XVIII. Saint Vilfrld rétabli
De ce temps, plusieurs Ani^lois de tout sexe et de toute condition venoient à Rome par dévotion , même des nobles , des ducs et des rois. L un d'eux fut Cr^ënred , roi des Merciens qui avoit travaillé au rétablissement de samt A illrid (I). Ce saint évêque, à son retour de Rome, étant arrivé dans le pavs dt; Kent envoya des députés à l'archevêque Rritualde' qui promit d'adoucir le jugement prononcé contrelui au concile deJNeslerfeld. Car il avoit reçu des lettres de ses députés à Rome, et, touche de 1 autorité du pape , il se réconcilia sincèrement avec saint Vilfrid (2). Ce saint alla troiiver Elhelred , son ancien ami , qui, après avoir règne trente-un ans sur les iMcrciens s etoit fait moine en sept cent quatre, dans le monastère de Rardeney, dont il fut depuis ï-?r^* , , .^ embrassèrent avec larmes , saint Villrid lui montra la sentence du pape, et Ethelred, l'ayant lue, promit de l'appuyer de tout son crédit. Il pria aussitôt le roi Coënred son successeur, de le venir trouver , et lui lit jurer d'obeir aux décrets du saint- siège. Ensuite, par le conseil d'Elhelred, saint Vilfrid envoya un prêtre et un abbé à Alfrid , roi de Norihumbre, pour le prier de trouver bon qu'il lui présentât les lettres du pape ; mais le roi repondit que, tant qu'il vivroit,il ne changeroil point ce qui avoit été ordonné par les évêques de presque toute la Rretagne (3). Il tomba malade peu de temps après, et, croyant que c'ètoit une punition de sa désobéissance au samt-siége, il recommanda à son successeur de fiure la paix avec l'évéque Vilfrid.
Alfrid mourut l'an sept c(»nt cinq (4), et son successeur Eadulfe , loin défaire justice à saint Vilfrid , lui ordonna de sortir dans six joursde son royaume, menaçant de faire mourir tous ceux qu'il Irouveroitde ses compagnons. Mais au bout de deux mois, il fut chassé lui-même' et le fils d'Alfrid , encore enfant , régna à sa place. La première année de son règne Berthuald, archevêque de Cantorbéry, vint en Northumbre avec tous ses évêques et ses abbés, et les premiers du royaume (5). On tint un concile près la rivière de Nid, le jeune roi Osred y assista avec ses seigneurs , les trois évêques de son royaume, les abbés, et Elflede, abbesse de Slrenshal, dont on estimoit fort les conseils, saint Vilfrid ètoit présent. Quand le roi, les évêques et les seigneurs furent assis, l'archevêque Britualde dit : Prions Dieu, que par son Saint-Esprit il mette la paix dans nos cœurs. Nous avons, l'évéque Vilfrid et moi , des lettres du saint siège qui doi-
(Ij Paul diac. iv, Uist c.
(2) Edd. Vita c. 5i. Sup. (5) a "a^!"' n. 0«