XL. Iconoclastes
Ensuite l'empereur dit aux légats qu'il avoit fait amener au concile Tht'odore Oithin, ch<*f des iconoclastes. Les légats le prièrent ë' envoyer des sénateurs pour l'exhorter à donner un libelle d'abjuration (2). Baham's et un autre patrice, nommé L(»on, portèrent cette monilioB par écrit à Théodore, qui , en ayant 0uïla lecture, ne répondit rien. Alors ilahanes loi donna une pièce de monnoie portant l'image de l'empereur Basile, et lui dit : L'empereur vous demande si vous recevez cette ^foage. Théodore répondit : Tout indigne que je suis, je l'estime plus que tous les trésors. Bahanes ajoota : L'empereur demande si vous
(1) Sup. 1. xxxvni, n.
^. To. 0, Conc p. 350.
l'honorez ou si vous la méprisez. Je l'honore, dit Théodore. Bahanes ajouta : Si vous honorez l'image d'un prince mortel comme moi , pourquoi n' honorez-vous pas limage de Notre SL»igneur Jésus-Christ, celle de sii sainte mère et de tous les saints? Théodore répcMidit : Tous les chrétiens doivent être soumis à votre empire , mais moi plus que tous les autres , puisque vous m'avez délivré de la captivité et de Ta mort. Quand tous les poils de ma tête et de ma barbe seroient des bouchers, elles ne suffîroient pas à prier pour votre majesté. J'ai reçu votre monnoie, vous voulez que je reçoive aussi limage de Jésus-Christ. Je vous demande du temps, après lequel, si on me montre que ce soit un précepte de Jésus-( Christ, je ferai ce que vous ordonnerez. Bahanes dit : L'empereur ne vous a pas amené à ce concile pour disputer, mais pour élre instruit. Dieu a fondé son église dans cinq chaires patriarcales, qui ne toiuberont jamais. Si deux timiboient, on auroit recours aux trois aulres; s'il en lomboil trois, on iroil aux deux. Si quatre tomboienl, celle qui n^steroit rappelieroit tout le corps de l'Eglise. Maintenant le monde entier étant d accord , vous n'avez point d excusa».
Les deux parties étant de retour, on lut dans le concile la réponse de Théodore, puis les légats tirent lire le décret du pape INicolas touchant les images. C'est le dernier du concile de huit cent soixante-trois (1). Ensuite l'empereur dit aux légats : H y en a encore quelques autres de la même opinion que Crithin, s il plaît au concile, ils entreront, et on leur demandera s'ils veulent embrasser la foi orthodoxe. Elie, k»gat de Jérusalem, dit : H est dillicile de tirer de l'erreur ceux qui y sont engagés depuis h)ng-lemps, comme vous avez vu en Théodore Crithin; toutefois, qu'ils entrent a)mme vous l'ordonnez. On lit entrer JNicélas, clerc, Théophile et Teophane, laïques, et les légats du pape leur dirent : Anathématisez-vous l hérésie des iconoclastes, et professez-vous la foi catholique? Ils répondirent tous trois : Nous avons été trom[)és par les discours malicieux des impies, et nous avons été dans l'erreur ; mais, voyant aujourd hui l'union de ce saint concile, nous mè[)risons 1 hérésie des icomxlastes, et nous anathemalisons quiconque n'adore piis les saintes images. Et ensuite ( hacun d'eux monta sur un tribunal élevé, et anathèn)alis«i Ihérésie des iconcnlastes et ses chefs, entre autres Théodore Crithin. L'empereur les appria l'un après l'autre, les baisa et les félicita de leur retour à 1 Eglise. Iâ^ légats remercièrent l'emp^Teur de les avoir ramenî'S; puis on lut au nom du concile un anathéme solennel ccmtre les iconoclastes, contre leur faux ccmcile et contre leurs chefs. On répt'ta les anathémes contre Photius, et on prononça de suite les acclamations de louanges pour terminer la session {'2).
née, et le mois de janvier de la suivante. Enfin le douzième de février huit cent soixante-dix, on tint la neuvième session, qui fut bien plus nombreuse que les précédentes. L'empereur n'y étoit pas ; mais on y vit pour la première fois Joseph , archidiacre d'Alexandrie et légat du patriarche Michel (1). Le patrice Bahanes fll l'ouverture de l'action, en disant aux légats : Le légat du patriarche d'Alexandrie est venu, et c'est sans ckmte par la volonté de Dieu. Qu'en ordonnez- vous ? Les légats du pape dirent : Nous l'avons vu , nous lui avons parlé et nous avons été satisfaits de ses discourstoutefois il faut , suivant les canons , que sa lettre de créance soit lue dans le concile , aOu qu'il soit mis comme mius au nombre des légats des ( haires ptriarcales. Un secrétaire de Tempereur lut donc la lettre de iMichel, patriarche d'Alexandrie à l'empereur Basile, où ildisoit en substance :
Nous désirions depuis long-temps d'écrire à votre majesté, si nous n'avions été retenus par la crainte des inûdèles; maintenant, grâces à Dieu, nous avons reçu ordre de le faire. Car celui qui commande' en Palestine, à Tiberiade et à Tyr, nous a mandé ces jours-ci, quil a reçu une lettre de vous, par laquelle vous le priez de lui envoyer quelqu'un du siège d'Alexandrie avec nos lettres, pour savoir notre avis touchant la division arrivée à Conslanlinople au sujet de deux patriarches. Ce gouverneur de Palestine étoit, comme j'ai dit, le Turc Ahmed , fils de Thouloun, qui commandoa aussi au reste de la Syrie et à l'Egypte (2). Le patriarche iMiihel continue : Nous avons donc envoyé chercher un homme vénérable nommé Joseph, exercé dès l'enfance aux pratiques de la vie monastique; qui, après avoir été à nous, s étoit retiré depuis plusieurs années, et nous vous l'avons envoyé avec cette lettre indigne de vous être présentée. Quant à l«i quesliim des deux patriarches, vous voyez bien qu'il nous est impossible d'en dire notre avis, étant si éloignés , et n'ayant point la connoissance nécessiiire du fait, ni des raisons des deux parties. Mais nous savons que vous ne nianquez pas d'évéques, d'abbés, de clercs et de moines parfaitement instruits, qui étant proches et conduits par vos lumières, sont plus capables d'en juger. 11 rapporte ensuite l'histoire des deux évéques âo Jérusalem, Narcisse ^j Alexandre (3), et ajoute : Nous vous supplions de favoriser ceux des nôtres qui vous sont envoyés, et tous les chrétiens qui vont avec eux pour racheter des captifs, afin de les dehvrer de soupirons, et nous aussi qui les avons envoyés. Dieu vous comble de ses grâces.
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par les prières de la sainte vierge Marie d^ sami Marc et de tous les saints. Ou voit encore
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