Tome ÏÏI
vent être lues en votre présence. Après au Viles eurent été lues, Bertefrid, le plus considérable entre les seigneurs de Northumbre , en demanda l'interprétation pour lui et pour les autres qui n'entendoient pas le latin ; l'archevêque leur en dit la substance, savoir, que le pape ordonnoit aux évêques anglois de se réconcilier avec Vilfrid , et lui rendre ses églises ou d aller tous ensemble à Rome pour y être juges (1). Les évêques opposés dirent qu'ils s en tenoient à ce qu'avoit ordonné l'archevêque Théodore et le roi Ecfrid , et ce qu'ils avoient réglé eux-mêmes avec le roi Alfrid au concile de Nesterfeld ; l'abbesse Elfléde rendit lenioignage de la dernière volonté du roi Al- Irid pour le rétablissement du saint évêque Alors Bertefrid dit au nom du jeune roi • La volonté du roi et des seigneurs est que nous obéissions en tout aux ordres du saint-siège et du roi Alfrid ; car, quand nousétionsassiéffésà Bebambourg et réduits à l'extrémité , nous fîmes vœu d'exécuter cet ordre du pape si l)ieu accordoit à notre jeune prince le rovaume de son père. Aussitôt les cœurs des ennemis lurent changés, ils traitèrent avec nous et nous fûmes délivrés. Après ce discours ,' les évêques consultèrent entre eux, et la conclusion du concile fut que tous les évêques , le roi et les seigneurs feroient de bonne foi la naix avec l'évéque Vilfrid, et lui rendroient ses deux monastères deRipon et d'HaguIstad avec l(.us leurs revenus. Ils s'embrassèrent tous communièrent ensemble; et, après avoir rendu grâce à Dieu, ils se retirèrent chacun chez eux.
XÏX. Mort de saint ViltVid.
Quelque temps après, saint Vilfrid tomba malade a Hagulstad , comme il l'avoit été à Meaux , et encore plus violemment. Tous les abbes et les anachorètes du pays y accoururent, et se mirent en prières avec les moines du lieu , et demandèrent à Dieu de lui rendre la connoissance et la parole, afin qu'il pût donner ordre à ses maisons et partager ses biens; ils furent exaucés, le saint évêque revinten santé, et vécutencore un an et demifâ) Peu de temps avant sa mort , étant à Ripon eri présence de deux abbés et huit moines de ses plus confidents , il fit ouvrir son trésor par celui quiengardoit lesclefs,et tirer devant eux tout ce qu il y avoit d'or, d'argent et de pierreries et en fit quatre parts. La première, pour les églises de Sainte-Marie et de Sainti aul de Rome , la seconde pour les pauvres, la troisième pour les prévôts de ses deux monastères de Ripon et d'HaguIstad , afin qu'ils eussent de quoi faire des présents aux rois et aux évêques, la quatrième , pour être partagée a ceux qui l'a voient suivi dans ses voyages Ensuite, il établit le prêtre Tatbert, son parent '
'Il
(t) Slip. n. 9.
"■iMMHi