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XXXI. Quatrième session. Légats de Photius à Rome

La quatrième fut tenue le treizième d'octobre. Le patriee Bahanes dit : 11 y a deux évô-

cont ih'. Les légats du pape direct aux légats d'Orient : Si vous le jugez à propos, on I^'ur enveriades députés jour sav( ii- par qui ils ont elé ordonnes , el avec qui ils c(.mmuniquent. On leur envoya , de la paît des légats du pape , le clerc Pancrace ; de la j art des légats d'Orient, le clerc Ananias ; delà part du sénat, Grégoire, éiuyer de la chambre. Vn ne leur envoya pas des évé. m s . parce* qu'on les teuoil pour déposés. Ils lépr ndirenl : ]\ous avons été ordonnés par IMéthodius, el rous communiquons avec le patiianhe Photii s. Celle réponse ayant élé rappcitée cl lue publiquement, le concile se ria : Le ] artrge de Théophile et de Zaeharie est avec Iholius. C'est-à-dire qu'on ne devoil point les écouler. Alors Bahanes dit au nom du sén;«l : Los empereurs nous ont envoyés it i pour être fidèles témoins de ce qui s'y passe. Si donc vcus voulez que nous mettions no^ se)usciiptions, suivant l'usage , à !a fin dis ae te»s de ce concile, nous déclarons qi:e si Photius ne nous est représenté, pour l'enlei dre par sa beuche, aussi bien que les évéques e;ui ont quitté Ig?:ace pour lui , i.fin qu'on le's confonde en ne>tre presenee , nois ncs' usci irons point à ce concile. Autrement ils diront toujours qu'on le»s a cemdamnés sans les enle^ndre , et le seandale ne finira point. Métrcphane de Smyrne, parlant pour toul lecemcile. approuva la proposition du sénat, et demanda qu'on fît entrer les schismatiques. Les le'pais du pape dirent : Ceux que vous voulez faire enlrer igne»reiitils ce qu'a jugé l'église romaine ? Oui , dit Bahanes , ils rignorei.l , ils n'y éte)ient point , et ne savent leur condamnaliem que par ouï dire. Les légats du pape répliquèrent : Il ne nous est pas permis de donner allé inle au juge^menl des pape^s. Ils avoient à Rome leurs députés, par qui ils ont appris la condamnalie>n de Photius. Toutefens, afin qu'ils en soient mieux informés , qu'ils entrent , et qu'ils entendent lire la définition syne)dique et le jugement du pape JNieolas. Ils chère hent des excusées , et ne veulent que fuir le jugement. Au contraire, dit le sénat, s'ils fuyoie'nt, ils ne crieroient pas : Qu'on nous juge , ils se relireroient. Le's légats du pape» dirent : Qu'ils entrent , et qu'ils demeurent là-bas à la dernière place. Le» sénat ajouta : JNous veius priems que l'on e'n fasse venir encore trois ou quatre» du parti de Photius , qui écoulent du moins ce)mme ces séculiers qui ^ont derrière nous , cela fera be'aucoup de biem. Le's le^gats dire ni : S'ils déclarent qu ils vie^nnenl au nom de t( ut le parti, nous souflVirons qu'ils entrent, nem pour disputer , mais pour entendre la lettre du

(I) P. 09Q, lîoo.

(1) Joaii. V, U.

ques ordonnés par Méthodius , nommés Théo- ' ^'^^ iMced^s

- On envoya quelques-uns des assistants pour

les appeler, mais ils ne les trouvèrent pas. Le sénat dit aux légats du pape : Comme ils no

(*) Sup. n. 17.

r3) P lou, E.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME. Andc J.-C. MO, is Oct.

An de J.-C. 809, I90ct.i LIVRE CINQUANTE-UNIÈME.

savoient pas que le concile les dcraandoit , ils se sont retirés; mais les deux que vous venez de faire interroger, savoir, Théophile e( Zacharie, sont encore là, et si vous voulez on examinera leur aflaire. Les Irgats demandèrent : Ces deux ont ils un libelle à présenler , ou seulement quelque chose à dire au concile? Non, dirent les sénateurs, mais ce sont eux qui font le plus de mal à celle multitude, en assurant que le pape Nicolas les a l'ait célébrer avec lui , d'où le peuple conclut que le pape, en communiquant avec eux, a communiqué avec Pholius, et l'a reconnu pour patriarche. Il sera d'une grande utilité de les convaincre de mensonge. Les légats, après avoir encore proposé quelques difficultés, consentirent enûn qu'on les fit enlrer.

Théophile et Zacharie étant entrés , les légats du pape prièrent les sénateurs de les interroger , et les sénateurs dirent : Nous le ferons pour vous obéir, et non de noire autorité , car vous lavez ici tout entière. Rabanes leur demanda donc s'ils vouloient ouïr le libdle, c'est-à-dire le formulaire d'abjuration envoyé de Rome (1). Théophileet Zacliariedirrnl : Nous ne souhaitons point d'entendre ce libelle, et nous ne voulions point venir ici. L'empereur nous a ord(»nné de nous rendre au palais, c'est pourquoi nous nous sommes trouvés en sa présence, et non pour ce libelle. Rabanes dit : Avez- vous dit dans le palais : Nous pouvons montrer que nous av(ms officié comme évéques avec le pape IN icolas ? Zacharie et Théophile dirent : Nous l'avons dit et nous le disons encore ; le pape Nicolas nous a reçus comme évéques, el nous avons officié avec lui. Les légats du pape dirent : A Dieu ne plaise , ce sont des menleurs , ils ne disent pas la vérité. Zacharie et Théophile dirent : Si nous sommes des monteurs, ne nous interrogez pas. Le diacre Marin , fun des légats, dit : Est-ce que l'on n interroge que ceux qui disent la vérité? Théophile dit, en montrant le diacre IMarin : Denjandez à ( elui même qui me parle s'il n'éloil pas à Rome quand cela s'est passé. Le légat Marin dit : J'étoisen ce temps-là sousdiacre ordonné par le pape Léon , et je servois léglise romaine depuis fàge de douze ans. Quand ils vinrent à Rome avec Arsaber, je servois dans l'église de Sainle-îMarie-de-la- Crèche. Ce fut là que le pape Nicolas les reçut en donnant un libelle el prêtant serment, et il ne leur donna point la communion à la place des évéques. Théophile dit : Etois-je un in connu ? J'étois envoyé par fempereur et le concile.

Les sénateurs dirent -. Portiez- vous des lettres quand vous allâtes avec les légats Rodoalde et Zacharie? Théophile et Zacharie répondirent -. Nous ne savons. Les légats du pape dirent : Tout le concile peut coimoître par-là que ce sont des menteurs. Ils disent

qu'ils ont été envoyés comme des légats, et ne savent s'ils ont porté des lettres. Théophile dit : Je ne m' in for mois pas s'il y a voit di's lettres, j'allois pour accompagner les légats. Les sénateurs lui dirent: Que contient la lettre que vous portâtes à Rome ? Je ne sais , dit Théophile. Les légats du pape dirent : Le concile ne croit-il pas que l'églist» romaine n'a jamais reçu Pholius ni ceux qu il a ordonnés ? Les sénateurs dirent : Comment donc disenl-ils qu'ils ont été reçus? Parce qu'ils mentent , répondirent les légats Pour vous en assurer, qu'on lis<^ les lettres du pape Nicolas à l'empereur Michel el à Pholius même.

On lut la première leltre à l'empereur, du vingt-cinquième septembre huit cent soixante, où le pape ]\ icolas déclare expressément qu'il ne p<^ut consentir à r()rdinalion de Pholius avant le retour de ses légats. Ce que les sénateurs relevèrent. On lut ensuite la lettre envoyée au même empereur par le secrétaire Léon , du dix-neuvieme de mars huit cent soixante-deux, où le papt» Nicolas, après le retour de ses légats, déclare qu il désapprouve ce qui séloit fait à Constanlinople en leur présence, et qu'il ne peut condamner Ignace ni recevoir Photius(l). Avant qu'on eût achevé de la lire, Théophile dit: Si on condamne Pholius, qu'on condamne aussi ceux qui l'ont ordonné. Le concile dit : Vous êtes donc aussi condamné, puisque vous l'avez reconnu et communiqué aver lui ? Théophile dit : Je n'y étois pas quand il fut ordonné. Je l'ai trouvé patriarche el l'ai nxonnu. Après la lecture de ces lettres, Théodore de Carie se leva et dit: Jusqu'à présent je croyois fermement devoir condamner le pajK» Nicolas, parce que, sur la foi de ces gens-ci , je pensois que d'abord il avoit reçu Pholius, el ensuite l'avoit voulu perdre. Le concile dit à Théophile : Ces lettres sont-elles venues de là? c'est-à-dire de Rome. Je ne sais, dit Théophile, si ce sont celles-là ou d'autres. Théodore dit à Théophile : Comment pouvez- vous montrer que vous avez oflicié avec le pape Nicolas? Théophile répondit: Que l'empereur me donne sa parole par écrit, et je démontre, et je le dis devant Dieu, que j'ai communiqué et oflicié avec lui. Oui , je le dis encore : Nous avons oflicié et communiqué avec lui.

Le concile fit lire ensuite la lettre du pnpc Nicolas à Pholius, du dix-huilième de mars huit cent soixante-deux , où il déclare qu'il ne peut tenir Ignace pour déj)osé, ni par conséquent Pholius pour patriarche (2). Comme on lisoit l'endroit de celle leltre où le pape rend raison de l'ordination de saint Ambroise el de celle de Nectaire, Théophile dit : J'ai ouï-dire cela aux Romains à Rome, cl toutefois ils (nit reçu le seigneur Pholius. Théodore de Carie lui dit : Comment pouvez- vous dire que le

(t) P. 1021. Sup. 1. L, I. L, n. 18; p. 1030, E.

n. 11. Nie. Epist. 5. Sup. {i) Ep. 0, p. 1030.

pape l'a reçu, puisqu'il le traite d'adultère? Et vous, dit Théophile, comment l'avez- vous reçu ? Théodore réjMmdil : Jusqu'au jour d hier j'étois de voire sentiment, mais, voyantle pafw ]N icolas dire haulemenl qu'il n'a rejeté ni Ignace ni reçu Pholius, je me suis attaché à Ignace. Théophile dit : Apprenez par-là quel homme étoit iS icolas. Théodore reprit : Comment pouvez-vous montrer que le pape Nicolas vous ait reçus? Théophile dit : Te vous lai (lit, que l'empereur mo donne aujc^urd luii sauf-conduil pour les lém<Mns que je produirai, et je le montre.

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