‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 762 sur 2407 · XXXIV. Sixième session. L'empereur au concile · texte numérisé non relu

XXXIV. Sixième session. L'empereur au concile

La sixième fut tenue le vingt cinquième d'octobre, et l'empereur Rasile y assista en personne , assis à la première place. JMétro phane de Smyrne prononça un petit discours à la louange du concile el de l'empereur, comparant les pères aux lumières du ciel el aux fleuves de la terre. Ens ile l'empereur fil lire Un mémoire des légats du pape, comprenant ^ri récit abrégé de toute 1 aflaire , el concluant que, puisque toute l'Eglise éloil d'accord pour rejeter Pholius, il n'étoit plus à propos d'é-

couter ses partisans. Toutefois , par ordre de r( inpereur, on fil entrer les évéqucs du parti de 1 hotius; et on lui en leur présence les leltns du pape Nicolas à l'cnjpereur Michel el à Photius, et envoyées par le secrétaire Léon(1). PuisElie, syncelle deJèrusalcm, fit un discours, après avoir remercié l'fmpc rcur deson zèle où, pour le repos de l'E^ilise, il raccmla ce qui s'éloit passé , el soutint que la démission donnée par Ignace pendant son exil devoit être réputée nulle, comme faite par violeixe, si même elle a voit été faite. Puis il ajouta : Si les partisans de 1 holius prétendent dire que tous les métropolitains et les évcques assemblés <mt ordonné Photius, et par conséquent que, s'il n'est pas recevable, ses ordinateurs le sont encore moins ; nous leur opposerons ce qui fui lait au second concile , tenu sous l'empereur Théodose, en celte ville de Constantinople, car on y rej» ta Maxime le cynique et tous ceux qu'il avoit ordonnés , mais non pas ceux de qui il avoit reçu l'ordination (2). C'est pourquoi nous ne condamnons point 1rs évcques qui se sont trouvés à l'ordination de Pholius , parce qu'ils y ont été contraints par l'autorité de l'empereur. Nous ne condamnons que le seul Giégoire de Syracuse , déposé dés auparavant, el anathémalisé par le patriarche Ignace et par l'église romaine.

Après qu'Elie eut ainsi parlé, plusieurs des évéques de Pholius se soumirent au concile, el obtinrent le pardon. Les autres prirent prétexte de leurs promesses el de leurs serments. Mais les légats dirent tous : Nous vous en dispensons par la grâce de Jésus-Christ , qui nous a donné la puissance de lier et de délier, puisque vous l'avez fait par force (3). Nous vous déclarons notre jugement devant l'empereur el le concile. Alors l'empereur dit aux évéques de Photius : Yous avez ouï le sentiment des patriarches de Rome, de Jérusalem et d'Anlioche ; que vous en semble ? Ils dirent : Nous y répondrons. Et l'un d'eux, Eulhymius, évéque de Césaréeen Cappadoce, ordonné par Pholius, dit : Seigneur, nous connoissons votre justice et voire bonté, donnez-nous sûreté par écrit, pour proposer librement notre justification , el nous espérons montrer que ce qu'on nous oppose sont de vains discours.

I. 'empereur reprit : C'est vous-mêmes qui parlez en vain , en traitant de vains discours ce qui vient des chaires patriarcales. Vous avez osé nommer saints des conciles que vous avez tenus vous seuls par rautorité du prince sans les patriarches, el vous n'avez pas de honte de mépriser celui-ci ? Vous savez , vous et tout ce qui esl sous le soleil , que par l'assislancede Dieu, les cinq chaires palriarcales ne peuvent errer dans la foi. Vous devez donc

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