‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 713 sur 2407 · LIVRE CINQUANTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUANTIEME

la justice et de la puissance publique, comme quand il leur défend de mettre personne à la question, et veut que Ton pardonne aux calomniateurs et aux empoisonneurs; à ceux qui ne sont pas armés, ou montés comme ils doivent pour le service de guerre, et à plusieurs autres coupables. Mais on Irouve dans ces réponses des ciens usages de cipline qui y étoit

Nous reçûmes l'année dernière une lettre portant voire nom, remplie de tant d'injures et de blasphèmes, que celui qui l'a écrite semble avoir trempé sa plume dans la gorge du serpent. Nous ne pouvons dissimuler un tel mépris de notre dignité; c'est pourquoi nous vous exhortons à faire brûler publiqae-

s Dreuves nrécieuses des anl I ment cette infâme lettre, pour vous purger de VS^roEeT^^^ dis- la honte de l'avoir -"--"^tu^S^nV M encore en vigueur (1). sachez q«enpein concile de^^^m^^^^

LU. Lettre du pape pour Constantinopîe.

Avec les légats pour la Bulgarie, le pape en destina trois pour Constantinopîe, savoir : Donat, évèque d Ostie, Léon, prêtre du^itre de Saint-Laurent, et Marin, diacre de l'église romaine, et il les chargea de huit lettres, toutes de mémo date, c'est-à-dire du treizième de novembre huit cent soixante-six. Dans la première, qui est adressée à l'empereur Michel , le pape se plaint qu'on a falsifié la lettre qu'il avoit envoyée par ses premiers légats Rodoalde et Zacharie, qu'on ne l'a point lue dans la première action du concile de Constantinopîe, quoique l'usage fût de lire publiquement dans les conciles les lettres des papes , comme on fit à Ephèse et à Chalcédoine (2). Il entre ensuite dans le détail des passages altérés, et c'é toient ceux qui regardoient l'autorité du saintsiège, l'expulsion d Ignace et l'intrusion de Pholius.

Il proteste qu il reconnoîtra toujours Ignace pour patriarche légitime, jusqu'à ce qu il ait été jugé coupable par le saint-siège, et qu'il ne communiquera jamais avec Photius qu'il ne se désiste de son usurpation. Il appuie sur la nullité de son ordination faite par Grégoire de Syracuse déposé; puis il ajoute, parlant à l'empereur 3) : Vous dites que sans notre consentement Photius ne laissera pas de garder son siège et la communion de l'Eglise, et que nous ne rendrons pas meilleure la condition d'Ignace. Nous croyons, au contraire, que l'Eglise n'oubliera pas les canons de Nicée, qui défendent aux uns de recevoir ceux qui ont été excommuniés par les autres. Nous croyons qu'un membre séparé ne subsistera pas long-temps, et que les autres suivront entin leur chef. Le saint-siège a fait ce qu'il a dû, l'effet dépend

nous anathèmatiserons les auteurs de cello lettre. Ensuite nous la ferons attacher a un poteau, sous lequel on allumera un grand feu pour la brûler à votre honte, aux yeux do toutes les nations qui viennent au tombeau do saint Pierre. 11 faut croire que le pape savoit que l'empereur Michel, tout impie et emporte qu'il étoit, seroit touché de celte menace.

Il écrivit en même temps aux èvéques soumis au siège de Constantinopîe et au clergé do cette égl ise une grande lettre, qui contient le récit de toute l'affaire, et les six articles du décret du concile de Home contre Photius {2). Il parle ainsi contre la promotion des laïques a l'episcopat : L'impiété a tellement levé la télo, qu au mépris des canons les laïques gouvernent maintenant l'Eglise, et à leur fantaisie ôtent les prélats, en mettent d'autres à l<'ur place, et les chassent peu de temps après. Car, voulant commettreimpunèmenttoutessorles do

crimes, ils ne permettent pas de prendre les èvèquesentrelesclercs,quilesreprendroienthardi

ment, étant nourris dans la discipline de l' Eglise. Mais ils leschoisissent entre eux, afin qu'ils os

épargnent , leur étant redevables de leur elevatifm. D'où il arrive qu'un étranger recueille le fruit qui étoit dû aux travaux des ecclésiastiques, et qu'il ne leur sert de rien d avoir passé par tous les degrés du ministère, et employé leur vie au service de Dieu, puisqu un autre vient de dehors se mettre d'abord a leur tète. Il cite contre cet abus le treizième canon

de Sardique (3). ^ . , ^u ♦•.«

Le pape Nicolas écrivit aussi a Photius, comme s'il eût été homme à être touche pai des paroles, et au césar Hardas, quoique moii plus de six mois auparavant. Ce qui monin combien peu de commerce il y avoit de Konn à Constantinopîe. Il écrivit aussi a Ignact,

(2) Anast. in N. p. 205.

Aie. Epist. G, p. 330, D.

Sup. i'2.

Cl) Sup. liv 1, V. n. U. (2> Enist. 10. Sup. n. 20,

Eus. V. llist. c. 2i. Sup. I. p. 369, C. ^

x\x, n. 10 : 1. .xxxii, n. 54, (3j Sup. liY. Ml, n. p. 2i0.

pour le consoler et l'instruire de ce qu'il avoit fait pour lui; aux deux impératrices, Théodora, mère de l'empereur ÎNlichel, et Eudoxia, son épouse. H n'écrivit à la mère que pour la louer et la consoler, sachant bien qu'elle n'avoit plus de crédit; mais il exhorte Ludoxia à prendre courageusement le parti d'Ignace. Enlin, il écrivit une lettre commune pour ceux du sénat de Constantinopîe, que l'on trouveroit le mieux disposes à soutenir Ignace, et à s'éloigner de la communion de Pholius. L'impératrice Théodora mourut, comme l'on croit, l'année suivante, huit cent soixante-sept, l'onzième de février, jour auquel elle est honorée comme sainte par l'église grecque (1).

Outre < es huit le tires pour Constantinopîe le paf>e en écrivit une générale à tous les patriarihes, métropolitains, èvéques, et généralement à tous les (idèles unis au saint-siège. C'est la même, presque mol pour mot, que celle qui est adressée à l'église de Constantinopîe ; mais elle est partagée en trois. Après la première partie, sont premièrement les deux let- Ires du vingKinq septembre huit cent soixante Tune à l'empereur, I autre à Pholius, envoyées par Kodoalde et Zacharie ; en second lieu , la lellre à tous les fidèles du dix-huit mars huit cent soixante-deux ; troisièmement , les deux lettres envoyées par le secrétaire Léon , l'une à l'empereur, l'aulreà Pholius. Après cescopies, la lettre aux Orientaux continue , et contient le décret du concile de Rome , tenu en huit cent soixantt^-lrois; suit la lettre envoyée à l'empereur par Michel , protospataire, à la fin de laquelle est la h'ttre aux Orientaux (2), et enfin la copie d{»s huit lettres qui viennent d'être mar

quèes,dontèloient chargés les troislégals Donat, Léon et Marin ; et il est à croire qu'ils étoient aussi porteurs de cette lettre aux Orientaux.

LUI. Légals du pape en Bulgarie.

Ces trois légats, étant arrivés en Bulgarie avec les deux destinés pour ce pays, furent très-bien reçus par le roi , et les deux derniers commencèrent à y prêcher l'Evangile r3).Mais les trois desinés pour Constanlinople, s'élant mis en chemin , furent arrêtés par un officier, nommé Théodore, qui gardoil celle frontière de l'empire. H les traita indignement, et, frappant la lêle des chevaux sur lesquels ils etoieiil montés, il leur dit; L'empereur n'a que faire de vous. L'empereur lui-même dit •)ux ambassadeus du roi des l^ulgares, qui ctoient près de lui : Si les légats du pape n'éloient venus par la Bulgarie, ils n'auroient vu «e leur vie ni moi ni Home. Après avoir attendu quarante jours , comme ils virent qu'ils «loient ainsi traites par ordre de l'empereur;

,^' *»• 1^0»- llfebr.to. i, 235, E (8) Epist. 1,2, 3. Sup. 165, D.

ils furent contraints de retourner sur leurs pas, et d'aller à Rome porter ces nouvelles. En Bulgarie , les deux èvéques Paul et Formosc convertirent et baptisèrent quantité de peuple, et le roi Michel fut si content d'eux qu'il chassa de son royaume tous les missionnaires des autres nations , voulant que les Romains y préchassent seuls. 11 envoya à Rome une seconde ambassade demander au pape, pour l'évêque Formose, la qualité d'anhevéque de Bulgarie , et des prêtres pour continuer d'instruire la nation. Le pape, ravi de ce bon succès , examina plusieurs prêtres , et envoya à cette mission ceux qu'il en trouva dignes , avec deux évêques, Dominique de Trivente, près de Bénévent, etGrimoald de Polymarte en Toscane. Ils avoienl ordre de choisir entre ces prêtres celui qui seroit digne d'être archevêque, et de l'envoyer à Rome pour être consacré par le pape , afin de ne pas ôter Formose à son peuple. Les deux évêques Paul et Grimoald dévoient demeurer en Bulgarie pour l'élablissement de cette nouvelle église; mais Formose et Dominique dévoient encore tenter de passer à Constantinopîe pour y terminer le schisme,

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