‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 771 sur 2407 · Tome ÎII · texte numérisé non relu

Tome ÎII

! tif, il me mit en liberté, je vins ici chercher , des aumônes. Le patriarche M ichelta-t-il envoyé comme son lé^at? Je vous ai déjà dit qu'il

1 ™ K^T^ ^"'''^''^' "^^'^ i' suis venu jusqù'ic chercher des aumônes , et Photius ma en vové a Rome pour faire tout ce que diroient les meiropolitamsqu il y envoyoit. Dieusaitquei v allois comme une bêle, sans rien savoir Le concile dit : Cet homme confesse son péché et nous n'avons point besoin de lén.oins Après avoir encore été interrogé, il ne dit autre chose que ce qu'il avoit dit dans la huitième session. Aussi les sénateurs déclarèrent qu ils ne 1 avoient fait venir à celle-ci qu afin que le vrai légat d'Alexandrie le vît et le reconnût pour un imposteur.

Les légats de Rome dirent : Qui sont ces deux personnes que nous vovons ? Les sénateurs dirent : De faux légats. Les légats reprirent : Nous ne les avons point encore vus • qu lis viennent, afin que nousles interrogions! 1 uis ils leur demandèrent qui ils étoient et pourquoi ils étoient venus. George dit : Je ne SUIS venu que comme porteur de lettres De quelle part? De Constantin , économe de l'église d Antioche. Il ma envoyé à Photius et à 1 empereur Michel pour avoir des aumônes Avez-vous souscrit au livre qu(^ Photius a fait contre le pape Nicolas? A Dieu ne plaise. Qu ailiez-vous donc faire à Rome? Croyezmoi , je ne sais pourquoi j'y allois. Quelle est votre créance ? continuèrent les légais George et les autres répondirent : Nous croyons ce que croit 1 Eglise et les chrétiens. Recevezvous ce concile? Nous le recevons comme tous les chrétiens le reçoivent. Parlez seulement pour vous, comment le recevez- vous ? Nous avons déjà dit que nous le recevons Anathématisez-vous ceux que le concile anathematise? Qui sommes-nous pour les anathematiscr. Et comment alliez-vous à Rome avec le livre du faux concile? Par force et maigre nous Photius nous dit : Il parut à Rome des accusations contre le pape Aicolas, allezvous informer si elles sont véritables. Nous lui dîmes : Nous sommes des gens rustiques SI nous arrivons à Rome, que dirons-nous' Jl nous dit : Les évéques vous apprendront ce que vous devez dire. Les légats du pape leur dirent : Vous qui étiez des étrangers et charges de lettres, comme vous dites, vous deviez prendre les réponses et retourner chez vous. Mais enfin, anathématisez vous le concile que vous portiez à Rome? George et les autres répondirent : Anathéme à qui l'a fait qui y a consenti et qui le défend. Recevez-vous e pape Nicolas et le patriarche Ignace ? Ncus les recevons, comme ce saint concile les reçoit. Qui sommes-nous pour contredire à un SI grand concile, où tous les patriaiches asb.stent par leurs légats?

Les légats de Rome dirent à celui d'Alexandrie : Vous voyez vous-même , notre cher frère, les malices et les impostures de Pho-

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HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[Ande J.-C.870,28Fév.

tius. Quant à cos gens-ci, comme ce sont de pauvres étrangers, nous les croyons dignes de pinlon, àcaasedela violence qii ilsdisenl av()ir soufferte. Mais rendons grâce à Jésus-Christ qui a dit qu'il n'y a rien de caché qui ne se découvre (1). Elie, légat de Jérusalem, dit : Nous devons bien le remercier de ce qu'après tant de temps il a rassemblé les patriarches pour sa gloire et le salut de son Eglise. Ensuite on conclut la session par les acclamations ordinaires.

XLY. Dixième session. Canons.

Li dixième et dernière session fut tenue le mardi vingt-huitième et dernier jour du même mois de février (^2). L'empereur Basile y assista avec son fils Constantin et vingt patrices, après lesquels sont nommés les trois ambassadeurs de Louis, empereur des llaliens et des François, savoir •• Anastase bibliothécaire de l'église romaine, autre que celui qui avoit été condamné; Suppon , cousin de rimjKTatrice Ingolberge , et chef de la maison de l'empereur, et Evrard, son maître d hùtel. Le sujet de cette ambassade étoit pour demander du secours à l'empereur Basile contre les Sarrasins d'Ilalie, et traiter le mariage entre la fille de Louis et le fils de Basile ; ce qui se faisoit de coni ert avec le pape. Après les ambassadeurs françois , sont nommés dans les acles du concile ceux de Michel , prince de Bulgarie, puis lesévéques, au nombre de plus décent. Le patrice Bahanes demanda aux légals ce qu'on leroit ce jour-là; ils dirent qu'il falloit commencer par la lecture des canons que le concile de voit confirmer. Ils furent donc élus en même temps par le diacre Etienne au haut du con( ile, el au bas par le diacre Thomas.

11 y en a vingt-sept, la plupart touchant l'affiiire de Photius (3j. On confirme les décrels du pape Nirolas et du pape Adrien pour Ignace et contre Photius, on déclare que celui-ci n'a jamais été évéque; que toutes les ordinations qu il a faites sont nulles, et que les églises ou les autels qu'il a consacrés doivent l être de nouveau. On anathématise Photius pour avoir supptjsé de faux légats d'Orient, et on défend à l'avenir de pareilles su- Scrcheries, renouvelant le décret du pape larlin. Toutes les promesses que Photius BNoit exigées de ceux à qui il enseignoit les sciences, et dos autres qu'il se vouloit attacher, sont déclarées nulles, et on défend à l'avenir à tout patriarche de Constanlinople d'exiger du clergé des promesses pour sa conservation, ni aucune autre souscription , que la profession de foi des évéques à leur ordination. Les évéques et les clercs ordonnés par Mélhodius et par Ignace, qui dem«^urent dans le parti de Phulius, sans se soumettre au con-

(1) Mdllh. X, 26.

(2) Sup.n.20.VitaHadr.

p 801, C. Anast. Pr«f.

Conc. p. 908, D.

(3) Caa. 2, 4, 6,8,9,11.

cile, sont déposés sans espérance de restitution. Il est défendu à ceux qui sont analhématisés par ce concile de peindre des images ou d'enscMgner les sciences. La première partie de ce canon convient à Grégoire de Syracuse, qui étoit peintre, la seccmde à Photius. On analhémalisequiconque soutient qu'il y a deux Ames dans rhomme(l), erreur attribuée à Photius, dont il fut repris par le phylosophe Constantin, le même, comme l'on croit, qui prô ha aux Sclaves. En général, on renouvelle la défense d ordonner des néophytes , c'est-à-dire d'élever tout d'un coup un laïque à l'épiscopat , quand même on le feroit passer par tous les degrés du clergé , à moins qu il ne soit constant qu'il y est entré par un pur mouvement de piété , sans aucune vue d'ambition ou d'intérét.En ce cas, il doit être un an lecteur, deux ans sous-diacre, troisans diacre, quatre ans prêtre; ce sont dix ans avant qu'il puisse être ordonné évéque Défendu d ordonner des évéques par l'autorité et le commandement du prince , sous peine de déposition, et aux laïques puissants d'intervenir à l'élection des évéques, s'ils n'y sont invités par lEglise, ou de s'opposer à l'élection canonique , sous peine d'anathèm(î. Ces canons sont d'autant plus remarquables , qu'on les publioii en présence de l'empereur et du sénat. Les clercs de la grande église monteront d'un degré inférieur au supérieur, pour récompense de leur service ; et on n'admettra point dans ce clergé ceux qui auront gouverné les maisons ou les métairies des grands. Personne n(; se séparera de son évéque qu'il n'ait été condamné juridiquement; et il en sera de même de l'évéque cà l'égard du métropolitain ou du patriarche (2) : ceux qui sont puissants dans le mond(î respecteront les cinq patriarches sans entreprendre de les déposséder de leurs sièges, ni rien faire contre l'honneur qui leur est du , et piTsonne n'écrira contre le pape, sous prétexte de quelques prétendues accusations , comme vient de faire Photius, et autrefois Dioscore. Si dans un concile général on propose quelque difficulté contre l'église romaine, on l'examinera avec respect. Les évéques n'avilircmt point leur dignité, sortant loin de leurs églises pour aller au devant des stratèges ou gouverneurs, descendant de cheval et se prosternant devant eux. Ils doivent conserver l'autorité nécessaire pour les reprendre quand il est besoin. Les patriarches ont droit de convoquer les métropolitains à leur concile quand ils le jugent à propos , sans qu'ils puissent s'excuser sur ce qu(^ les princes les retiennent. Ils ont droit aussi de les corriger. Nous rejetons avec horreur ce que disent quelques ignorants, qu'on ne peut tenir de concile sans la présence du prince. Les archevêques n'iront point, sous prétexte de vi-

. (1) Anast. Prœf. p. 955, (2) C. 10, 21, U, 1^, I E C. 5, 12, 22, 13. 10, 24.

An deJ.-C. 870 j

site , séjourner sans nécessité chez leurs sulTragants, et ccmsumer les revenus des églises ({ui leur sont soumises. Les métropolitains ne feront point venir chez eux leurs suiîragants, pour se décharger sur eux des divins offices, des processions et des autres fonctions épiscopales, tandis qu'ils s'occupent d'atTaires temporelles , mais ils feront eux-mêmes leurs fonctions, sous peine de dép(»sition. On voit i(i d'où vient quelon nommesulïragan s les évéques qui servent de \ icaires à d'autres évéques, pour les fonctions de leur ordre.

Nous avons appris un abus digne de beaucoup de larmes (1 1 , que, sous hî dernier empereur, des laïques de 1 ordre du sénat relevoient leurs cheveux pour imiter ceux des clercs, et portoient les habits sacerdotaux, avant un chef qui faisoit le patriarche. Ainsi, ils représentoi(»nt les saintes cérémonies, les élections et les ordinations d'évêques, les accusations el les dépositions. On n'a jamais ouï parler de rien de stMublable, même chez les païens ; c'est pourquoi le concile défend à quiconque porte le nom de chrétien de commettre à l'avenir de telles impiétés, ou les couvrir f)ar son silence. Si un empereur ou un grand e vouloit faire, qu'il soit repris et privé des Sicremenls par le pitriarche et les évéques, puis mis en pènit(»nce ou anathématise, s'il ne s'y soumet promptement. Que si le patriarche de Constanlinople et ses suffragants négligent leur devoir en cette oceasion , qu ils soient déposés. Quant à ceux qui ont servi à ces sacrilèges, nous leur donnons pour pénitence d être trois ans séparés d(î la communion; un an pleurant hors de l'Eglise, un an debout avec les catéchumènes , la troisième avec les fidèles. On voit bien dans ce canon ce qui rei^arde Photius.

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