‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 757 sur 2407 · XXIX. Deuxième session. Pénitents fcçus · texte numérisé non relu

XXIX. Deuxième session. Pénitents fcçus

La seconde session fut tenue deux jours après, savoir, le septième d'octobre huit cent soixante- neuf , et les mêmes personnes y assistèrent. L'action fut ouverte par Paul gardechartes de l'église de Constantinople, que Ptiotius avoit ordonné archevêque (1). Il avoit ete déposé comme les autres ; mais Ignace, le jugeant utile au service de l'Eglise, lui donna cette dignité , suivant l'intention du pape , qui avoit écrit de lui donner telle place que l'on voudroit, hors le sacerdoce. Le garde-chartes, ou cartophylax, étoit à Conslanlinoplece que le bibhothécaire étoit à Home. Il portoit les mêmes ornements que les ministres ecclésias-

(t) Nota Anasl. p. 998, 1290.

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HISTOIRE Dt CHRISTIAN ISMFw

liqups, ot en faisoU los fondions; c'ctoit lui qui présonloit au patriarche tous les evéques ou les clercs elranj^'ers , toutes les lettres , tous ceuv qui devinent tMre pourvus d'evôchcs, d abbayes, ou promus aux ordres, tous dévoient avoir son approbation. Paul, s'étant donc présenté au milieu iu concile, dit : Que ceux qui étoienl tombés ious Photius demandoient a entrer On fil premièrement entrer b»s évéques, et ils se prosternèrent devant le concile, tenant un libelle à leurs mains. Les léiîats du pape leur dirent : Qui ôtes-vous, et qui vous a amsacrés? Théodore , métropolitain de Cane , dit : Le très- saint patriarche Ignace et le bienheureux Mélhodius. Les lé?:ats demandcr(»nt combien ils éloient , Théodore répondit : IVousne savons. Que voul-z- vous? dirent les légats. Les évéques répimdirent : Nous nous prosternons devant le saint concile universel , en demandant pénitence. » es légats ajoulerent : Que tenez-voui là? C'est le libelle de confession de la faute que nous avons commise contre ni)tre très-s»int patriarche Ignace. Confessez-vous que vous avez péché en cette rencontre? Nous le confesson-;. Votre libelle est-il conforme à ce q le vous diles d(î bouche ? Qu on le lise, et vous serez éclai^cis de ce qui nous regarde. Les légats du pape ayant demande l'avis aux lé^^ats d Orient et au concile , il fut lu du consentemont de tous pir le diacre

Etienne. , ,

Jl ne s'adressoit qu'aux légats du pape . et portoit en substance (1 ) : Si les maux que Photius a faits à lEglise éloient iuconnusa Kome , nous aurions besoind'un grand discours ; mais \ous 6 es témoins de ce qu il a fait contre le pape Nicolas, el homm»- incon-parable, contre lequ:'l il î tant invcuté de calomnies sans 1 avoir i unais vu ni connu. Il a fait venir d U-

[AndeJ.-C. 800,7 Oct,

et , après plusieurs jours, on nousdonnoil du foin pour nourriture. Comb en en ont-ils enfermés dans les prisons obscures et infectes ? Comb en en ont-ils bannis dans les extrémités du monde et chez les infidèles ? Nous avons cédé à tant de cruautés que nous souffrions et que nous voyions souffrir aux autres , nous nous sommes laissés séduire , bien qu'à regret et en gémissant. C'<»st pourquoi nous avons recours à votre miséricorde, nous venons à vous avec un cœur contrit et humilié , nous protestons de rejeler Photius et sesadh rents, jusqu'à ce qu'ils se convertissent ; et nous soumettons volontiers à la pénitence qu'il plaira à notre patriarche de nous imposer.

Après celte lecture, les légats du pape dirent (1) : Nous vous recevons suivant Tordre du pape Adrien, à cause de votre confession. Puis ils ajoutèrent : Nous avcms ordre de vous faire souscrire le libelle que nous avons apporté de Rome Le voulez-vous faire? Nous le voulons, dirent les évéques, et nous sommes prêts à le souscrire. Les légats le firent encore lire , comme il l'avoit élé à la première session , et les évéques pénitents l'écrivirent, savoir: Théodore de Carie, EuthymiusdeCalane, Photius de Nacolie, Etienne de Chypre, Etienne de Cilire , Théodore de Sinope , Eustache d'Acmonie, Xénophon de IVIilasse, Léon de Daphnusie , Paul de Mêlé, dix en tout. Alors le patriarche Ignace, du consentement des légats, leur ordonna de mettre leurs libelles de pénitence sur la Croix et sur l'Evangile , et ensuite les lui apporter. Ils le firent, et Ignace, ayant reçu les libelles , leur donna à chacun un pallium , en disant ces paroles de lEvangile (2) : Vous voilà guéri , ne péchez plus , de peur qu'il ne vous arrive pis. Ils répondirent avec de grandes actions de grâce , puis

An de ;..C. 8oy, 13 Oct. j LIVRE CINQUANTE-UNIÈME.

rient'de faux l.-ats de lous les patriarches ils prirent séance au concile, chacun selon son pour ccmdaiiiner ce gra.id homme avec de faux rans:.

ins. Car il n'a jamais eu son semblable

l'art de mentir et de tromper. U a traite

témoi d:ins

Ensuite on fit entrer les prêtres ordonnés par Méthodius et par Ignace , qui demandoient

dins l'art de mentir ei ucMromp^^^^^^ r^-^-^^ d'être reçus à pénitence (3). Ils

de même notre pl'-»«''^;^^f. ^f"";^„^^ I étoi^nze, et firent comme les évoques. Us

ntaque étant hique P'^^ ^ J»^ ^^^'^l i donnèrent leur libelle de pénitence , qui étoil promettre par écrit d^* » /^**"^^^^^ Tcom- le même ; ils écrivirent celui de Rome, et le p >ur patriarche ; '"«'^^r f" ** «^^ " JVu 1 oalriarchè leur rendit l'élole. Après eux on Gt

menca à le charî^tT de calomnies, et le ht ens lite tourmen er cruellement pour avoir sa renomialion , lui faisant souffrir l exil lesprisons , les chaînes , les coups , la faim et la soif S'il traitoit ainsi ce prêtai si vénérable, tils cl petit-fil^ d'empereur, qui avoit passe sa vie dans les saints exercices de la vie monastique , vous iu^^ez bien comment il nous a traites Plusieurs ont été enfermés avec des païens dans la Dris(m du prétoire , où ils ont souffert la laim

palriarche leur rendit l'élole. Après eux on Gt entrer les di«icn»s, au nombre de neuf, qui en firent autant , et le patriarche les reçut , et leur rendit leurs étoles. 11 reçut ensuite sept sous-diacres, et leur rendit les marques de leur ordre, qui ne sont 'point exprimét»s. Puis le patriarche fit lire les pénitences qu'il leur imposoit à tous , et qui étoient telh'S. Ceux qui mangent de la chair s'abstiendront de chair, de fromage et d'œufs ; ceux qui ne mangent

!", Rt,vr«ra:rsT;„ i= f^ v£'';irr ™ljî .?i;-.i

bres, et frappes, non pas à coups de bâton , mais à coups d'épée ; car les coups de pu^s dans le ventre n'etoient comptes pour rien On nous chargeoit de chaînes et de carcans de fer ;

d œufs et de poisson, le mercredi et le vendredi , et mangeront des légumes et des herbos avec de Ihuile et un peu de vin. Ils feront

moi. ils réciteront le sixième isaume, le trente-sipt et le cinquantième. Ce qu'ils observeront jusqu'à Noël, et seront cependant iulerdils de leurs fonctions. Après celte lecture , on conclut la session par plusieurs acclamations.

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