XX. Saint Adelmc, évéquc
La même année sept cent neuf mourut saint A^delme, ou Althelme, premier évc^jne de Schirburn; il étoit d'une famille noble du royaume d'Wessex , et fut d'abord instruit par l'abbé Adrien dans le monastère de Saint-Augustin de Cantorbéry, où il apprit le latin et le grec (4). Etant retourné dans son pays, il se lit moine au monastère nommé alors Meldun , et depuis Malmt^sbury , fondé de nouveau par un solitaire irlandois, nommé Maidulfe; d'abord il vécut en ermite, mais, n'ayant pas de quoi subsister, il se mit à enseigner , et plusieurs de ses disciples embrassèrent à son exemple la profession monastique ; ce qui produisit un monastère depuis fort
(2) B. v, Hist. c. 20.
C3) lb.c.21.
(4) Elog.tom.3,Act.SS.
Ben. p. 222, Yila toiu. 5, p.
[ An de J.-C. 709
célèbre. Adelme, ayant étudié quelque temps les arts libéraux , retourna à Cantorbéry pour s'y perf(»clionner sous l'abbé Adrien , e y demeura jusqu'à ce que sa santé l'obligea à retourner chez lui. Il fut le premier des Anglois qui apprit les règles de versification latine. Il cultiva aussi la poésie angloise, et fit en sa langue vulgaire des c^in tiques pour retenir le peuple, qui, étant encore demi-barbare, se retiroit promptement sitôt que la messf»étoit (h'te. Adelme se meltoit sur un pont à la sortie de la ville, et chantant lui-même ses cantiqu(»s retenoit le peuple agrèai)lrment, et leur insinuoit les vérités de la religion, qu il^ n'auroient pas écoutées dans des sermons.
Outre la poétique, il étudia aussi les lois romaines, le calcul et l'astronomie; et la réputation de sa doctrine fut si grande, qu'il étoit consulté non-seulement par ses compatriotes, mais par des étrangers, comme les Ecossois, et qu il venoit des François s'instruire sous lui. 11 ne les formoit pas moins à la vertu qu'aux sciences, et s'y exerçoit luimême sérieusement. 11 ne sortoit p()int du monastère s«ms nécessité, il s'appliquoit à la lecture et à l'oraison, et, pour se mortifier, se metloit quelquefois dans une fontaine jusqu'aux épaules, même durant les nuits d hiver, et y récitoit le psauli<'r 11 fut ordonné prêtre par Leuther, évêque d'Wessex, qui confirma l'établissement du nouveau monastère de Meldun , et l'en fit abbé l'an six cent soixante-quinze , à la prière des autrt»s abbés de son diocèse. Ce monastère s'accrut considérablement sous Adelme , la réputation de sa doctrine et de sa piété lui attirant des disciples de tous côtés. Pendant qu'il en étoit abbé, il fut chargé, par un concile tenu dans le royaume des Merciens, d'écrire contre les erreurs des Rretons, et en ramena plusieurs à l'observation légitime de la pàque(l).
L'an sept cent cinq, saint Heddi, évéque de Worchester, ou d'Wessex, étant mort, le diocèse fut partagé en deux. On en donna un à Daniel, dont le siège fut à AVinchester. On mit l'autre siège à Schirburn, et saint Adelme en fut ordonné évêque en sa vieillesse, par l'archevêque Rritualde , son ancien compagnon d'étude et de la vie monastique. Après lavoir consacré il le tint quelque temps auprès de lui pour profitcT de ses conseils. Saint Adelme ne vécut que quatre ans dans l'épiscopat , et mourut l'an sept cent neuf, le vingt-cinquième de mai, jour auquel l'Eglise honore sa mémoire (2). Il est fameux par ses écrits. Outre le livre contre les erreurs des Rretons , il en écrivit un en prose et en vers. Nous avons ces deux traités , et dans le dernier il fait l'éloge de plusieurs saints, entre autres de saint Renott, qu il loue comme le premier maître de la vie monastique. Il avoit aussi écrit des huit vices, quelques énigmes , et quelques lettres. L'abbé
(1) B. V, Hist. c. 19.
^2) Martyr. R. 25 mai.
^n de J.-C. 710. J
Adrien, qui avoit été maître de saint Adelme, mourut la môme année sept cent neuf.