LIVRE QUARANTE-UNIÈME
sonne doulât alors. Cette lettre ayant été lue en présence du roi Naiton et de plusieurs hommes doctes, et ayant été traduite exactement en sa langue , il se leva du milieu des seigneurs entre lesquels il étoit assis , se mit à genoux, et rendit grâce à Dieu d'avoir été
saint Renoît Riscop, gouvernoi alors les deux f^f^^ heureux pour recevoir d'Angleterre un monastères de Viremouth et de Jarrou(l). Il | ^^^ présent. Je savois déjà bien, ajouta-t-il avoit été à Rome avec son maître, et étoit I ^"^ c'étoit la vraie manière de célébrer la
de tout CO nui rrmnrHrnf ca nr/» i P^OUe. Mais i'CU VOis maintenant «i rlairnrvi»»*
c non maure, ei eiou i \ liV »»"*^ «funn-it.- ut: ceienrer Ja
très-instruit de tout ce qui regardoit sa pro- | P^^^^ Mais j'en vois maintenant si clairement
ir et de zèle. Il accrut !? .''^*?^" ' <ï"'** ^^ semble que je n'y enlen-
»o«A«^^ ,. r.é ,.1.,.,: dois ricn annnravnni r.'ocf n^^ii«.r,».v; ;
fession , plein de ferveu les revenus de oratoires , les sacrés. Surtout
ït ses monastères, y fit plusieurs ^^*f '"'^*" auparavant. C'est pou
pourvut d'ornements et de vases ^^^''^'*e que je veux toujours 1'
ut il augmenta la bibliothèque j^^^c^out mon pt^uple , etj'ordc
oit commencée. Il y ajouta trois ^^^ ^'^^^^ ^^' "^^" royaume prenr
i/^\iivaII/« ,r««o:^^ ^'^^« ;. a: j tonsure. Cpf (\rârn fnf ïinccifAt /^i
dois rien auparavant. C'est pourquoi je vous
rs 1 observer ainsi , - ^ * I 7 - /^>rdonne que tous les clercs de mon royaume prennent aussi cette
que Renoît avoit commencée. Il y ajouta trois ^^^ ^'^^^^ "^' "^^" royaume prennent aussi cette
bibles de la nouvelle version, c'est-à-dire de ^^"sure. Cet ordre fut aussitôt exécuté, et par
saint Jérôme, qu'il avoit apportées de Rome, *^^"M^ P^^^ ^^'^ ^'^^^'^ on fit faire, par ordre
et un livre de cosmoirranhie d'un onvra^p mpr- Public , des copies du cycle pascal de div-nPiif
et un livre de cosmographie d'un ouvrage merveilleux. Il obtint du pap<' Sergius un privilège semblable à celui que Renoît avoit obtenu du pajK» Agathon; et ce dern^or fut confirmé dans un concile par les souscriptions des évêques et du roi Alfred.
Vers l'an s<^pt cent dix, Naiton, roi des Pictes, qui habitoit la partie septentrionale de la Bretagne, nommée à présent Ecosse, instruit par la méditation fréquente des Ecritures, renonçai à l'erreur qu il avoit suivie jusqu'alors touchant l'observation de la pàque, et ramena tout son peuple à l'observance catholique (2). Les Pictes avoient eu pour apôtre saint Colomban l'ancien, qui, étant Irlandois, leur avoit enseigné les traditions de son pays (3). Le roi Naïton, voulant donc ramener ses sujets aux observances catholiques, p<jur le faire avec plus de facilité et d autorité , chercha du secours chez les Anglois , et envoya des dépulés à saint Céolfrid , le priant de l'instruire sur ce sujet. Il lui demandoit aussi des architectes pour bâtir dans son pays une église de pierre à la manière des Romains : promettant de la faire dédier en l'honneur de saint Pierre, et de suivre avec son peuple l'usage de l'église romaine, autant que l'éloignement et la dilTérence du langage le pourroient permettre. Saint Céolfrid lui envoya des architectes, et lui écrivit une grande lettre, où il prouve doctement que l'on doit célébrer la pûque comme l'église catholique, la troisième semaine du premier mois, et toujours le dimanche. Il y marque les divers cycles d'Eusébe, de Théophile, de saint Cyrille, et enfin celui de Denis le petit, qui duroit encore. Quant à la tonsure, il reconnoîtque c'est une chose indifférente en soi ; mais il soutient que Ton doit préférer celle de saint Pierre, où la couronne étoit entière , à celle de Simon le magicien, qui n'étoit que par devant. Il suppose cette tradition, dont il ne paroit pas que per-
(1) Act. SS. Ben. t. 2, p.
(i) Act. SS. Ben. t. 3, p.
292, Ben. v, c. 22.
(3) Sup. I. xxxvi, n. 16.
public, des copies du cycle pascal de dix-neuf ans au lieu de celui de quatre-vingt-quatre ans dont on se servoit auparavant.
XXU. Le pape à Constantinople.
Cependant l'empereur Justinien envoya un ordreau pape Constantin devenir à Constantinople. Le pape obéit , et s'embarqua à Porto le cinquième d'octobre, indiction neuvième' c est-a-dire l'an sept cent dix (1). Il fut suivi par deux évêques , trois prêtres et quelques autres clercs en petit nombre. Pendant son absence , Jean , surnommé Rizocope , patrice et exarque, vint à Rome, où il égorgea Saul diacre et vidame ; Pierre, trésorier; Sergius' prêtre et abbé ; Sergius , ordonnateur. De là Il alla a Ravenne, où, par un juste jugement dellieu, il mourut d'une mort honteuse. Le pape, ayant passé l'hiver à Otrante, arriva à Constantinople et de là à Nicomédie, où l'empereur le vint trouver de Nicée. Le dimanche le pape célébra la messe devant l'empereur qui communia de sa main , le pria d intercéder pour ses péchés , et renouvela tous les privilèges de 1 Eglise, après quoi il le renvoya. On ne dit point quel étoit le sujet de ce voyage- et ce qu'on y voit de plus remarquable, c'est que le pape reçut partout de très-grands honneurs Il rentra à Rome le vingt-quatrième d'octo^ bre, indiction dixième, l'an sept cent onze ayant été un an entier à son voyage pendant lequel il ordonna douze évêques en divers lieux.