LIVRE CIN.QUANTIEME
tard, évéqoe de Nantes, arrivèrent à Rome, et le pape Nicolas ayant reçu la lettre synodale du concile de Soissons , et les autres touchant l'affaire de Yulfade (1), y Ot réponse par quatre lettres du sixième de décembre, indiction quinzième, qui est l'an huit cent soixantesix. La première est adressée aux èvéques du concile de Soissons , où il dit, qu'ayant trouvé les actes du concile où YuHade et les autres avoient été déposés, c'est-à-dire du concile de Soissons en huit cent cinquante-trois, il y a remarqué plusieurs faussetés et plusieurs nullités, dont il accuse Hincmar (2). lise plaint ensuite qu'on ne lui a pas envoyé une relation exacte de tout ce qui s'étoit passé dansl'affaired'Ebbon et des autres clercs dont il s'agit, et ajoute : Jusqu'à ce que nous ayons reçu ces instructions, nous différerons leur entière restitution. Cependant vous devez les rétablir par provision , afin qu'ils soient mieux en état de se défendre (3). Car nous donnons un an de terme à Hincmar pour montrer la régularité de leur déposition, à faute de quoi nous les déclarons justement rétablis. Au reste, en recevant l'appellation des clercs , nous n'avons point permis de les promouvoir à un ordre plus élevé; et vous, tandis que vous prétendez nous réserver la décision de l'affaire , en voilà un que vous avez fait évéque , quoique nous l'eussions refusé au roi Charles , attendant la résolution de votre concile.
La seconde lettre est à Hincmar , et contient les mêmes plaintes et en mêmes paroles (4). Ensuite le pape répond à la lettre qu'Hincmar lui avoit envoyée par Egilon , et dit : Vous souhaitez, dites-vous, le rétablissement de ces clercs , et qu'avez-vous poursuivi par vos lettres et vos députés auprès de mes prédécesseurs, sinon que leur déposition fût conlirmée sans espérance de rétablissement? Au contraire, qu'avez-vous fait pour eux? Aous devriez avoir honte d'user de ces finesses en écrivant au saint -siège. J'ai sujet de douter que celte lettre soit de vous , puisque vous n'avez point envoyé de député pour l'apporter, etqu elle n'est pas même scellée de votre sceau. La troisième lettre est au roi Charles , et la quatrième à Vulfade et à ses compagnons , où le pape les exhorte à n'avoir point de ressentiment de l'injure qu'on leur a faite (5).
Dans le même mois de décembre huit cent soixante-six, le pape, apparemment sur la plainte des èvéques françois, écrivit aux nobles d'Aquitaine , pour les exhorter , sous peine d'excommunication , à rendre les biens ecclésiastiques qu'ils avoient usurpés (6).