‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 766 sur 2407 · XXXIX. Huiliémc session. Promesses brûlées, etc · texte numérisé non relu

XXXIX. Huiliémc session. Promesses brûlées, etc

La huitième fut tenue le cinquième de novembre. Bahanes dil au nom de 1 empereur qui éloil encore présent : On a fait .souscrire ces années passives les év(Hiues , le sénat et toute la ville , par surprise et par malice , pour dis causes injustes el ccmire leur volonté. Aujourd'hui nous voulons que ces souscriptions soient brûlées par vos mains, el nous espérons, par la miséricorde de Dieu el vos prières, qu'il pardonnera à ceux qui se sont taiss(i surprendre. Les légats et tout le concile approuvèrent la proiMjsition de l'emperour avec de grandes actions de grâce. Alors, par ordre de l'empereur, on ap|)orla au milieu ae 1 assemblée un brasier d'airain plein de feu ; ^i lhtH>phy lacté , diacre et référendaire du patriarche de Conslantinople, apporta dans un ^ac^outes les promesses que Pholius avoit

(l)Sup.l.L.n.53.Sup.0,19,26. (2) Sup.n. 10,p.l090,E.

exigées de tout le clergé, tant de la grande église que des autres, et des séculiers de toutes conditions, depuis les sénateurs jusqu'aux plus vils artisans, corroyeurs, poissonniers, charpentiers, épingliers.Onapporla déplus leslivrcs fabriqués contre le papt» N icolas, et les acles des

conciles contre Ignace. Grégoire, recteurdelhôpital des orphelins, prit les papiers el les livres et les donna aux serviteurs des légats, qui h s jelèrent tous dans le feu, où ils furent consumés. Ensuile l'empereur dit aux légats du pape : Nous avons fait amener les faux légals que Pholius a fait paroilre contre le pape Nicolas, qu'en ordonnez-vous? Les légats dirent : Qu'ils enirent dans le concile. Quand ils y furent entrés , le palrice Bahanes en interrogea un, qui éloil un moine, nommé Pierre, el lui dil : Qui éles-vous?d où venez-vous? qu'avez-vous fait? avez-vous assisté au concile que Pholius a fait conlre le pape J\ icolas? Pierre répondit : Je n'y ai point assislé, el je ne connois poi: t cet écrit. Suis-je le seul Pierre qui suis venu de Rome en celle ville ? il y en a dix mille autres. Mais qu'on lise ce mémoire, et on y verra ce qui me regarde. On le lut, el il conlenoit en substance : Parce que quelques-uns de vous ont cru que j a vois donné un libelle contre l'église romaine, à cause qu'il éloil parlé de moi dans l'écrit qui a été publié, je déclare, comme j'ai déjà fait , que je n'ai point donné de libelle ni importune l'empereur, et que je n'ai point assislé au concile, si toutefois il a été assemblé. Je suis pré. à donner celle déclaralion toutes les fois qu'on me la demandera ; mais je vous prie de me permettre enfin de retourner auprès des saints apùtres pour travaillera mon salut.

Bahanes inlernigea ensuite un nommé Basle, el lui dit: Voire nom est dans ce faix écrit, dites donc, avez-vous donné un libelle conlre l'église romaine? Basile dil : A Dieu ne plaise. Batianes dil : Analhèmatisez donc celui qui a donne le libelle et celui qui l'a écrif. Basile dit : Analhéme à celui qui a donné le libelle contre l'église romaine. Bahanes lui demanda ensuile d où il éloil. Basile rèpcmdil : Je suis venu de la sainte cité, c'est-à-dire de Jérusalem. Bahanes demanda à Elie, légat du palriarche de Jérusalem, s'il le connoissoit. Oui , dil Elie, je le connois. Bahanes revint à Basile el lui demanda pourquoi il éloil venu à Conslanlinople, el qui l'y avoit envoyé. Basile répondit : De Tripoli j'allai à Rome par dévotion, je tombai malade en chemin, je vins à Venise pour passer, j'arrivai ici sous le pape Benoît, j'y demeurai vingt mois, et l'argent me manqua. L'année que le palriarche Ignace sortit de son siège, je retournai à Rome sous le pape Nicolas, j'y ai demeuré huit ans, puis je suis revenu ici. On lui demanda encore s'il avoit donné un libelle. 11 répondit : A Dieu ne plaise; élois-je familier avec le pape Nicolas? Ensuite, par ordre de Tempereur, Bahanes interrogea Léonce, faux légat d'Alexandrie,

HISTOIRE DU CHRISTIANISME. t An d* J.-c wo, 5 Nov. I M #t ^ -C «7o, u Fév. } UVRE CINQUANTE-UNIÈME.

et loi dit : Comment vous étes-voos tronvé à la place de légat dans le livre composé par Photius contre le pape Niœlas? Léonce dit : Mon évéque m'a donné des lettres pçmr l'empereur, je ne suis point légat et n'ai pi)int de part en ces affinres. Batianes dit au concile : Que TOUS semble de ces gens-ci ? Cet homme Dous dit, comme le premier, qu'il n'a eu con- Boissance de rien : ce sont des marchands qui n'ont jamais été légats; mais Photius a supposé comme il a voulu les discours et les personnes. Les légats du pape dirent aux faux légats : Faites des libelles et anathématisez ceux qui ewit fait ces livres, afin que vous soyez reçus à la communion. Léonce dit : Je n'ai point écrit dans ce livre , et je ne le connois point. Le concile dit : Anathématisez celui qui l'a fait et qui l'a écrit. Les faux légats dirent : L'anathèmc est sur celui qui a eu part à ce livre. Le sénat dit : Puisque vous ne voulez pas l'anathématiser, on voit bien que vuus y avez part ; vous serez anathématisés vousm^es , ou soumis aux lois. Les légats du pjipe dirent : Qu'on nous les donne et qu'ils viennent à Rome avec nous. Léonce dit : Anathèmc et au livre, et à celui qu'il l'a écrit. Basile dit : Anathéme à celui qui a donné un libelle contre le pape Nicolas.

Alors Bahanes dit de la part de l'empereur : Voyez tous comme la vérité paroit, et comme les impostures sont découvertes. Pers(mne n'a plus aucun prétexte de ne se pas réunir à l'EgHse; demain vous n'aurez plus d'excuse. On interrogea les métropolitains, dont les noms paroissoient dans ce livre, savoir, si c'éloient leurssouscriptions, et ils«lirent tousque non. Les légats du pape prièrent l'empereur qu'on lût le décret du pape Martin contre les faussiùres, c'est-à-dire le vingtième et dernier canon du concile de Latran, tenu en six cent quaranteneuf (l). Après qu'il eut été lu, Métrophane de Smyrne se leva et prononça une petite dédamation à la louange de la vérité et de l'en»pereur qui l'avoit mise en son jour.

Page 1