!"'^'" jurent sur l'Evangile lun ê lo'r* ^^7^ sur laquelle ils avoient accou- ^ume de faire leurs serments.

Vous demandez, ajoute-l-il , si Ton peut or-

donner chez vous un patriarche? Sur auoi nous ne pouvons rien décider jusqu'au retour de nos légats, qui nous rapporteront quelle ^st chez vous la quantité et l'union des chrétiens Nous vous donnerons raainlenant un évêaup a qui , lorsque le peuple chrétien seraluffi mente, nous donnerons les privilèges d'arche vêque. Alors il établira des évêques qui auront recours a lui pour les plus grandes affaires e après sa mort ils lui donneront un successeur qu Ils consacreront , sans qu'ils soient obligés de j^nir ici a cause de la longueur du chemin Mais 11 ne pourra consacrer que le corps de

Jesus-Christ,jusqu'à ce qu'il reçoivedus^int! siège lepaHium, comme font tous les arche, vêques de Gaule , de G<>rmanie et des autres pays. Les vrais patriarches sont ceux qui ffou vernent les églises établies par les apôlro"' c est-a-d,re celles de Home , d'Alexandr e et d Antioche. L'évêque de Consfantinople et celui de Jérusalem en ont le nom, mais non pas la même autorité (1 ). Car l'église'de ConSn^ plen'a paseléfondée par unautre apôtre ét^ concile de Nicée n'en fait point meiîUonVma s pan e que Constantinople a été nommée la non! velle Rome, son é vêque a été nommé patriarche parla faveur des princes plutôt que par raison (2). L'évêque de Jérusalem porte aussi t nom de patriarche, et doit êtrc^ hinoré, suivam une ancienne coutume autorisée par le concile de Nicee, qm toutefois réserve la di|?niléde sm métropolitain , et ne le nomme qSue (V Au reste, le second patriarche, après celui de Home, est celui d'Alexandrie! On voit bien que le pape ne fait ces distinctions que pour diminuer dans l'esprit des Bulgares LautS du patriarche de Constantinople. Il continue

Les évêques que nous vous enverrons vous porteront les régies de pénitence que voî^ demandez : les séculiers ne doivent pas les avoir, et nous en disons autant du livre de if messe, c'est-à-dire du sacramentaire ou missel; les canons pénitentiaux et la formule des sacrements étoient donc encore un secret entre les prêtres. Le pape continue : Vous ne devez point juger des prêtres ou des clerrs vous autres laïques, ni examiner leur vie' vous devez tout laisser au jugement des évZ ques. Les criminels qui se réfugient dans 1p« églises n'en doivent point être^ tirés contre leur gre, mais il faut leur sauver la vie et p^ soumettre à la pénitence, au jugement 'de l'é vêque ou du prêtre (4). ^ ^ ^"

Vous dites qu'il est venu chez vous des chrétiens de divers pays, Grecs, Arméniens et autres qu. parlent différemment selon leu^ divers sentiments; et vous devez savoir qud est le pur christianisme. La foi de l'éffli^ romaine a toujours été sans tache; nous vous envoyons nos légats et nos écrits pour vous

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^^'èX'M:^ at'a^a^W^»'^^'

(2) Coiic. JVic. Can. G.

Sup. hv. xî, n. 20.

(3) Nie. Can. 7 93

en instruire, et nous ne cesserons point de vous cultiver comme de nouvelles plantes : mais au reste, pourvu qu'on vous enseij?ne la vérité, il ne nous importe de qui elle vienne. Telle est la réponse du pape Nicolas aux consultations des Bulgares, qui tend en général a adoucir leurs mœurs farouches, et leur inspi-

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

AiideJ-C.SAô.

de Dieu. Ceux qui ont été une fois frappés par le saint-siége sont demeurés notés à jamais , quoiqu'ils aient eu pour un temps la protection des princes. Ainsi, Simon le magicien fut abattu par saint Pierre. Ainsi l'opinion du pape Victor, touchant le pape, a prévalu sur celle

des évéauos d' \sie : Acace de Constantmople adoucir leurs mœurs laiouuiiL», n i^m .t.^pi ut» c>c4u.:» u Anihiim»

rer l'humanité et la charité chn tienne. Sans ! a ete condamne par le pape ^^^'^ ' ^^^^^ ce motif on auroit peine à approuv3r certaines | par le pape Agapit maigre la résistance des décisions, qui semblent affoiblir l'exercice de 1 princes (1). Et ensuite :

Aodo J.-C. 800.

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