‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 756 sur 2407 · Conc. p · texte numérisé non relu

Conc. p

(i Sup. 1. xxxii, to. 4, Conc. p. 1801; Conc. p . 8S.

n. 5, lo. 8,

Pierre , et sur cette pierre je bâtirai mon église, et 1 effet en a montré la vérité, parce que le saint-siège a loujours conservé sans tachi'la religion catholique. Donc, pour n'en être point sépiirés et suivre les ordonnances des pères , principalement de ceux qui ont rempli le saint-siège , nous anathématisims toutes les hérésies, entre autres celle dt'S iconoclastes, nous anathemalisons aussi Photius, usurpateur du saint-siège de Constantinople , jusqu'à ce qu il se soumette au jugement du saint-siège et qu il anathémalise son conciliabule : nous recevons le concile célébré par le iwipe Nicolas, et souscrit par vous, Adrien, sou n erain pontife; celui que vous venez de tenir vous-même, et tout ce qui a été ordonné sur ce sujet. Hecevant ceux que ces conciles reçoivent, et amdamnant ceux qu'ils condamnent, principalement Photius et Grégoire de Syracuse, et ceux qui suivent leur schisme ou demeurent dans leur communion. Quant aux deux faux conciles tenus sous lempereur Miclul contre le patriar- (he Ignace, et le troisième contre le saintsiège , nous les anathemalisons à jamaii» , avec ceux qui les soutiennent ou en conservent les actes. Nous embrassons de tout notre cœur ce que le sainl-siége a ordonné touchant notre patriarche Ignace, vcmlant conserver en tout la communion du sainl-siége, où est l'enlière solidité de la religion chrétienne. Promettant de ne point réciter aux saints mystères les noms de ceux qui en sont séparés. Moi , tel évêque, j ai écrit de ma propre i^iain cette déclaration, et vous l'ai présentée à vous, Adrien, souverain pontife et pape universel, par vos légats D<mat, Etienne et Marin, le tel jour d'un tel mois, telle indiclion. Ensuite devoit être la souscription de l'évêque et des témoins.

Ce formulaire avoit été déjà envoyé à Constantinople par le pape JNicolas ; mais le pouvoir de Photius avoit empê( hé qu'il ne fût alors reçu (l). Après qu'il eut été lu, il fut approuvé de'tout le concile ; puis on lit lire la déclaration que les légats d'Orient avoient faite à Constantinople avant l'arriviM^ de ceux tic Rome (t2). Elle contenoit en substance : L'empereur Hasile nous a fait venir d'Orient pour apaiser le trouble de votre église, avec les légats qui dévoient venir de Rome. iMais ils lardent long-temps , et nous craignons que notre séjour en ce pays-ci ne nous attire quelque persécution de la nart des Arabes, à nous et à tous les chrétiens de leur domination. Aous ne croyons donc pas devoir attendre davantage les légats de Kome, vu principalement que nous avons entre les mains la preuve de ce qui a été fait dans les lettres du pajMî Mcolas et du pape Adrien. C'est pourquoi nous vous déclarons notre avis sur les contestations présentes, qui est : que tout le monde doit obéir aux décrets du papt» INicolas, comme nous faisons, parce

AndeJ.-C 8W,7 0ci.] LIVRE CINQUANTE-UNIÈME.

(1) Nota Anas4.

(t) P. Wi.

que nous avions jugé de même long-temps avant que d'en avoir connoissance.

Donc le patriarche Ignace demeura en possession paisible de son siège. Le3 évêques , les prêtres et les clercs qui ont été déposés, pour n'avoir pas voulu communiquer avec Photius seront rétablis. Ceux qui, ayant été ordonnés par Mélhodius ou par Ignace, ont servi avec Photms et sont revenus à l'église catholique sitôt que Photius a été chassé, ou y reviendront avant la fin du concile , l'Eglise les recevra comme une bonne mère, avec les pénitences qui leur seront imposées par Ignace Car le pape JNicolas lui a laiss<» la faculté de les recevoir, ne condamnant définitivement que Photius et Grégoire de Syracuse. Nous les condamnons de même l'un et l'autre ; et nous jugeons mdignes de toute fonction eccL^iastique ceux qui (mt été ordonnés par Photius Lntm, nous discms anatheme à quiconque ne se soumet pas au juyremenl du pape JNicolas qui est le notre. Après cette lecture, les légats au pap(» demandèrent aux légats d'Orient s'ils avoient donné cet écrit, et s il contenoit leur sentiment. Ils l'assurèrent, et tout le concile approuva leur déclaration.

Ensuite le patrice liahanes, parlant au nom du sénat, dit aux légats du papo : Nous vous pnons de nous guérir d un scrupule (t). Comment avez-vous pu condamner Photius sans la?(urjamais vu? Les lègais répondirent : Le Pi»pe INicolas a condamné Photius comme prés**nl par ses lettres et par ses légats. Et qui avoiMenvoyé > dit le st*nal Les légats du pape répondirent : Si vous lordonnez, nous vous auons toute la suite de l'affaire. Et ils ajoutéreat (2) : Premièn-menl , Arsaber fut envoyé par I empereur Michel, et avec lui quatre êvêqaes, dimt nous ne savons pas h*s noms. Il etofl chargé d une lettre de l'empiTeur, qui parloil des iconoclastes , et liusoit mention à la Un de I expulsion d'Ignace, demandant que le pape envoyât des légats à Constantinople 11 envoya Kodoade et Zacharie, qui vinrent ici et tiurent un concile de brigandage contre Ignace qu Ils prétendirent dépow-r. ils retournèrent à Home avc»€ le secrétaire l^n , ( hargé des letfres de l'empereur et de Photius , et des actes ut» concile. Alors le pape Nicolas, étant éelairci assembla un concih' de tous les évêques d Occident, avec le clergé et le sénat de Rome condamna ce faux concile, et déposa ses lé-

u K ^ ^^ ^*"^' ^" '* ^ condamné Photius.

«aham^s fit la même question aux légats d'Orient Et vous, dit-il , qui avez demeuré si iong-temps ici , attendant les légats de Rome , et qui aviez Photius si proche, comment ne 1 avez-vous point cherche [X)ur le voir avant oe le condamner:» Elie, k-at de Jérusalem, ^, leva et dit : Le Saint-Esprit a établi les pal n-iarches pour retrancher les scandales qui s élèvent dans l'Eglise. Donc Photius, n'ayant

«) P. ogs.

(2) Sup. 1. 1, n. 4.

été reçu ni par le premier siège, qui est celui de^l ancienne Rome , m par les trois sièges d Orient, savoir , d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem ; il n'étoit pas nécessaire del'an- F'ier pour l'examiner et le juger de nouveau • sa condamnation étoit manifeste. Nous n avons jamais connu d'autre patriarche de Constantinople qu'Ignace , quand à notre arrivée même Il eut été encore dans son exil , nous n'en eussions point reconnu d'autre. Mais, grâce à Dieu nous 1 avons trouvé dans son siège , et nous avons communiqué, servi à l'église , et man'-é avec lui , comme ayant toujours été dans sa communion , et l'ayant toujours déclaré dés notre arrivée.

Or, quoitiue nous n'ayons point parlé à Photius, nous n'avons pas laissé d'apprendre ses défenses frivoles, par les entretiens fréquents que nous avons eus avec ceux d(; son parti. Ils disent qu'Ignace, déposé et exilé a donné sa démission ; mais ni Rome ni nous ne la recevons , parce qu elle est contre les canons. Et , si l'on dit que ceux qui ont eu part à 1 ordination de Photius, ou communique avec lui , méritent la même peine que lui , on ne dit pas vrai. La foibl<*sse de la nature nous fait quelquefois faire par la crainte de la mort ce que nous ne voudrions pas. Ainsi, ceux qui ayant été ordonnés par Méthodiuset par l'^nace' ont cédé à la viidence, et se sont promptement relevés, sont dignes d'indulgence. Voilà donc pourquoi nous n'avons pas appelé Photius pour le juger de nouveau. II a lui-même envoyé un officier de l'empereur au mélropolrtafn de Tyr, pour savoir si le siège d'Antioche l'avoit reconnu , et le métropolitain a déclaré nettement que jamais on ne l'avoit reconnu à Antioche. Le sénat témoigna être satisfait de cet éclaircissement. Ensuite, comme il étoit tard, on termina la session par plusieurs acclamations, qui furent prononcées par le diacre Etienne, à la louange de l'empereur de l'impératrice Eudoxia , du pape JNicolas,' du pape Adrien , du patriarche Ignace , des patriarches d'Orient, du sénat et du concile.

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